De Loy, Aimé
Biographie
Il était rédacteur en chef du Mercure ségusien, à Saint-Etienne (Loire), quand furent publiées les ordonnances du 25 juillet 1830. N’ayant pas demandé les autorisations nécessaires, le numéro du 31 juillet du Mercure ségusien fut retenu à la poste. Le journal prévint ainsi ses lecteurs : « Quant à nous, propriétaires du Mercure ségusien, nous, citoyens dévoués de cœur à la chose publique, nous l’organisons dans notre sphère, cette résistance légale, et la publication de notre feuille en sera le premier acte. » Et aussi : « Advienne que pourra le Mercure ségusien fera son devoir et continuera de paraître : seulement pendant quelque temps nous serons obligés de recourir à des mesures insolites de publicité, et nous vous enverrons au besoin les nouvelles par missive. Aucun sacrifice ne nous coûtera pour donner au pays une nouvelle preuve de notre indépendance. » De même : « Le Mercure ségusien a fait barricader ses portes : il ne cédera qu’à la violence après avoir protesté contre elle, et dès le retour de l’ordre nous poursuivrons les auteurs et les exécuteurs d’ordres illégaux ou arbitraires. » Vers le mois de juin 1831, Aimé de Loy qui sollicitait auprès du Courrier de l’Ain de pouvoir travailler dans ce journal, était présent dans l’Ain et sollicita, auprès de la préfecture de l’Ain, la décoration de Juillet, pour la résistance que le Mercure ségusien avait opposé aux ordonnances dans la ville de Saint-Etienne. Le dossier d’examen de ses droits fut, un moment, instruit par la préfecture de l’Ain, au nom de la Commission des récompenses nationales. N’ayant pas réussi à se faire employer dans ce journal, Aimé de Loy quitta la ville de Bourg. Le préfet du département de l’Ain transmit son dossier au préfet du département de la Loire, les faits cités par De Loy s’étant passés dans ce dernier département. Aimé de Loy sollicita alors, devant la préfecture de la Loire, la décoration de Juillet. La commission refusa la récompense nationale en donnant les arguments suivants : « La commission croit devoir rappeler que M. Aimé Deloy, rédacteur du Mercure ségusien, n’en était pas le gérant responsable ; que ce gérant était alors et est encore aujourd’hui M. Gouin, signataire du journal du samedi 31 juillet, que l’article de ce numéro qui aurait nécessairement attiré des poursuites judiciaires contre le Mercure ségusien, si le système antinational avait prévalu, a été rédigé par M. Aimé Royet, l’un des propriétaires. Il est constant que M. Aimé Deloy s’est associé à la courageuse résistance du Mercure ; mais il est de toute évidence qu’il n’a pas couru risque de la vie. » Il demeurait hôtel de Russie, rue Traversière-Saint-Honoré en 1831. Aimé de Loy travaillait au Mémorial de la Scarpe à Douai en 1832. Le Mercure ségusien, 31 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/79, dossier Ain ; Archives nationales F/1dIII/79, dossier Loire.