Debernon, Nicolas

Biographie


Né vers 1781 au Creusot (Seine-et-Loire). Commis marchand. Il s’illustra au quai Pelletier, rue Saint-Pierre-aux-Bœufs, à la Grève et au Louvre. Il eut le pied écrasé par un pavé. Il ne fit aucune demande auprès de la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] XIIe arrondissement), afin d’obtenir un secours et la croix de Juillet. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, combattants de Juillet, certifions que le nommé Deberom (sic) a combattu avec nous, à la Grève et au pont d’Arcole le 28, et, le 29, au Louvre, et qu’il a montré son courage comme un vrai patriote. » Signé, le 5 septembre 1831 : Grand (voir Grand, Pierre), décoré de Juillet ; Dufour (voir Dufour, Pierre, Charles, Antoine), général, qui ajoutait : « Le brave ci-dessus mérite, sous tous les rapports, la décoration qu’il sollicite. » Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme sans fortune. Par deux lettres, en mai 1832, et réuni avec d’autres (voir la liste à Lami Hinault) dans la Commission des Réclamants, qui se réunissait au 6, rue Dalayrac, il sollicitait du roi et du ministre de l’Intérieur, l’aboutissement des démarches entreprises par eux pour la prise en compte de leurs droits comme combattants de Juillet ; de la même manière, ils assuraient que, « défenseurs de la liberté », ils le seraient « toujours de leur roi citoyen et du gouvernement qu’il aura choisi ». Il fut arrêté le 5 juin 1832, sous le nom de Debernon, Nicolas dit Colin, marchand colporteur, à l’occasion des troubles des 5 et 6 juin, à 10 heures du soir par la garde nationale de la banlieue, à la tête du pont de l’Archevêché et trouvé porteur d’armes et de poudre. Il fut acquitté. En 1834, toujours marchand colporteur, il fut arrêté pour provocation au trouble. Son arrestation fut l’objet du procès-verbal suivant : « Arrêté avant-hier à 2 heures de relevée dans la commune de Vaugirard comme prévenu de vagabondage et inculpé de propager des écrits tendant à troubler le gouvernement du roi et attentatoires aux droits que le roi tient de la nation. On a saisi sur Debernon un règlement de la Société des Droits de l’Homme et du citoyen, trois cartes de visite ou adresses, un certificat en sa faveur, une carte d’entrée pour un bal, un papier sur lequel sont écrits deux noms, un certificat du directeur de la Conciergerie du 15 septembre 1832, une assignation pour comparaître comme accusé devant la cour d’assises, un permis de séjour de six ans et un cordon de montre en cheveux avec une clé en cuivre. Interpellé, Debernon a dit qu’il avait fait partie de la Société des Droits de l’Homme mais qu’il n’y comprenait rien. Il n’a pu justifier du motif de sa présence à Vaugirard. » Il fut arrêté, le 24 avril 1844, pour escroquerie et selon le procès-verbal établi « arrêté avant-hier à Montrouge pour avoir tenu un jeu de hasard avec déloyauté ». En 1848, il était marchand ambulant, marié et sans enfant. Il demeurait 110, rue Saint-Victor en 1831-1832 ; en garni 7, rue des Lavandières en 1834 ; 5, rue des Grands-Degrés en 1844 ; 24, rue de la Poterie en 1848. Archives nationales F/1dIII/82, lettre en date du 28 mai 1832 adressée au roi ; Archives nationales F/15/3884, Commission des récompenses nationales, détenus politiques 3e catégorie, indemnités ; Archives de la préfecture de police AA 383 ; Archives de la préfecture de police AA 422, année 1834, dossiers individuels A à Z.

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