De Fère, Pierre
Biographie
Né le 8 décembre 1811 à Malines (Belgique). Teneur de livres en 1848. Il déposa (sous les noms de Defère et de De Fer) deux ou trois dossiers devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui laisse l’indication qu’il participa à la révolution de Juillet, puisqu’il écrit à son sujet : « Très jeune encore au mois de juillet 1830, je combattis de toute mon âme pour la cause de la liberté et je trouvai toute ma récompense dans son triomphe, hélas de trop courte durée […]. » Il participa à la Révolution de Février, mais comme il retira, par la suite, les certificats qu’il avait confiés à la nouvelle Commission, il ne reste que peu d’indications. Cette première lettre, dans laquelle il relate son activité pendant les combats et se plaint d’avoir été oublié suite au travail de la Commission : « […] En février […] j’ai sauvé aux dépens de ma vie, cinq malheureux blessés, dont un fut tué sur mes épaules. Ces faits sont constatés particulièrement par M. Arnaud (voir Arnaud, Jean-Joseph, André), docteur en médecine, officier de la Légion d’honneur, rue du Cherche-Midi 72, qui était présent. Seul, mais ensuite guidé par plusieurs personnes honorables, j’ai éteint et empêché l’incendie du château des Tuileries, qui, sans moi, j’ose le dire, n’existerait plus aujourd’hui, plusieurs attestations constatant le fait m’ont été délivrées. La Commission des récompenses nationales dans la délibération du 10 novembre 1848 m’a porté, pour ces faits sur les tableau présentés au gouvernement pour la croix de la Légion d’honneur et pour l’emploi de courrier de cabinet au ministère des Affaires étrangères. Le gouvernement m’a oublié. En juin, monsieur le ministre, l’ordre m’a encore vu combattre avec courage dans les rangs de la garde nationale […]. » Aussi une autre lettre, dans laquelle il dit avoir empêché le pillage de plusieurs magasins. Dans les divers dossiers, il apparaît soit pour être proposé pour une place d’agent comptable dans une des colonies de la république, soit un emploi d’expéditionnaire au ministère des Affaires étrangères, Defère parlant cinq langues, soit proposé par la Commission pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il était indiqué comme en attente de naturalisation ou comme naturalisé sur un autre dossier. Le 29 novembre 1850, il retira toutes les pièces qu’il avait confiées à la Commission ; l’invitation à les retirer lui avait été adressée au nom de Defère et il signa le récépissé de remise du nom de Defere. Il demeurait à Paris constamment depuis 1837 ; 15, rue du Vert-Bois puis 37, rue Poissonnière à partir de juin puis 9, rue Neuve-Saint-Laurent, à l’angle de la rue Sainte-Elisabeth à partir d’octobre 1848 ; 21, rue Neuve-Saint-Martin en 1850. Archives de la préfecture de police AA 383. Il y a in Archives de la préfecture de police AA 395 in dossier Keyaerts, Jean-Baptiste (lui aussi belge), un Defère, P., demeurant 3, rue Neuve-Saint-Pierre en 1848, qui signait, le 12 mars 1848, le certificat suivant en faveur de ce dernier : « Je, soussigné, certifie que le 22 février dernier, le citoyen Keyaerts, Jean-Baptiste a été le premier à construire avec plusieurs personnes de sa connaissance la première barricade dans la rue Saint-Florentin-Saint-Honoré. Son sang-froid et son courage ont été au-dessus de tout éloge puisqu’il n’a pas craint un instant le danger d’être arrêté et massacré à différentes reprises par les gardes municipaux et les sergents de vile, qui constamment mettaient opposition à leurs travaux. Le susdit Keyaerts a puissamment contribué à la cause de notre indépendance par le bon ordre qu’il a constamment su maintenir et l’exemple de dévouement qu’il inspirait à tous ceux qui l’entouraient. Je déclare en outre que j’ai vu également, le 24 d’après, le même citoyen Keyaerts combattre avec le plus grand enthousiasme sur la place du Palais-Royal et qu’il n’a quitté ces lieux qu’au moment de la victoire. Je lui donne cette attestation avec le plus vif plaisir, vu que j’ai été à même de juger de sa noble et belle conduite pendant les deux glorieuses journées de notre révolution. »