Decrusy, Nicolas

Biographie


Né en 1787 à Mantes (Seine-et-Oise). Avocat. En 1820, il était l’un des commissaires parisiens chargés de recevoir les souscriptions afin de permettre d’élever un monument sur la tombe de Manuel, député de la Vendée. Il fut le défenseur d’Eynard, inculpé dans la conspiration du Bazar du 19 août 1820. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIe arrondissement. Il fut décoré de la croix de Juillet auprès de l’ancien VIIe arrondissement (sous le seul nom de Decrusy sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Le National, en date du 11 août 1830, publiait l’avis suivant : « MM. de Crusy (sic) et Fontaney, avocats, sont les commissaires du (ancien) XIe arrondissement de Paris chargés de se réunir à la Commission qui doit recueillir les faits mémorables des journées des 27, 28 et 29 juillet. » Il avait adressé cette note suivante au Constitutionnel, le 9 août 1830 : « M. de Crusy nous a adressé la note suivante : “Parmi les traits de patriotisme si nombreux dans les journées des 28 et 29 juillet, il en est un que je ne vois consigné nulle part et qui cependant mérite d’être mentionné. Dans la réunion qui avait eu lieu mardi soir chez M. Cadet-Gassicourt, dont le zèle et le dévouement à la chose publique ne sauraient être trop loués, j’avais été chargé de hâter l’organisation de la garde nationale du quatrième arrondissement. Ma tâche ne fut pas difficile ; mercredi, à dix heures du matin, une garde nationale nombreuse, en partie habillée, veillait par patrouilles à la défense de l’arrondissement, et créait partout des barricades. A midi, je fus envoyé à la réunion centrale où les rédacteurs de tous les journaux constitutionnels s’étaient donnés rendez-vous. J’étais chargé d’annoncer que notre arrondissement était parfaitement organisé et n’avait besoin de secours de personne pour sa défense, et de savoir ce qui se faisait ailleurs dans l’intérêt de la défense commune. En revenant, je fus arrêté rue Traînée, au coin de la rue des Prouvaires, par une vive fusillade : il était entre une et deux heures. Là, je fus témoin du fait suivant : trois cents hommes environ de la garde nationale du IIIe arrondissement se trouvaient engagés vers le milieu de la rue des Prouvaires ; en y entrant, ils reçurent le feu de la troupe de ligne placée au débouché de cette rue, du côté du carrefour Saint-Honoré. Les gardes nationales se replièrent. Deux gardes nationaux ne suivirent pas ce mouvement de retraite et se trouvaient seuls dans la rue des Prouvaires. Un second feu de peloton atteignit l’un des deux et le renversa mort. L’autre s’abrita dans l’angle d’une porte cochère, puis vint se remettre en tirailleur au milieu de la rue, reçut une seconde décharge du peloton de ligne, qui ne l’atteignit pas encore, revint dans l’angle de la porte cochère et fut frappé à la jambe d’une balle qui ricocha de l’angle opposé. La blessure ne fut pas grave. Le patriote déterminé qui fut assez heureux pour échapper à une mort qui paraissait si certaine, est M. Baillemont, père de famille, âgé de soixante ans, demeurant rue du Faubourg-Poissonnière, n° 19.” » Il prêta, le 18 mai 1831, son serment de décoré de la croix de Juillet, nécessaire pour pouvoir retirer cette dernière ainsi que le brevet qui l’accompagnait, à la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il était alors directeur des affaires criminelles et des grâce au ministère de la Justice. On trouve dans Le Quérard, Archives dhistoire littéraire, de biographie et de bibliographie françaises, complément périodique de la France littéraire, par l’auteur de La France littéraire, des Supercheries dévoilée, etc., première année, au bureau du journal, 1855, p. 34, les indications suivantes : « Decrusy (Nicolas), avocat, d’abord maître des requêtes au conseil d’Etat, et directeur de la comptabilité et des pensions au ministère de la justice, il remplit pendant quelque temps les fonctions de secrétaire général de ce ministère, après la retraite de M. Taillandier, mais il fut remplacé dans ces dernières fonctions, en mars 1839, par M. Cazenave, président de chambre près le tribunal de première instance de Paris. M. Decrusy était né à Mantes (Seine-et-Oise), en 1787, il est mort à Paris, le 3 janvier 1855. Il a été l’un des éditeurs de la collection intitulée : Recueil général des anciennes lois françaises, depuis l’an 420 jusqu’à la révolution de 1789, contenant la notice des principaux monuments des Mérovingiens, des Carlovingiens et des Capétiens, et le texte des ordonnances, édits, déclarations, lettres-patentes, règlements, arrêts du conseil, etc. de la troisième race, qui ne sont pas abrogés, ou qui peuvent servir, soit à l’interprétation, soit à l’histoire du droit public et privé, avec des notes de concordance, table chronologique et table générale analytique et alphabétique des matières. Par MM. Isambert, Decrusy et Jourdan. Paris, Belin-Leprieur, Verdière, 1822-1833, 23 vol. in-8, dont un de table. M. Isambert, seul, a publié une autre collection qui fait suite à celle-ci : c’est le Recueil complet des décrets et arrêtés des Assemblées nationales et des actes du Gouvernement depuis la convocation des États-Généraux jusquà rétablissement du Consulat, 1824 et ann. suiv. » Il demeurait 22, quai de l’Ecole en 1827 ; 68, rue Saint-André-des-Arts en 1831-1832. Le Constitutionnel, 9 août 1830 (sous le nom de De Crusy) ; Le National, 11 août 1830 ; Le Moniteur, 12 août 1830 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la croix de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 371 n° 3, liste des décorés de la croix de juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, cahier vert des prestations de serment ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIe arrondissement (où il est indiqué comme ancien directeur des grâces au ministère de la Justice) ; Deuxième lettre à un provincial sur le voyage de Saint-Omer, de Salvandy, Paris, chez Sautelet, 1827, p. 52.

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