Degas, Pierre, Augustin

Biographie


Né vers 1778. Ancien banquier. Habitant de la maison du 29, rue de Grenelle-Saint-Honoré, où une ambulance fut établie pour recevoir les blessés, il « organisa le service du transport et aida constamment aux pansements », selon le rapport fait par Sétier, secrétaire de l’ambulance. Le manuscrit de Victor Crochon rapporte ainsi son activité pendant les journées de Juillet : « Le jeudi 29, vers les 8 heures du matin, M. Jullian, qui s’était aperçu, la veille, que plusieurs blessés, même parmi les habitants, restaient assez longtemps sans recevoir aucun secours, eut l’heureuse idée de former une ambulance. Cet ancien militaire, maintenant marchand de nouveautés passage Véro-Dodat n° 8, commença à faire une quête à cinq sous par personne parmi les locataires du passage. Pendant qu’accompagnés de quelques voisins il allait acheter de la paille pour la déposer dans les cours de la maison n° 29, rue Grenelle-Saint-Honoré, Mme Jullian et ses demoiselles, auxquelles se joignirent plusieurs dames du passage, s’empressèrent de couper des bandes et de faire de la charpie. Monsieur Setier offrit d’imprimer gratuitement les affiches pour prévenir le public que des secours seraient donnés aux blessés dans cette maison. Elles furent posées dans les endroits où le danger était le plus imminent. MM. Chapuis (voir Chapuis, Michel, Marie ) (en note : capitaine de la vieille armée, il avait accompagné Napoléon à l’île d’Elbe, il est maintenant chef de la maison Canson d’Annonay. C’est un des anciens officiers qui ont montré le plus de courage et de dévouement à la cause nationale ; il a été décoré de la croix de Juillet) et Jullian en placardèrent plusieurs sur la place même du Palais-Royal et dans les rues adjacentes, où une vive fusillade était engagée entre les citoyens et les troupes royalistes. 130 blessés furent transportés en peu de temps dans cette ambulance si promptement improvisée. Parmi eux se trouvaient plusieurs soldats de la garde, Français et Suisses. Dans la crainte que leur présence ne produisît une impression trop pénible sur les patriotes que leurs camarades avaient mutilés, on ne les laissait entrer qu’après leur avoir coupé les moustaches et retiré leur uniforme. Du reste on prodiguait à ses victimes de l’obéissance passive les mêmes soins, les mêmes attentions qu’aux défenseurs des lois. M. Degas (en note : M. Degas, dont le patriotisme était depuis longtemps éprouvé, fut quelques jours après nommé capitaine dans la garde nationale) ancien militaire et garde national depuis la première organisation de cette milice citoyenne, établit un contrôle pour donner tous les renseignements utiles aux familles des blessés. M. Jeanne père fut dépositaire du restant de la première souscription, ainsi que de toutes les sommes reçues depuis, et qui, dans l’espace de trois jours, s’élevaient à environ six mille francs. » Il comparut, le 26 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, pour attester avoir parfaitement connu Vignon, Jean-Pierre et « bien savoir qu’il a combattu le 29 juillet dernier rue Saint-Honoré et au Louvre, où il a été grièvement blessé et de là transporté à l’ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré n° 29 et par suite à l’Hôtel-Dieu, où il est mort le 2 août 1830 ». Il signa, le 8 avril 1831, le certificat suivant en faveur de Julian, Camille : « Nous, soussignés, membres fondateurs de l’ambulance formée rue de Grenelle-Saint-Honoré n° 29, le 29 juillet 1830, certifions et attestons à qui il appartiendra que ledit jour 29 juillet dernier, M. Armand, Camille Jullian (sic), demeurant à Paris, rue des Vinaigriers n° 19, a été amené à ladite ambulance, par suite de la blessure qu’il venait de recevoir au poignet gauche, en combattant à la prise du Palais-Royal, à côté de M. Chapuis (voir Chapuis, Michel, Marie) ; que les médecins présents ont donné les premiers soins à sa blessure et en ont opéré le pansement. » Il demeurait rue de Grenelle-Saint-Honoré en 1830. Le Courrier français, 3 août 1830 ; La Liberté reconquise ou histoire complète et détaillée de la révolution de Paris en juillet 1830, J.-B. Ambs, troisième édition revue et corrigée, Paris, Terry jeune, libraire, Palais-Royal, galerie de Valois, n° 185, 1830, p. 255 ; Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 853-855 ; Ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré, n° 29, et souscription pour les blessés de la journée du 29 juillet. Rapport du secrétaire, présenté à la commission de lambulance et soumis à lautorité municipale, imprimerie de Sétier, s.d. p. 3 ; Archives nationales F/1dIII/59 in dossier Julian, Camille ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Vignon, Jean-Pierre.

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