Delahaye
Biographie
« Un honorable citoyen, M. Delahaye, quai de la Tournelle, n° 13, s’est conduit vaillamment dans les journées du 28 et du 29 juillet. Le 28, il a tué un cuirassier et six Suisses, à la charge de la place du Châtelet, avec un sabre pour seule arme ; le 29, ayant été désarmé la nuit, il voit un tambour suisse sortir du Louvre ; il se précipite sur lui, s’empare de sa caisse, bat le rappel du mieux qu’il lui est possible, dans le faubourg Saint-Germain, et, à la tête du pont des Tuileries ; entre dans le château, et bat de nouveau la charge à une fenêtre de la façade du Carrousel ; redescend dans la cour toujours en battant ; une balle coupe la courroie de sa caisse ; sans chercher à la relever, il s’élance sur un garde royal et s’empare de ses armes. M. Delahaye a monté la garde à la Chambre des députés le 30, le 31 juillet, les 1er, 2 et 3 août ; puis, il est allé à Rambouillet. Il a reçu plusieurs contusions : son habit a été percé de trois coups de feu. Il a remis ses armes à la mairie du Xe arrondissement. Ce brave Parisien a écrit à M. Dequevauvilliers, colonel de la garde nationale, une lettre dans laquelle on remarque les phrases suivantes : “Mon colonel, je me recommande à vous pour une récompense : je crois l’avoir méritée. Je ne m’avilis pas à vous demander de l’argent : la victoire ne s’achète pas, elle se gagne. Je désire avoir deux lignes dans le Constitutionnel.” » Il demeurait 13, quai de la Tournelle en 1830. Le Constitutionnel, 18 août 1830 ; Histoire de la révolution de Paris depuis le 26 juillet jusqu’au 31 août 1830, Paris, chez Philippe libraire, rue Dauphine, 20, 1830, p. 189-191.