David, Henry
Biographie
Né vers 1773-1780 à Nuits (Côte-d’Or). Tonnelier. Il fut blessé d’un coup de feu le 29 juillet dans la rue Saint-Honoré (mais place Saint-Germain-l’Auxerrois in Archives nationales F/1dIII/33) et mourut des suites de ses blessures. Sa « veuve », en fait son ex-concubine, reçut un secours de cent vingt francs et un autre de quatre-vingts francs en septembre, sur les secours attribués par Le Constitutionnel. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le 14 février 1831, devant le maire du (ancien) IVe arrondissement, comparurent : Buizine, René (voir Buzine, René), teneur de livres, demeurant 12, rue Boucher ; Garouste, Gérard (voir Garouste, Géraud), menuisier, demeurant 6, rue Etienne ; Lefrère, François, marchand de vin, demeurant 7, rue Etienne. Ils attestèrent avoir parfaitement connu David, Henry et attestèrent « que ledit sieur David a été tué le 29 juillet 1830 en combattant pour la liberté ». On trouve dans son dossier plusieurs autres certificats, rédigés pour établir les conditions de son décès, et qui nous laissent de nombreuses indications biographiques. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, Pierre, Edouard Dager, propriétaire, rue des Fossés-Saint-Germain n° 8 ; Jean-Claude Gerard, propriétaire, rue Boucher n° 12 ; Dumarest, Rambert, tenant dépôt d’armes, rue du Petit-Lion-Saint-Sauveur n° 19 ; Bollenol, L. aîné, négociant à Nuits (Côte-d’Or), présentement rue Richelieu n° 104. Certifions qu’il est à notre connaissance que le sieur Henry David de Nuits (Côte-d’Or) a vécu maritalement pendant l’espace de seize à dix-sept ans avec Marie Meunier et qu’il a rempli avec la plus grande probité plusieurs emplois qui lui ont été confiés […], certifions en outre que la femme Marie Meunier, âgée de cinquante ans en perdant le sieur David a perdu son seul soutien et qu’il ne lui reste aucun moyen d’existence et qu’elle est réduite à la plus affreuse misère. » Signé : Dager, Pierre, Edouard, propriétaire, demeurant 8, rue des Fossés-Saint-Germain ; Gerard, Jean-Claude, propriétaire, principal locataire du 12, rue Boucher ; Dumarest, Rambert, tenant dépôt d’armes, demeurant 19, rue du Petit-Lion-Saint-Sauveur ; Bollenol, Louis, négociant à Nuits (Côte-d’Or), demeurant 104, rue de Richelieu. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je soussigné Jérôme Rivaud, ancien directeur des prisons de Paris, mis à la retraite par le préfet de police Delavau, demeurant à la Croix-d’Arcueil, commune d’Arcueil, n° 9, certifie que le sieur Henry, David a été employé sous mes ordres en qualité de garçon de service à La Force pendant les années 1820, 1821, 1822 et 1823, que c’était un excellent sujet et le seul des employés à qui j’avais donné ainsi qu’à sa femme un logement chez moi. Ma retraite fut la seule cause de la perte de sa place ; il était franchement et loyalement dévoué à la cause de la patrie, qu’il avait longtemps servie dans l’armée de Naples et il se livra à la profession de tonnelier plutôt que de reprendre de l’emploi dans les prisons. Je l’ai employé, ainsi que mes amis, en cette dernière qualité et je n’ai eu aucun reproche à lui faire sur sa fidélité. Enfin, j’atteste que j’ai rencontré David, à 10 heures du matin, le 29 juillet dernier, rue Saint-Germain-l’Auxerrois, marchant à l’attaque du Louvre, qu’il était bien armé et avait un mouchoir à la ceinture rempli de cartouches et qu’il me promit qu’il ferait bien son devoir, ce dont je ne doutais nullement parce que je le connaissais très brave. » Signé, le 25 octobre 1830 : Rivaud, demeurant à Arcueil. