Delamotte, Pierre, François, Xavier
Biographie
Né vers 1791, fils de Delamotte, Olivier, Frédéric, Joseph et de Bocquet, Marie, Magdeleine. Serrurier et fabricant de charnières en fer. Il eut la cuisse gauche cassée d’un coup de feu, le 29 juillet, place du Carrousel. Il mourut de ses blessures, le 4 septembre 1830 à 1 heure du matin, à l’hôpital Saint-Antoine, selon un certificat de l’hôpital. Il eut le temps de recevoir un secours de cent francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Dans Faits qui ont eu lieu les 27, 28 et 29 juillet, depuis la place du Palais-Royal jusqu’au chantier de celle du Chantre, Méline, Claude (voir ce nom) relatait ainsi les circonstances dans lesquelles il fut blessé : « Lorsque les Suisses avant la prise du Louvre tiraient par les croisées de ce château, un malheureux fut atteint d’une balle qui lui cassa la cuisse. Il était exposé au feu de ces misérables mercenaires quand mon fils, jeune homme de dix-huit ans, méprisant le danger, fut le chercher et l’apporter à la maison pour lui prodiguer les soins qui nous étaient prescrits par l’humanité. Cet homme se nommait Delamotte, serrurier, demeurant rue du Pont-aux-Choux, n° 20. Il est mort des suites de sa blessure à l’hospice Saint-Antoine et laisse une veuve et trois enfants. Ce malheureux, malgré ses souffrances, ne pensait qu’à être vainqueur. » Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et sans doute aussi par celle du (ancien) IXe arrondissement puisque le nom de la mère apparaît sur les listes. Le 3 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Rebours, Claude, Louis, ébéniste, demeurant 22, rue du Pont-aux-Choux ; Gobert, Jacques, marchand fruitier, demeurant 20, rue du Pont-aux-Choux ; Millerot, Lambert, Moïse, marchand grainetier, demeurant 20, rue du Pont-aux-Choux. Ils attestèrent que Delamotte, Pierre, François, Xavier était « décédé le 5 septembre 1830 (sic) des suites d’un coup de feu reçu le 29 juillet place du Carrousel ». Il laissait une mère, Bocquet, Marie, Magdeleine, veuve Delamotte, née le 17 novembre 1769 (mais Boquet, née le 17 septembre 1769 in Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des ascendants des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet) à Paris, inscrite au livre des pauvres du IXe arrondissement, demeurant 8, rue Lesdiguières, qui fut pensionnée de trois cents francs (sur la comptabilité de la Commission du [ancien] VIIIe arrondissement, la mère est indiquée comme ayant reçu cinquante francs de la Commission de la mairie du [ancien] IXe arrondissement) et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il laissait une veuve, Duclo, Jeanne, Elisabeth, née le 10 janvier 1792 (mais le 13 janvier 1792 in Archives nationales F/1dIII/36) à Paris, fabricante de charnières en fer, « d’une conduite excellente, laborieuse et économe », selon la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet, qui reçut un secours de trois francs le 3 août 1830, un secours de cinq francs le 4 août 1830, un secours de vingt-cinq francs le 23 août 1830, un secours de cinquante francs le 7 septembre 1830, un secours de vingt-cinq francs le 13 septembre 1830, un secours de vingt-cinq francs le 22 septembre 1830, un secours de quinze francs le 29 septembre 1830, un secours de cinquante francs le 13 octobre 1830, un secours de cent francs le 27 octobre 1830, un secours de cent francs le 5 janvier 1831, un secours de cent francs le 4 février 1831, un secours de cent francs le 4 mars 1831, un secours de cent francs le 2 avril 1831 auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et qui fut pensionnée de cinq cents francs et reçut (sous le nom de Duclos, Jeanne, Elisabeth) de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il laissait trois enfants, qui furent pensionnés et qui reçurent de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes : Antoine, Jean, né le 28 février 1819 à Paris, apprenti horloger, Jean, Marie, né le 17 février 1817, apprenti serrurier chez son oncle, qui tenait une fabrique de charnières, Delamotte, Théodore, Joseph, serrurier 8, rue de Bretagne, Sophie, Madeleine, née le 30 mai 1821 à Paris. