Daviau, Charles
Biographie
Né le 17 novembre 1784 à Châlons-sur-Loire. Menuisier. Il apostilla ainsi la lettre envoyée, le 16 mai 1831, à la Commission des récompenses nationales par Martinet, Jacques, dit Antoine, qui protestait de n’avoir reçu que la simple médaille en récompense de sa participation aux combats de Juillet : « Je certifie que le nommé Martinet était le 28 juillet illisible à la mairie à la tête d’un détachement et qu’il est monté dans ladite pour faire rendre les armes. » Il déposa, le 15 avril 1848, un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il faisait valoir son « patriotisme déjà éprouvé » et les persécutions dont il avait été l’objet sous le régime de Louis-Philippe : « […] Après la révolution de Juillet, quelques-uns de mes voisins et clients, auxquels mes opinions trop républicaines paraissaient hostiles, firent mille délations contre moi et je fus mis à l’index et gravement compromis. Mon épouse, fille d’un des vainqueurs de la Bastille au 14 juillet 1789, fut, lors de l’affaire Alibaud, particulièrement en butte à des vexations sans nombre ; divers mandats d’amener furent dirigés contre elle. Ma maison et mes ateliers de menuiserie servirent à différentes époques de refuge à quelques bons patriotes, las comme nous du joug illégitime qui nous opprimait. Divers clubs et conférences furent tenus chez moi, j’en atteste le citoyen Blaise illisible de Lamennais, qui est attaché aujourd’hui à l’état-major du commandant supérieur de la garde nationale et qui était alors l’un des plus fervents propagateurs des idées révolutionnaires et purement républicaines. De cet état de choses et de ces délations, est résulté la perte de mes travaux et conséquemment celle de tout ce que je possédais. J’ai assisté au banquet de Châtillon et je comptais parmi les citoyens qui ont courageusement protesté contre les abus, la corruption et les idées liberticides du dernier gouvernement. Cette démonstration m’attira de nouvelles persécutions de la part de quelques habitants de mon quartier, ne professant pas les mêmes opinions que moi, et de là vint cette perte de travaux que m’avaient confiés ces mêmes gens, qui, après ce jour, voulaient, disaient-ils, me voir mourir de faim, pour expiation de mon fougueux patriotisme. J’ai en outre accueilli les vœux ardents de grand nombre de ces courageux patriotes qui ne me sollicitèrent pas vainement de leur accorder d’établir chez moi leurs séances du club des Droits de l’homme. Ces faits se sont passés avant l’ère de délivrance du 24 février 1848. J’ai secouru, et je secoure encore de mon mieux, malgré mes faibles moyens, des exilés de la Pologne, auxquels une trop minime pension ne pouvait suffire pour nourrir une trop nombreuse famille. Voilà mes titres à votre sollicitude. J’ai parlé et agi contre le despotisme ; j’ai soutenu des infortunés exilés, que l’humanité me faisait un devoir de secourir, j’ai longtemps souffert et l’heure de la régénération vient-elle de se faire entendre ? Je suis trop républicain pour venir demander des secours. J’ai pour toute fortune des bras et un cœur de patriote, je demande du travail ! […] » Sa lettre était accompagnée de nombreuses apostilles. Le maire du (ancien) Xe arrondissement, Baumet, le recommandait pour « son civisme et les services qu’il a rendus à la cause républicaine » Paulin, médecin, demeurant rue Jacob, qui était en rapport avec lui depuis la révolution de 1830, certifiait l’exactitude des faits avancés dans la demande de Daviau. Blaize, Ange, chef d’escadron de l’artillerie de la garde nationale, demeurant 30, rue Jacob, pour avoir « éprouvé bien des fois le patriotisme, le zèle et le dévouement du citoyen et de la citoyenne Daviau. Ils ont rendu des services réels à la cause démocratique ». Et des signatures de : Delaruelle (voir Delaruelle, Jean-Jacques Rousseau), demeurant 6, rue du Gindre ; Raban ou Ravan, homme de loi, demeurant 29, rue des Catacombes à Montrouge ; Mariotte, serrurier, demeurant 21, rue de Verneuil. Daviau fut proposé par la Commission pour une place de garçon de bureau au mont-de-piété. Daviau était franc-maçon. Il était marié en 1848. Il demeurait 16, rue de Verneuil en 1831 ; 8, rue de Verneuil en 1848. Archives nationales F/1dIII/65 in dossier Martinet, Jacques, dit Antoine ; Archives de la préfecture de police AA 382.