Dedieu, Joseph

Biographie


Né le 22 janvier 1806 à Romanèche (Saône-et-Loire). Forgeron ou serrurier en voiture aux ateliers de construction des Grandes Messageries, rue Notre-Dame-des-Victoires. Il fut tué, le 28 juillet vers 15 heures, sur la place de Grève, au coin du quai Pelletier, de trois coups de feu, deux à la tête et un dans l’estomac. Renard, Claude, qui le vit tomber et mourir, chercha sur lui des papiers propres à le faire connaître et, les ayant trouvés, les transmit par la suite à son cousin, Dedieu, Jean-François. Son corps fut transporté avec celui d’autres victimes sous l’arche du pont Notre-Dame, face à la rue Planche-Mirbray, et fut reconnu par deux de ses connaissances. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le 29 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Tolleret, Pierre, né vers 1807, serrurier en voitures, demeurant 4, rue Saint-Fiacre ; Chenais, Pierre, Toussaint, né vers 1797, peintre en bâtiment, demeurant 12, rue Sainte-Foy ; Benard, Claude, né vers 1808, maçon, demeurant 1, rue de la Coutellerie. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Dedieu, Joseph et savoir « qu’il est mort en combattant pour la liberté au mois de juillet 1830 ; qu’en effet le 28 dudit mois, vers les 3 heures de l’après-midi, l’un des comparants, le sieur Renard, se trouvait près dudit Joseph Dedieu, sur la place de Grève, au coin du quai Pelletier lorsque ce dernier tomba atteint de deux balles à la tête et d’une à l’estomac ; que ledit sieur Renard, qui le vit tomber et mourir, trouva sur lui divers papiers propres à le faire connaître et les transmit au sieur Jean-François Dedieu, cousin du défunt ; que son corps fut transporté avec ceux de beaucoup d’autres glorieuses victimes sous l’arche du pont Notre-Dame qui fait face à la rue Planche-Mibray, où il a été vu et reconnu par les deux autres comparants ». Dedieu laissait des parents, Dedieu, Joseph, Anne, né le 5 décembre 1783 à Romanèche, tonnelier, infirme, et Depardon, Marie, Antoinette, née le 16 juin 1780 (par exemple dans son acte de naissance ; parfois mais par erreur le 17 juin 1780) aussi à Romanèche ; seul le père apparaît sur les listes de pensionnés publiées au Bulletin des lois mais la mère est bien in Archives nationales F/1dIII/35 B ; les deux sont in Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831. Il leur fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Les parents s’étaient mariés le 30 germinal an XIII à Romanèche ; sur l’acte de mariage, Dedieu, Joseph, Anne est indiqué comme le fils de feu Dedieu, Jean-Baptiste, cultivateur, et de Gaudet, Magdelaine, et comme étant lui aussi cultivateur ; Depardon, Marie, Antoinette est indiquée comme née le 16 juin 1780 (sic) et comme étant la fille de feu Depardon, Claude, marchand, et de feue Mulin, Marie (mais Muland, Marie dans l’acte de naissance de Depardon, Marie, Antoinette). Le père souffrait de deux fortes varicocèles aux testicules, dont le volume et l’embarras lui avait fait obtenir son congé de réforme du service militaire en 1812 et l’obligeait à porter un suspensoir. Dedieu demeurait à Mâcon (Saône-et-Loire) en 1827 ; 12, rue Sainte-Foy en 1830 ; ses parents, à Macon en 1831. Le nom de Dedieu (J. Dedieu) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Le Constitutionnel, 7 août 1830 ; Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 187 ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ve arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 99 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 39 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/52 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ve arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 81, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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