Dejean, Antoine

Biographie


Né le 7 juillet 1786 (mais le 9 juillet 1786 in Archives de Paris VD6 172 n° 6 dans son certificat délivré par les autorités militaires) à Paris, de Dejean, Philipp et de De Sarcy, Adélaïde. Ancien lieutenant en premier au 1er régiment d’artillerie de la marine (ex-capitaine d’artillerie in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives nationales F/1dIII/34). Entré au service dans les troupes d’artillerie de la marine par engagement volontaire le 28 août 1803, caporal fourrier le 29 mai 1810, sergent le 5 juillet 1811, sergent-major le 1er février 1813, sous-lieutenant le 12 mai 1813, lieutenant le 25 septembre 1813, lieutenant en premier le 1er novembre 1813, licencié le 1er août 1815, retraité le 11 septembre 1816, il servit sur la Volontaire du 19 mars 1805 au 22 septembre 1805, sur la Diligente du 23 septembre 1805 au 8 juillet 1809, sur la Clorinde, sur la Revanche du 6 janvier 1812 au 9 mars 1812 ; il participa au combat de Saint-Domingue le 6 février 1806, à la campagne de l’Inde et à l’atterrissage de la Désirade le 6 septembre 1808, à l’expédition de Batavia en 1810, participa à des campagnes sur terre et se trouva à la bataille de Lutzen le 2 mai 1813, à celle de Bautzen et de Wurtcheim le 20 et 21 mai suivant, à celle de Dresde et des montagnes de la Bohême les 27, 28 et 29 août suivant (au 6e corps d’armée), à celle de Leipzig et de Hanau le 16 octobre et 6 novembre 1813, à celle de Brienne le 1er février 1814 ; il fut blessé d’un coup de feu reçu à la jambe gauche le 2 mai 1813, à Lutzen d’un autre coup de feu qui lui a traversé le cou et cassé l’os maxillaire inférieur du côté droit à la bataille de Brienne le 1er février 1814, plus deux coups de sabre sur le dos et un coup de lance à l’attache inférieure du muscle mastoïdien, à la suite desquels il a eu la jambe et le pied gauche congelés. Le 4 juin 1816, le major général de la marine lui faisait savoir « que le vice-amiral vicomte Bernard de Marigny, commandant de la marine, prenant en considération les pièces que vous lui avez présentées, veut bien vous autoriser à rester à Brest ; mais comme prescrivant de vous donner connaissance de cette disposition, il me charge aussi de vous dire que vous serez l’objet d’une surveillance active et qu’il espère que vous ne le ferez pas repentir de la preuve de bienveillance qu’il vous donne en ce moment. » Il était porteur d’un certificat signé par plusieurs officiers supérieurs du 1er régiment d’artillerie de la marine qui attestaient que Dejean « s’est comporté d’une manière distinguée durant les campagnes de 1813 et 1814, que cet officier n’a pu jouir de l’honneur d’être décoré de la croix de la Légion d’honneur, ayant été grièvement blessé auprès de Brienne le 1er février, d’une balle qui lui a traversé le cou et cassé la mâchoire inférieur, ce qui le fit rayé des contrôles de régiment, étant laissé pour mort sur le champ de bataille ». Le 2 août 1830, il sollicita, dans ces termes, la décoration : « Depuis quinze ans, en butte à des vexations sans nombre, j’ai retrouvé au 28 juillet 1830 l’heureuse occasion de pouvoir coopérer à reconquérir nos libertés et nos immortelles couleurs. […] La seule récompense que j’ambitionne pour mes services, mes blessures et ma conduite pendant les glorieuses journées de notre nouvelle régénération est ma nomination de chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur, dont la décoration me fut donnée auprès de Brienne par le grand Napoléon lui-même, et dont je n’ai pu jouir, ayant été laissé pour mort sur le champ de bataille, après avoir perdu soixante-sept hommes sur soixante-seize (attesté mort, je fus rayé de la liste de proposition et ma croix fut donnée à un sergent). » Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, propriétaires, négociants, marchand et autres citoyens domiciliés dans le quartier de Saint-Jacques des Arcis, attestons et certifions à tous ceux qu’il appartiendra que, dans les journée du 28 et 29 juillet 1830, le sieur Antoine Dejean, ancien officier d’artillerie de marine, s’est comporté en brave citoyen dévoué à la cause nationale, tant en enseignant à des hommes à se servir de leurs armes qu’en leur donnant l’exemple du courage et de la modération et qu’il s’est réuni franchement à nous pour le maintien du bon ordre et de la tranquillité publique, à laquelle il a puissamment contribué. Nous déclarons en outre que dans la journée du 28 il a fait monter chez lui un jeune homme atteint d’une balle qui lui traversa la fesse droite et qu’il l’a pansé, qu’il a également arraché à une mort presque certaine un jeune soldat de la garde royale, blessé d’un coup de feu à l’avant-bras gauche et