Delage, Charles, Alexandre

Biographie


Né en 1811 à Paris. Bottier. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et dans lequel il fait aussi état de sa participation à la révolution de Juillet. La lettre qu’il envoya, le 16 mars 1848, à la Commission était ainsi rédigée : « […] Combattant de Juillet, je n’ai jamais rien demandé au gouvernement qui vient d’être renversé, les ressources de mon état me suffisaient. Depuis j’ai été cruellement éprouvé. Père de neuf enfants, j’en ai perdu successivement huit, dont quelques-uns de quatre à cinq. Le dernier est mort, le 24 février, au moment où je combattais avec la Ve légion au Palais-Royal pour la cause de la liberté, lorsque le peuple triomphait, bel et triste exemple de notre fragilité humaine, gaîté d’une part tristesse d’une autre. Je suis resté, le courant de la journée, dans la chambre du duc de Nemours, empêchant le pillage, toujours en garde national de la XIIe légion, dont je fais partie. Le 26 février, toujours de même, je suis allé des premiers au feu du Palais-National, cherchant à éteindre le feu qu’un mauvais citoyen, qui portait l’uniforme de grenadier du 7e léger (je suis appelé comme témoin). Sic manque un passage pour la compréhension ? loriginal est en tout cas respecté Ayant combattu aussi à différentes époques pour arriver au résultat heureux où nous sommes, c’est-à-dire la république. Je vous prie, messieurs, d’examiner les certificats que je joins à l’appui de ma demande et de prendre en considération un véritable citoyen, père de famille, sur mes neuf enfants il me reste une jeune fille âgée de quatorze ans et une femme trop souvent malade. Croyez, messieurs, que si je vous fais une demande c’est que des malheurs cruels et successifs me sont arrivés […]. » Il joignait les deux certificats suivants à l’appui de sa demande. Le premier : « Nous, soussignons et certifions que le nommé Charles, Alexandre Delange, bottier, voltigeur de la XIIe légion, 4e bataillon, demeurant rue de Richelieu n° 1, est resté une partie de la journée du jeudi 24 février dans la chambre à coucher du duc de Nemours et qu’il a fait tous ses efforts pour empêcher de casser et il a en effet bien contribué à conserver beaucoup d’objets. » Signé : Dantigny, garçon d’appartement de service le 24 février 1848 ; Gascoin, valet de pied. Le deuxième : « Je certifie que le citoyen Charles, Alexandre Delange, domicilié à Paris, rue Richelieu n° 1, s’est présenté chez moi, mercredi 23 février et a préservé par son sang-froid, mon magasin du pillage à 11 heures et demie du soir. » Signé, le 18 mars 1848 : Guyonnet-Dupérat, demeurant 176, rue Saint-Honoré à l’ancienne Civette. Il fut proposé par la Commission pour une mention honorable à paraître dans le journal le Moniteur. Il était marié et père d’un enfant en 1848. Il demeurait 1, rue de Richelieu, au 3e étage, en 1848. Archives de la préfecture de police AA 383.

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