Delarue aîné, Napoléon, Pierre, Louis

Biographie


Né le 4 novembre 1809 à Paris. Employé en 1848. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa, en effet, le 30 mai 1848, la lettre suivante à la mairie de Paris : « Ayant combattu pour la liberté en 1830 mais le système du gouvernement déchu n’étant jamais entré dans mes vues une seule minute, je n’ai donc jamais cru devoir rien demander ni réclamer à ce gouvernement qui au contraire a fait opérer chez moi diverses visites domiciliaires, jusqu’à trois fois dans le même jour, à raison de mes opinions républicaines mais modérées comme tout bon républicain doit la vouloir, sans tâche. Aussi le 24 février dernier, je me suis empressé de me joindre à tous nos frères et l’on m’a vu comme eux établir nos barricades sur divers points. Maintenant, citoyen maire, veuillez bien me permettre d’avoir l’honneur de vous exposer que par suite des événements de février dernier j’ai perdu une pension de trois cents francs que me faisaient des parents pour parvenir à l’éducation de mes enfants, à raison des pertes que ces parents ont éprouvées eux-mêmes par la cessation de paiement de la maison Goin. Pour quoi je viens m’adresser à vous, à l’effet de vous prier d’avoir la bonté de me nommer à un emploi de porteur de contraintes des contributions directes, ce que je serai à même de parfaitement bien remplir, ayant déjà travaillé durant quelque temps avec l’un de ces agents, soit pour les écritures soit pour les opérations de saisie et autres. Depuis j’ai fondé un journal, qu’il a fallu que j’abandonne à cause du cautionnement que l’ancien gouvernement me contraignait d’effectuer. » Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, demeurant rue du Faubourg-du-Temple 102, certifie que j’ai vu le citoyen Delarue aîné, le 23 février, conduire des combattants, chercher de la poudre dans une carrière de poudre à Belleville, rue Saint-Laurent, et également frapper à la porte du commandant de la garde nationale illisible pour la faire sortir prendre les armes et de servir la république. » Signé, le 1er août 1848 : Richard, demeurant 102, rue du Faubourg-du-Temple. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare que le citoyen Napoléon, Pierre, Louis Delarue aîné, ex-marchand de vin, rue du Poirier n° 12, je fus plusieurs fois témoin de visites domiciliaires faites par les autorités administratives du régime des Bourbons branche cadette, depuis 1833 à 1837 et tout cela rapport à ses opinions démocratiques. » Signé, le 28 juillet 1848 : Ducastel, marchand de vin, demeurant 18 bis, rue Bastien dans le quartier Popincourt. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, demeurant à Belleville, boulevard de la Chopinette n° 4 (sic), certifie que le citoyen Delarue aîné était avec moi le 24 février, au moment où j’étais à la tête du peloton de citoyens qui combattaient aux cris de Vive la réforme ! et que c’est lui qui m’a conduit dans une carrière de plâtre située rue Saint-Laurent, où nous avons obtenu deux livres de poudre environ. » Signé, à Belleville le 31 juillet 1848 : Meunier, sergent à la 1re compagnie de chasseurs, demeurant 3, rue de la Chopinette (sic). Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Henry, Stanislas Vilcocq (sic), demeurant à Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin n° 18, ancien membre fondateur de la Société secrète des Familles, ancien membre du comité de la Société des Phalanges démocratiques, et ancien rédacteur principal du Moniteur républicain, déclare avoir constamment rencontré dans le citoyen Delarue aîné, Napoléon, Pierre, Louis, un républicain sincère, dévoué, probe et méritant, sous tous les rapports, l’estime et la sympathie des honnêtes gens. J’atteste en particulier que Delarue aîné m’a personnellement rendu service lorsque j’étais poursuivi pour le Moniteur républicain, en m’aidant à donner le change à la police de Louis-Philippe sur mon véritable domicile, en déclarant, comme je l’en avais prié, que je n’en n’avais pas d’autre que le sien, alors situé rue du Poirier n° 12, quartier Beaubourg, où il était marchand de vin ; que son établissement était d’ailleurs un lieu de réunion, où les membres des sociétés secrètes, incessamment traqués par nos ennemis politiques, trouvaient sûreté et tranquillité sans être nullement astreints par Delarue à payer ces avantages par une consommation quelconque ; que ces preuves diverses de dévouement illisible à la cause républicaine vaincue ont attiré à Delarue un grand nombre de persécutions policières et qu’entre autres, lors de mon arrestation, le 5 juillet 1839, j’ai été deux fois conduit en perquisition chez lui, où j’avais, je le répète, indiqué mon domicile, pour avoir le temps de faire disparaître de mon véritable domicile différentes traces de ma coopération au pamphlet républicain qui m’attira plus tard huit ans de détention. Je déclare enfin que, dans mon opinion, il n’y a pas de doute que toutes les persécutions auxquelles Delarue a été en butte pour son attachement à la cause républicaine n’ait trop grandement contribué à la ruine de ses intérêts privés, son établissement une fois signalé à ses clients ordinaires par les avanies de la police orléaniste ayant été successivement abandonné par eux et pour cette unique cause, et au lieu du prix de trois mille francs qui lui en avait été offert antérieurement, Delarue n’en ayant pu retirer absolument rien que ce soit à part la vente forcée et à vil prix de ses ustensiles. » Signé, le 31 juillet 1848 : Vilcocq (sic). Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussigné, commissaire de police de Belleville, certifions qu’étant en ronde dans notre commune, le 24 février dernier, accompagné du sieur Girard, maréchal des logis de gendarmerie, nous avons vu le sieur Delarue, Napoléon, Pierre, Louis, âgé de trente-neuf ans, domicilié à Paris, rue du Faubourg-du-Temple n° 125, aidant à construire une barricade à la barrière de la Courtille. » Signé, le 29 juillet 1848 : Gabeloteau. Le sixième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, lieutenant-colonel de la Ire légion de la banlieue, recommande d’une manière toute particulière le citoyen Delarue au citoyen maire de Paris. » Signé, le 28 mai 1848 : Perier. Un peu plus tard, c’est une place de commissaire ordonnateur des pompes funèbres qu’il sollicitait. Il fut proposé par la Commission pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il était marié et père de trois enfants en 1848. Il demeurait 12, rue du Poirier en 1839 ; 125, rue du Faubourg-du-Temple en 1848. Archives de la préfecture de police AA 383.

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