Delannoy, Louis
Biographie
Né le 20 mars 1790 à Cambrai (Nord). Garçon coiffeur. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIIe arrondissement), sise rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, combattants de juillet 1830, attestons à tous qu’il appartiendra que dans les journées mémorables des 27, 28 et 29 nous avons vu le nommé Louis Delannoy, garçon coiffeur, alors restant chez M. Goubron, rue de la Vannerie n° 43, se signaler comme brave citoyen. Il a soutenu le feu presque seul à la barricade du Chapeau Rouge, même rue en face sa maison, où il y a eu beaucoup de victimes. De là, il fut derrière le pont d’Arcole, où il reçut par un gendarme un fort coup de crosse de fusil à l’épaule droite, ce qui lui causa une indisposition par un nerf qui est attaqué et correspond à la main. N’ayant point perdu courage, étant toujours armé, il a combattu à la place de Grève, à l’Odéon, où il faisait partie de ceux qui ont arrêté et désarmé neuf gendarmes, lesquels descendaient en patrouille de la caserne de la rue Mouffetard pour les prendre. Ensuite il fut au Louvre et aux Tuileries, où il a également combattu, ainsi que beaucoup d’autres endroits moins marquants que ceux précités et finalement étant toujours armé, il fut jusqu’à Rambouillet, à la poursuite des rebelles de la liberté. Nous ne lui connaissons point de fortune et il est père de deux enfants en bas âge. Sa conduite pour la défense de la liberté est digne de lui et méritoire. » Signé, le 13 septembre 1831 : Huillard (voir Huillard, Armand, Maximilien ?), demeurant 38, rue de la Vannerie ; Bourrez ; Goujon ; Fouquet, demeurant rue de la Vannerie ; Goubron, principal locataire, demeurant 43, rue de la Vannerie ; Royer, demeurant 15, rue Planche-Mibray. Il ajoutait le fait suivant, pour ajouter à son mérite : « […] De plus il justifie par un autre certificat avoir arrêté le nommé Edouard Joseph, lequel était armé et avait volé dans plusieurs boutiques. Il frappait ceux qui criaient Au voleur ! après lui, ainsi que ceux qui l’approchaient. Pour le faciliter à piller dans les boutiques, il se servait du stratagème de jeter en entrant une pièce de cinq francs sur le comptoir et en demandant la monnaie. Aussitôt qu’on la lui avait comptée, il ramassait la monnaie et la pièce de cinq francs. Le soussigné ayant entendu crier Au voleur ! s’approcha et demanda de quoi il s’agissait. On lui raconta le fait. Le voleur était en face une boutique où personne n’osait l’approchait, craignant ses armes. Le pétitionnaire, qui était armé d’un fusil, le saisit au collet. Ils se culbutèrent un instant. L’ayant enfin réduit, il le conduisit lui seul au chef du poste de l’Hôtel de ville […]. » Un certificat signé de Desprez, chef du poste de l’Hôtel de ville, attestait qu’il avait reçu, le 17 août 1830 à 10 heures 30, Edouard Joseph des mains de Delannoy, coiffeur, demeurant 43, rue de la Vannerie. Il précisait dans sa demande qu’il était depuis la révolution la majeure partie du temps sans travail et par conséquent dans une profonde détresse. Delannoy demeurait 43, rue de la Vannerie en juillet 1830 ; chez Ofils, perruquier-coiffeur, hors la barrière du Roule, 27 aux Ternes en 1831. Archives de la préfecture de police AA 383. Parent avec Delannoy, Jules, lui aussi de Cambrai ?