Dediot, Lucien, Jean-Baptiste
Biographie
Né en 1800 à Lunéville (Vosges). Menuisier en 1848. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa, en effet la lettre suivante à cette Commission : « Je joins ici les titres sur lesquels je m’appuis pour obtenir l’emploi de garde de réduit dans la capitale. J’ajoute à ces titres la qualité de défenseur de mon pays depuis 1813, ayant également participé aux combats de 1830 et 1848, comme l’atteste la pièce ci-jointe, couverte des signatures les plus honorables. Les paroles du citoyen Arago, ministre de la Guerre, à notre délégué, le citoyen Lecointe (ou Lecomte ?) sont en effet consolantes pour les anciens militaires mais elles demeurent sans résultat en présence de la nécessité dans laquelle je me trouve placé comme père de famille de cinq enfants. Quoique ancien militaire depuis 1813, je n’ai aujourd’hui que quarante-huit ans et très apte à remplir l’emploi que je sollicite. » Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Les soussignés certifient à qui il appartiendra que le citoyen Dediot a pris une part active dans les trois journées de Février. Son abnégation personnelle s’est particulièrement manifestée à la prise de la caserne de Reuilly, où, après avoir essuyé le feu de la troupe, il est entré un des premiers. Il n’a depuis cessé de participer au prompt rétablissement de l’ordre et n’a déposé les armes qu’après s’être assuré de l’inutilité de son concours. L’horrible situation qui lui est faite, par le manque de travail et de ressources de toute nature porte ses concitoyens à faire cette déclaration, dans l’espoir que la Commission viendra au secours de sa touchante infortune. Le citoyen Dediot est père d’une nombreuse famille et ancien militaire. » Signé (pour les signatures lisibles) : Provost, capitaine, commandant le détachement à la caserne de Reuilly le 24 février ; Giroux, sergent ; Gone, capitaine en second, demeurant rue de Reuilly ; Recurt (voir Recurt, Adrien, Barnabé, Athanase). Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « J’atteste que le citoyen Dediot est père de famille, qu’il s’est présenté chez moi le 24 février pour avoir une arme et que je lui en ai fait donner ; après quoi il est parti à la prise de la caserne de Reuilly. » Signé : Biaud ou Riaud, marchand de vin, demeurant 63, rue de Reuilly. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, veuve Fromentin, propriétaire d’une maison située grande-rue de Reuilly n° 53, certifie que M. Dédiot demeure dans ma maison depuis trois mois et qu’il s’est toujours comporté avec honneur et probité mais, maintenant, n’ayant pas d’ouvrage, il lui est fort difficile de vivre. » Signé, le 3 juillet 1848 : Fromentin fils. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Les sapeurs-pompiers de la 3e compagnie, rue Culture-Sainte-Catherine n° 11, certifie que le sieur Dédiot, Jean-Baptiste, Lucien (sic) a été employé à l’extinction de l’incendie de la rue de Reuilly, maisons de M. Coffier et qu’il s’y est, pendant tout ce temps, fait remarquer par sa bonne volonté. » Signé, le 17 juillet 1848 : illisible, sous-officier ; Lebeau, demeurant 14, grand-rue de Reuilly ; Caffin, brasseur, demeurant 11, rue de Reuilly. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Les soussignés certifient avec plaisir un nouvel acte d’abnégation et d’intrépidité du citoyen Jean-Baptiste Dediot, demeurant à Paris grande rue de Reuilly n° 53. Le 22 avril 1848, à 9 heures du matin, une dame, veuve Taffin, s’était précipitée volontairement dans un puits profond situé dans la maison qu’elle habite. Les cris poussés par le voisinage furent entendus du citoyen Dediot, qui déjà, dans sept circonstances différentes, avait donné des preuves de son courage. Entendre ces cris et sauver la victime fut pour lui, comme toujours, l’affaire d’un moment. Les témoins de cet acte s’empressent de le signaler et appellent la reconnaissance de leurs concitoyens sur un de ces hommes que l’abnégation et la modestie privent de récompenses justement méritées. » Signé, le 22 avril 1848 : Depoix, demeurant 202, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Gibaud, François, demeurant 184, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Cabarin, Jean ; Lapipe, Louis, demeurant 194, rue du Faubourg-Saint-Antoine. Il fut proposé par la Commission pour une place de gardien dans un monument de l’Etat (sur le dos de la décision de la Commission, cette indication : « Approuvé le certificat, Philippe, C. 14, rue de Reuilly. »). Il était marié et père de cinq enfants en 1848. Il demeurait 53, grand-rue de Reuilly dans le faubourg Saint-Antoine en 1848. Archives de la préfecture de police AA 383.