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nommé David, qui a succombé le 28 juillet dernier, a été pendant l’espace de quatre ans à mon service comme gardien de mon cadet et qu’il s’est toujours comporté avec la plus grande probité. » Signé, le 10 septembre 1830 : Bollenol aîné, de Nuits, demeurant hôtel d’Orléans, 17, rue de Richelieu. Il vivait maritalement depuis dix-sept ans avec Meunier, Marie, née le 9 mai 1780 à Saint-André (Nièvre) (elle-même fille de Meunier, François, manouvrier, et de Petit, Pierrette, son épouse), brocanteuse. La préfecture de police recueillit sur son compte les renseignements suivants : « La demoiselle Meunier occupe depuis longtemps déjà un petit logement de cent trente francs, rue Boucher, n° 12. Les divers renseignements recueillis sont tous favorables à sa conduite et à sa moralité, on n’a rien que de bien à répéter sous ce rapport. Ses intimités avec le sieur David remontaient, assure-t-on, à quinze ans. On l’a constamment vu s’occuper à brocanter sur divers objets ; mais cette modeste industrie semble aussi pour elle se ressentir de la stagnation du commerce car depuis longtemps elle ne vend rien et sa position s’aggrave journellement. On assure qu’elle est digne d’un sort meilleur. » Le 21 mars 1831, devant le maire du (ancien) IVe arrondissement, comparurent : Bollenol, Louis, négociant à Nuits, demeurant 104, rue de Richelieu, qui déclarait connaître David, Henry depuis plus de dix ans ; Dumarest, Rambert, marchand armurier, demeurant 19, rue du Petit-Lion-Saint-Sauveur, qui déclarait connaître David, Henry depuis environ onze ans ; Allegre, Jean-François, Cyrille (voir Allègre-Baillet, Jean, François, Cyrille), homme de lettres, demeurant 85, passage du Caire, qui déclarait connaître David, Henry depuis onze ans ; Gerard, Jean-Claude, propriétaire, principal locataire du 12, rue Boucher, y demeurant, qui déclarait connaître David, Henry depuis plus de trois ans. Ils attestèrent que David, Henry, « tué le 29 juillet 1830 en combattant pour la liberté et Marie Meunier, demeurant rue Boucher n° 12 […] vivaient maritalement depuis une époque antérieure au temps où ils les ont connus ; qu’ils ont toujours continué de vivre de la même manière et en bonne intelligence jusqu’au moment où ledit sieur David a été tué ; que ce dernier procurait habituellement à Marie Meunier des moyens d’existence et que par sa mort il a laissé cette femme dans la gêne et ne pouvant plus que très difficilement pourvoir à son existence ». Elle reçut trois cents francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Elle fut pensionnée de cinq cents francs et il lui fut accordée (sous le nom de Meunier, Marie, Jeanne) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de soixante-quinze francs. Il demeurait 12, rue Boucher, un logement de cent trente francs ; sa concubine, même adresse en 1831. Le nom de David (H. David) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 96 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves auxquelles il a été accordé des inscriptions de rentes du IVe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 97 (sous le nom de Meunier, Marie, Jeanne) ; Archives de Paris DM13 1, préfecture de la Seine, tableau des décès qui ont eu lieu pendant les mois de juillet, août et septembre 1830, (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 281 n° 1, Citoyens du (ancien) IVe arrondissement dont les noms ne sont point inscrits au Panthéon et dont l’acte de notoriété constate la mort dans les combats ; Archives de Paris VD6 288 n° 7 Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) IVe arrondissement, Etat des récépissés des inscriptions de rentes délivrées par le maire du quatrième arrondissement de Paris, aux veuves, ascendants ou blessés de Juillet inscrits en la mairie dudit arrondissement, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du IVe arrondissement de Paris, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet, domiciliés dans cet arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/33 relevé des informations prises par la préfecture de police sur les personnes désignées et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien IVe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) IVe arrondissement comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/52 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IVe arrondissement, veuves (sous le nom de Meunier, Marie, Jeanne) ; Archives nationales F/9/1157, dommages de Juillet, objets généraux (1830-1834), état des renseignements demandés à M. le préfet de police sur les dénommées ci-après ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 81, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.