qu’il l’a fait conduire à l’Hôtel-Dieu. Que le 29, aidé de quelques citoyens armés, il a empêché la circulation des curieux depuis la grève jusqu’au pont Notre-Dame, qu’il a facilité le dépavage, en y travaillant lui-même, qu’il a fait enlever les morts sur des charrettes découvertes, qu’il était allé lui-même chercher rue des Marivaux, et qu’il les a conduits à la morgue, accompagné d’un seul homme armé, enfin qu’il s’est trouvé à la prise du Louvre et des Tuileries. En foi de quoi, nous nous félicitons d’avoir à signer et délivrer au brave M. Dejean, le présent certificat, comme un témoignage de notre estime pour lui et de notre admiration pour son courage héroïque, sa prudence et ses talents militaires, tant pour sa conduite pendant ces mémorables journées que pour celle qu’il n’a cessé de tenir depuis qu’il est dans le quartier, comme bon époux et bon père de famille. » Signé le 9 août 1830 : Bouché, François, métier illisible, demeurant 23, rue Saint-Jacques ; Lecribe, marchand épicier, demeurant 34, rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie ; Lemaignan, marchand de vin, demeurant 8, rue Planche-Mibray ; Juge de la Ville Dieu, avocat, l’un des abonnés fondateurs du journal le Temps ; Marx, marchand de tableaux, Durand, bijoutier ; Billard, pharmacien, demeurant 28, rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie ; Bazire, fabricant de chapeaux ; Roger, fabricant de pianos ; Roger frère ; Troué, demeurant 27, rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie ; Dubers, marchand de meubles ; Bellocq, demeurant 25, quai d’Anjou, qui ajoutait : « Depuis douze ans que je connais M. Dejean, il a toujours professé les principes d’un bon citoyen dévoué à la cause publique. » Talman, fabricant de couvertures, demeurant 3 bis, rue de Fourcy ; Mair, marchand de draps, demeurant rue de Jouy ; Montenotte, demeurant 2, quai de la Grève. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur en date du 1er mars 1831. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il écrivit au ministre, en 1831, afin de savoir si le nom de Dejean qui était sur les listes des décorés de Juillet était le sien. Il joignait à sa demande de nouvelles « pièces originales attestant sa conduite pendant les mémorables journées de juillet 1830 » et rappelait avoir « eu le double honneur de combattre pour notre nouvelle régénération et d’avoir servi de garde et d’escorte à la Chambre des députés pendant les séances qu’elle tenait pour l’élection au trône de notre auguste roi-citoyen ». Il signa, le 12 décembre 1831, le certificat suivant en faveur de Repiquet, Claude, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que M. Claude Repiquet, tisserand, demeurant à Paris, rue d’Arras n° 27 et ancien sergent-major, s’est comporté durant les journées des 28, 29 et 30 juillet 1830 comme un brave et loyal citoyen, qu’il a aidé à désarmer les postes de gendarmerie de la rue des Fossés-Saint-Bernard, du pont aux Tripes (sic) et des Gobelins ; qu’il est venu à la Grève prêter main-forte aux patriotes qui se battaient contre les Suisses ; que de là, il s’est rendu à la caserne de Babylone, sous les ordres d’un jeune élève de l’Ecole polytechnique monté sur un cheval gris pommelé ; qu’il a donné l’idée d’allumer de la paille pour faire déguerpir les Suisses qui soutenaient l’assaut et a exécuté ce de même ; enfin qu’il a fait partie des patriotes qui sont allés à Rambouillet, d’où il a ramené les voitures de la cour. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il mourut le 1er janvier 1855. Il reçut un secours de cent francs et un secours de soixante francs en 1851 et en 1852, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 25, rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie en 1830-1831 ; 11, rue Neuve-Saint-Jean en 1850-1851 ; 71, rue du Château-d’Eau en 1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/52 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif de décorés, médaillés, blessés ou combattants de juillet 1830 et veuves de décorés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, courrier en date du 6 décembre 1850, minute 142-147, idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163, idem Proposition, en date de 1851, d’accorder à des décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 11.390 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à 91 décorés et veuves de blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 4.970 francs minutes 243-246, en date du 20 novembre 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Repiquet, Claude ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/692/55.

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