Defremont, Reguaudin, Alexandre

Biographie


Né le 10 décembre 1798 à Fontainebleau (Seine-et-Marne). Bijoutier. Dans le récit que fit Richard, Jean-Baptiste de sa propre participation aux combats, il donnait les indications suivantes concernant Defremont : « Mercredi 28. Le sieur Richard et Defremont, bijoutier, Palais-Royal inquiètent vivement les Suisses et gardes royaux qui s’étaient retranchés dans l’intérieur de la grande cour (rue Saint-Honoré) et sous le grand vestibule, en résistant à leurs attaques et se faisant un rempart des comptoirs et colonnes des galeries de Valois. Obligés de céder un instant, ils se retirent, à travers le feu le plus meurtrier, chez le sieur Richard, près du passage conduisant à la rue de Valois, où des balles dirigées sur eux laissent encore des traces profondes sur les colonnes. […] Jeudi 29. Les sieurs Richard et Defremont se rendent cour des Fontaines avec un grand nombre de leurs amis. En cet instant, ces citoyens engagent une vive fusillade contre les Suisses et gardes royaux. L’avantage tourne au profit du peuple. Le sieur Richard demande à parlementer. Le feu cesse. Mais, au moment où il se rapproche des gardes, ceux-ci font feu. Trois citoyens tombent, pour ne plus se relever. Obligé de se mettre en retraite, le sieur Richard se rend, à travers le plus éminent danger à la rue de Rohan. Là, en embuscade dans l’embrasure de la porte cochère près d’un bureau de loterie, il tire sur les Suisses et gardes royaux placés au balcon des croisées des rues de Rohan et Saint-Honoré. Menacé par les Suisses dont il est aperçu, il cherche à effectuer sa retraite sur la place du Palais-Royal mais une décharge à mitraille, partie de la rue Saint-Honoré, près celle Saint-Nicaise, le force à rétrograder. Enfin, il gagne le palais avec une vingtaine de citoyens, qui, comme lui, s’étaient bien battus, les emmène chez lui, leur donne à boire et à manger et leur délivre des cartouches, puis retourne au combat avec le même Desfremont (sic), dont il se trouva un instant séparé. » Defremont, par ailleurs, signa le certificat suivant en la faveur de Richard : « J’atteste que le sieur Richard, Caron (sic) s’est battu avec moi tant autour du Palais que rue Saint-Honoré dans les mémorables affaires des 28 et 29 juillet. » La Commission des récompenses nationales fit le rapport suivant sur l’activité que lui, Richard et Garnesson avaient déployées pendant les combats : « le sieur Richard, coiffeur, avait son domicile au lieu même où les luttes ont été les plus longues et les plus fréquents. Il est d’un caractère vif et bon citoyen. Il a pu prendre part aux combats engagés et contribué par ses exhortations à encourager ses concitoyens à la résistance. Rien ne prouve toutefois qu’il se soit plus particulièrement distingué que les autres habitants du quartier. Les sueurs Defremont et Garnesson ont les mêmes droits que M. Richard car c’est au dernier de ses citoyens qu’on doit la reddition d’armes des hommes dont le sieur Richard présente la dépouille. La médaille est applicable à ces trois individus. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Defremont reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement (par erreur sous le nom de Defremond, Reguaudin, Alexandre sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39, mais bien Defremont, Reguaudin, Alexandre sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Defremont, Rigaudin), auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849, un secours de cent francs en 1851, un secours de soixante francs en 1852à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 170, Palais-Royal (mais 179, Palais-Royal in Archives nationales F/1dIII/34 et surtout 178, Palais-Royal dans le certificat quil signe in Archives de Paris VD6 173 n° 1 ; cette dernière adresse est donc la plus vraisemblable) en 1831 ; 12, rue du Buisson-Saint-Louis en 1849 ; 42, rue des Panoyaux à Ménilmontant en 1850-1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Richard, Jean-Baptiste (où il signe bien et très distinctivement le certificat de son nom de Defremont) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 44 et minute 47 (sous le nom de Regnandin Defremont), idem Etat nominatif de décorés, médaillés, blessés ou combattants de juillet 1830 et veuves de décorés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, courrier en date du 6 décembre 1850, minute 142-147 (sous le nom de Regnaudin Defrémont), idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163 (sous le nom de Regnaudin Defrémont), idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852 (sous le nom de Regnaudin Defrémont).

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