Dehersant, Jean, Fidel
Biographie
Né le 15 juin 1800 à Orléans. Propriétaire à Orléans. Il fut contusionné par une balle amortie au cours des événements qui eurent lieu place Louis-XVI à Nantes (Loire-Atlantique). Le 22 septembre 1830, il fit parvenir la lettre suivante au roi : « En 1815, j’avais alors quinze ans et demi, j’ai combattu à Paris aux buttes Montmartre dans les rangs des élèves de l’Ecole polytechnique. J’arrivais d’Orléans, avec un cousin et trois autres jeunes gens, qui ont été tués. Assez heureux pour avoir été remarqué par l’officier supérieur qui commandait près de moi, je fus désigné par lui pour être décoré de la croix d’honneur, mais les étrangers entrèrent dans la capitale et je repris le chemin de ma ville. Depuis, mes opinions politiques m’ont forcé de passer en Angleterre plusieurs années. Dernièrement l’occasion s’est offerte de combattre pour la liberté. J’ai fait mon devoir et tout le monde à Nantes connaît ma conduite. Je m’abstiendrai de toutes réflexions mais si vous jugez, Sire, qu’il n’y a pas prescription faites-moi restituer, je vous prie, une croix qui m’est due. Arrière-petit-fils de Lanouë bras de fer, j’aimerais à porter ce signe que sa race n’a pas dégénéré. Je suis, Sire, etc. » Il fit partie des cinq blessés nantais, avec Grignon-Dumoulin aîné, Léon Petit, Jean de Hersant, Bernard et Hyrvoix, qui accompagnèrent la délégation envoyée par la ville de Nantes pour féliciter le roi Louis-Philippe quelques jours après sa proclamation comme roi des Français. Il fit partie (sous le nom de De Hersant) de la députation des blessés nantais, qui furent désignés par les autres blessés, le 12 septembre 1830, pour, sous la présidence de Grignon-Dumoulin, féliciter Louis-Philippe de son avènement au trône et lui formuler des vœux de « voir enfin succéder l’ordre légal au régime arbitraire et despotique ». « Le 14, au soir, relatait cette députation, nous quittions Nantes, et le 17 à midi nous étions à Paris, après avoir recueilli sur notre route les marques nombreuses d’approbation de la part des populations au milieu desquelles nous passâmes. Partout nous fûmes accueillis par ce cri de ralliement de nos immortelles journées de juillet : vive la Charte ! vive la Liberté !… » Arrivée à Paris, la députation fut d’abord reçue par Lafayette puis par Benjamin Constant. Elle eut à souffrir de nombreuses entraves qui lui furent faites pour l’empêcher d’être présentée au roi, et ne le rencontra finalement que le 22, en même temps que les autres députations de la ville de Nantes, celles de la mairie, de la garde nationale, de la chambre de commerce, et du tribunal de commerce. Toutes les députations furent présentées au roi, revêtu de son uniforme de colonel de la garde nationale et entouré de la reine et des princes. Le roi adressa « à M. Léon Petit, au sujet de sa blessure, des paroles pleines de bonté et d’intérêt, avec une expression qui laisse apercevoir toute la sensibilité de son cœur ». Le soir, seul Grignon-Dumoulin, comme président de la députation, fut invité à dîner à la table du roi. La députation fut de retour à Nantes le 28 septembre et rendit compte à ses mandants de son séjour à Paris. Il fut décoré de la croix de Juillet, sur la proposition de la ville de Nantes par l’ordonnance du 31 juillet 1831. Il apostilla, comme blessé et membre de la députation, et avec Hyrvoix (voir ce nom) et Cabanne (voir Cabanne, Jean-René) la demande de Lahaye, François (voir ce nom), quand celui-ci demanda pour récompense d’obtenir de l’avancement dans le 14e léger, où il venait de s’engager : « Je certifie que M. F. Lahaye était au cours le 30 juillet dernier et qu’il a supporté le feu du 10e de ligne. En foi de quoi, je lui ai signé cette pétition. » Il était marié en 1830. Il demeurait 34, rue Gigant à Nantes en 1830. Rapport de la députation des blessés nantais, du 17 octobre 1830, Grignon-Dumoulin, président, 1830, imprimerie de Mellinet ; Ordonnance du roi qui accorde la croix et la médaille de Juillet à divers citoyens de la ville de Nantes, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Archives nationales F/1dIII/80, Loire-Inférieure, Travail de la commission d’enquête pour les récompenses nationales à décerner aux victimes des événements de juillet 1830 et à ceux qui y ont pris part et Etat des citoyens auxquels la décoration de Juillet a été décernée par l’ordonnance du 10 juillet 1831 (sous le nom de Dehersant, Jean, Fidèle) ; Nantes en 1830 et les journées de Juillet, Giraud-Mangin, in Revue d’histoire moderne et contemporaine, année 1931, p. 465 ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet, 1831-1835.