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Delamotte, Théodore, Joseph, serrurier subrogé-tuteur, demeurant 105, rue Four-Saint-Antoine en 1831 et 3, rue des Enfants-Rouges en 1832. Le bulletin individuel de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait sur Antoine, Jean, en 1832 : « Son instruction élémentaire est assez passable. Le directeur de l’enseignement mutuel dans lequel il est admis n’en est pas mécontent, il lit, écrit et calcule assez bien. » Puis en octobre de la même année : « Il est entré à l’essai chez M. Christophe, maître horloger rue Vieille-du-Temple n° 126, pour y faire son apprentissage d’horlogerie, état qu’il a choisi et qui paraît lui convenir beaucoup. […] Il lit et écrit assez bien. » Jean, Marie fut placé en apprentissage chez son tuteur, fabricant de charnières, 3, rue des Enfants-Rouges ; il reçut trois cents francs pour ses frais de trousseau en 1832 et son bulletin de surveillance rapportait, pour la même année, qu’il était « doux et honnête », ajoutant : « Bon sujet, grand travailleur, ce jeune homme fait chaque jour des progrès dans l’état de serrurier fabricant de charnières, qu’il a choisi et que lui enseigne gratuitement son oncle et son tuteur. Il fréquente assidûment la même classe d’enseignement mutuel que son frère, cependant pour ne pas gêner son travail, il n’y va que le soir. » Vers 1832, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au sujet de Sophie, Madeleine, qu’elle savait très bien lire et écrire, qu’elle allait à l’école chez Mlle Legros, 5, rue Saint-Claude, où elle apprenait à travailler à l’aiguille. En 1833, la même Commission rapportait qu’elle avait d’assez bonnes capacités, qu’elle était en apprentissage chez Mme Martin, raccommodeuse en dentelles, 3, rue Saint-Louis, qu’on la destinait à cet état et qu’elle commençait à bien apprendre. Antoine, Jean, et Sophie, Madeleine reçurent en 1834 trois cents francs pour leurs frais de trousseau ; en 1835-1836, Sophie, Madeleine était en apprentissage pour apprendre l’état de couturière. En 1836, Antoine, Jean était ouvrier dans une fabrique d’horlogerie. Le 24 juillet 1840, les restes de Delamotte furent exhumés du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Delamotte, Pierre, François, Xavier demeurait 20, rue du Pont-aux-Choux en 1830 ; sa veuve, même adresse en 1831 ; sa mère, 8, rue Lesdiguières en 1831 mais une fois 8, rue Saint-Ambroise et une autre fois 8, rue Lesdiguières in Archives nationales F/1dIII/36 ; bien 8, rue Lesdiguières in Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des ascendants des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet ; 22, rue du Pont-aux-Choux en 1833. Le nom de Delamotte (P.-F.-X. Delamotte) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 18 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 20 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 14, 41, 49 (pour la veuve) ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, liste nominative des orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIIe arrondissement, liste nominative des ascendants du IXe arrondissement auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 104, 106 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), cahier contenant les noms de personnes tuées, idem paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de veuves), idem paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste d’orphelins) ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 36-37 ; Archives de Paris VD6 278 in dossier Méline, Claude ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) VIIIe arrondissement, orphelins du (ancien) VIIIe arrondissement, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/40 (Etat nominatif des orphelins de Juillet du VIIIe arrondissement de Paris, placés dans des établissements publics ou privés par les soins de la Commission municipale créée par l’ordonnance royale du 25 août 1831, et qui ont droit à une indemnité de trois cents francs alloués pour les frais d’un trousseau, conformément à l’article 9 de ladite ordonnance ; année 1833, VIIIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 VIIIe arrondissement ; année 1839 VIIIe arrondissement ; année 1839 VIIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/52 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIIe arrondissement, veuves, orphelins et ascendants ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) VIIIe arrondissement et (ancien) IIIe arrondissement (par négligence de classement) ; Archives nationales F/15/2555 feuille de bulletin individuel de Sophie, Madeleine ; Archives nationales F/15/2557, dont lettre en date du 3 juin 1834 ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien VIIIe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 81, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 420.