Deboulogne, Jean-Claude
Biographie
Né le 18 août 1806 à Paris. Bijoutier en acier. Il participa à l’attaque de la caserne de Babylone, en compagnie de Morisot, Jacques, Prairial, à celle du Louvre et à l’expédition de Rambouillet. En traînant une pièce de canon pendant l’attaque du Louvre, il fut atteint d’une double hernie, et notamment d’une hernie scrotale du côté gauche. Il reçut un secours de quinze francs, le 25 février 1831, un secours de dix francs, le 9 mars 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le 19 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Gorion, Louis, François, né vers 1793, journalier, demeurant 15, rue du Petit-Maine ; Roullier, François, né vers 1799, journalier, demeurant 35, rue Mouffetard ; Millet, Nicolas, né vers 1793, ouvrier sur les ports ; demeurant 48, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève ; Tarade, Jean-Marie (voir Tarrade, Jean-Marie), né vers 1797, ouvrier sur les ports, demeurant 6, rue Traversine. Ils attestèrent parfaitement connaître Deboulogne, Jean-Claude et « savoir que ledit Deboulogne a combattu dans la journée du 29 juillet dernier au Louvre et qu’il y a été blessé de deux efforts, en traînant une pièce de canon. Et les sieurs Millet et Tarade avoir le même jour vu revenir ledit Deboulogne chez lui, ayant beaucoup de peine à marcher ». Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Jean-Claude Deboulogne, ouvrier demeurant grande rue d’Austerlitz n° 13, père de deux enfants en bas âge, a pris les armes pendant les affaires des 27, 28 et 29 juillet 1830 et qu’il s’est comporté pendant ces grandes journées en bon citoyen. Il a fait partie de ceux qui ont été à l’attaque de la caserne Babylone, au Louvre et à Rambouillet et n’est rentré chez lui que quand tout a été tranquille. Ainsi donc il a perdu plus de huit jours pour le service de la patrie. Sa position réclame les secours accordés aux braves par la patrie reconnaissante. » Signé le 18 août 1830 : Brongniart (voir Brongniart, Victor, Frédéric), élève de l’Ecole polytechnique. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie, moi Louvet, sergent de grenadiers à l’époque, avoir reçu du nommé Jean Boulogne, un baril de poudre, qu’il m’a remis étant de service au poste des Gobelins, lequel j’ai remis au dépôt de la poudrière des Gobelins le 28 juillet 1830 et j’ai remis au dénommé la valeur d’un kilo. » Signé, le 10 mars 1831 : Louvet, sergent de voltigeurs au 4e bataillon de la XIIe légion de la garde nationale. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 19 février 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Au désarmement de la caserne de l’Estrapade ; à Babylone, était du nombre des dix qui se mirent en embuscade, d’où ils tiraient sur les Suisses qui se sauvaient ; ils en ont tués quatorze, tant armés que sans arme. Ensuite il est allé combattre au Louvre, du côté de la place Saint-Germain-l’Auxerrois ; quitté Babylone à 1 heure ; avait été le 28 à la poudrière. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 19 février 1831, à aucune voix pour la croix, aucune voix pour la médaille et huit voix pour une mention. Il fut admis, par décision du jury médical de la Commission des récompenses nationales, en date du 17 mars 1831, dans la 3e classe des blessés et pensionné de trois cents francs. Pourquoi il n’est rien dit de sa blessure in registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, il doit y avoir une erreur quelque part… Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il sollicita que son fils, orphelin de mère, fût élevé dans un pensionnat destiné aux orphelins de Juillet. Il comparut, le 8 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement (il ne savait pas signer), pour attester bien connaître Morisot, Jacques, Prairial et « savoir les sieurs Deboulogne, Bachelier et Vielle qu’il a combattu avec eux le 29 juillet dernier à la caserne de Babylone, où il était porteur d’un drapeau, et qu’en franchissant un mur de clôture en planches pour entrer dans la caserne il a été blessé d’une hernie, qui lui est survenue subitement. Et le sieur Germain qu’il a vu ledit Morisot revenir le soir à son domicile toujours porteur de son drapeau mais boitant ». Il comparut, le 20 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, pour attester « pour vérité et notoriété parfaitement connaître le sieur Jean-Marie Bachelier […] savoir le sieur Baron que ledit Bachelier a combattu à ses côtés dans la journée du 29 juillet 1830, rue de Rivoli au coin de la rue Saint-Nicaise et l’avoir vu tomber frappé d’une balle à l’épaule gauche, qu’il a été relevé aussitôt et conduit à l’hospice de la Pitié pour y être pansé. Les sieurs Saulot (sic), Devilliers et Boulogne, qu’ils savent que ledit Bachelier a combattu dans les journées de Juillet, qu’ils l’ont été voir à l’hospice de la Pitié, où ils l’ont vu blessé et qu’il leur a déclaré qu’il avait reçu un coup de feu à l’épaule gauche le 29 juillet rue de Rivoli en combattant. » Il signa un certificat de notoriété en faveur de Morisot, attestant qu’il connaissait parfaitement ce dernier et savait qu’il avait été atteint d’une hernie, le 29 juillet, en franchissant une barrière en planches afin de rentrer dans la caserne de Babylone. Le 12 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, il comparut pour déclarer et « avoir parfaitement connu le nommé François Simonot, ouvrier mégissier, demeurant à Paris, 34, rue de Lourcine, [et] qu’il a combattu le 29 juillet au Louvre et qu’il y a été blessé d’un coup de feu au-dessus du cœur, qu’il a été transporté à l’Hôtel-Dieu, où il est décédé le lendemain, des suites de sa blessure ». Il est répertorié (sous le numéro 1094 et le nom de Deboulogne, Jean-Claude) dans la liste des demandes concernant le ministère de l’Intérieur posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Il demeurait 17, rue des Gobelins en 1830-1831 ; 50, rue Mouffetard en 1831. Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 38 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIIe classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 111 (sous le nom de Deboulogne, Jean-Claude) ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le nom de Deboulogne, Jean-Claude) ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des demandes concernant le ministère de l’Intérieur, pièces produites par les blessés ; Archives de Paris VK3 14, état des blessés dont les pensions ne sont point encore liquidées, idem une pièce du jury médical en date du 17 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 19 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 19 février 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 41 ; Archives de Paris VK3 46 in dossier Simonnot, François (confondu avec le dossier Lucotte) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis à la pension (cahier de trente-deux blessés) ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Bachelier, Jean, Marie ; Archives nationales F/1dIII/52 ; Archives nationales F/1dIII/68 in dossier Morisot, Jacques, Prairial ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 3e classe (sous le nom de Deboulogne, Jean-Claude).