Davant, François
Biographie
Né le 22 septembre 1804 à Brunoy (Seine-et-Oise). Constructeur de bâtiments en 1848. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, pour avoir participé à la révolution de Février et avoir été blessé pendant la révolution de Juillet. Sans travail, dans une grande misère, ayant tous ses effets au mont-de-piété, il sollicitait un secours et une place de conducteur de travaux. Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous certifions que le nommé François Davant s’est trouvé avec nous, dans les trois journées mémorables des 22, 23 et 24 février pour défendre les droits de la liberté, qu’il était aux barricades de la Bastille, qu’il a désarmé plusieurs soldats de la ligne, qu’il s’est trouvé place du Carrousel, au Palais-Royal, aux Tuileries, qu’il a été à la caserne Pépinière, à celle de Belleville, à celle faubourg du Temple, au fort de Romainville et celui de Vincennes. » Signé (pour les signatures lisibles) : Lainé, demeurant 52, rue de la Roquette ou 72, rue de la Roquette ; Pavey ou Pavé, demeurant 61, rue de la Roquette ; Dupré, demeurant 65, rue de la Roquette ; Basset, demeurant 30, rue Moreau ; Brunet, capitaine à la 4e compagnie du 11e bataillon de la garde mobile, demeurant à l’Ecole militaire ; Chazol ou Chazal, fabricant de soufflets et grenadier au 1er bataillon, demeurant 1, rue Saint-Sabin ; Humbert, demeurant 15, rue des Prouvaires ; Jaubert, soldat au 50e de ligne ; Perriè, demeurant 2 bis, rue Saint-Maur-Popincourt. Il fut recommandé comme « un brave et honnête homme, qui s’est admirablement comporté dans nos journées, sa conduite a été l’une des plus belles » par Buchez ; on trouve sur ce certificat l’apostille suivante, signé de Lhéritier de l’Ain : « Citoyen Buchez, nous aurons égard à votre recommandation quand il y aura de l’argent dans la caisse des combattants. » Le 16 décembre 1848, il profita d’un décret de colonisation de l’Algérie pour faire partie d’un convoi parti se rendre sur Bône pour le village de Mondovi. Le 17 janvier 1849, depuis l’Algérie (camp de Mondovi, centre 2, baraque 17), il sollicita, toujours en tant que blessé de juillet 1830 et combattant de février 1848, un emploi de garde forestier ou de conducteur de travaux, ayant été conducteur de travaux de maçonnerie pendant vingt-six ans ; il donnait pour garantie les noms suivants des personnes auprès desquelles on pouvait prendre des renseignements sur sa moralité : Buchez ; Olivier ; Lesenger illisible ; Boissel ; Belay ; Ledru-Rollin. En octobre 1849, il avait quitté l’Algérie « pour raisons de santé », expliquait-il et, se trouvant « en congé » à Paris, sollicitait de nouveau un secours et un emploi de garde forestier, « ne désirant que travailler soit sur les chemins de fer ou garde n’importe où » ; il expliquait qu’il avait été gardien de tribunes à la Chambre des représentants. Le 10 décembre 1849, il fut l’objet du rapport de police suivant : « Le sieur Davant, François, ouvrier maçon, âgé de quarante-quatre ans, né à Brunoy (Seine-et-Oise), marié et père de trois enfants, demeure depuis deux mois seulement à l’adresse indiquée : rue de Cotte-Saint-Antoine 21, chez M. Martin. Il arrive de Bône (Algérie), où il a abandonné sa femme et ses enfants, pour venir vivre avec une prostituée. Aussi les renseignements obtenus sur son compte sont-ils détestables. Fainéant, ivrogne, cherchant des plaisirs coupables dans la fange, il ne mérite, sous aucun rapport, l’intérêt du gouvernement. » Puis, en date de juin 1850, peut-être par confusion avec un autre : « Davant, Jean-Louis (sic), maçon, âgé de quarante-cinq ans, né à Aubusson (Creuse) (sic), demeurant rue de Charenton 106, ne jouit d’aucune considération. C’est un mauvais sujet, vivant en concubinage et professant des opinions anarchiques. Il est dans la misère mais elle n’a d’autre cause que son inconduite. » Il avait été proposé par la Commission pour un emploi de garde forestier dans l’administration des Eaux et Forêts. En 1850, il n’avait encore touché aucun secours et était « dans une grande misère ». Une apostille de l’administration l’indiquait comme « non porté au travail de la Commission des récompenses nationales de Juillet ». Il était marié, père de quatre enfants, et son père âgé de soixante-seize ans à charge, soldat de la république et de l’Empire, en 1848. Il demeurait 9, rue de Vincennes à Belleville en 1848 ; à Mondory près de Bône en Algérie en 1849 ; 21, rue de Cotte dans le faubourg Saint-Antoine, chez M. Martin, à la fin de 1849 ; 106, rue de Charenton en mai 1850 ; 3, rue Basfroi en août 1850. Archives de la préfecture de police AA 369, Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109 ; Archives de la préfecture de police AA 382.