Delaserve, Louis, Joseph
Biographie
Né vers 1795 à Primarette (Isère). Marchand de cristaux. Il s’illustra à la Grève et au Louvre. Il ne fit aucune demande devant la Commission des récompenses nationales. Il déposa, par une lettre en date du 13 septembre 1831, un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIIe arrondissement), sise rue Bourg-Labbé, afin d’obtenir un emploi dans l’administration de l’octroi. Il joignait à sa demande la copie d’une lettre qu’il avait adressée le 28 mars 1831 au maréchal Soult, alors ministre de la Guerre, et ainsi rédigée : « Vous qui protégez avec plaisir ceux qui combattirent il y a quinze ans sous l’illustre bannière qui reparaît aujourd’hui, daignez accueillir un de ceux qui la virent flotter victorieuse. J’étais étudiant en droit en 1812. Lorsque je quittai cette profession pour celle des armes, je parus trop tard pour participer à nos brillants succès mais nos immortels revers m’élevèrent à l’école du malheur ! Je rentrai dans mes foyers en 1814, le cœur pénétré de douleur en voyant le sol natal souillé par les phalanges étrangères. Mon père, qui était électeur et membre des jurés à la cour de Grenoble, avait eu quatre cents dragons (de la tour) qui n’avaient abandonné sa maison que quand ils n’y avaient plus rien trouvé. Ainsi, je trouvai ma famille, ruinée. Aussi, en mars 1815, lorsque l’Empereur revint en France, je m’empressai à reprendre du service dans le 4e hussard à Vienne (Isère). Nous fûmes au-devant de Napoléon, sur la route de Grenoble à Lyon. M. Chrystophe, notre premier chef d’escadron, reconnaissant en moi quelque envie de bien faire, m’accorda le grade que j’avais déjà (adjudant sous-officier), quelle brillante fête !... De Lyon à Paris, nous étions reçus comme des frères que l’on attend ; nous fîmes cette infortunée campagne du Mont-Saint-Jean !... où, le 17 juin, le mépris que j’avais de la mort et le courage avec lequel je l’affrontais me firent obtenir l’étoile des braves, quoique blessé d’une balle à la jambe et de plusieurs coups de sabre qui ne s’effaceront jamais, au lieu de me retirer je redoublai de zèle et de courage et, le lendemain 18, je fus nommé sous-lieutenant. Si vous voulez me confirmer dans un grade obtenu sur un si valeureux champ de bataille, veuillez à votre bon plaisir m’en envoyer le brevet et j’ose vous assurer que si l’occasion se présente je ne serais pas un des moins courageux. Infanterie de ligne, car je servais dans cette arme avant d’entrer volontaire dans le 4e hussards, quoique je me soumets à votre sagesse pour disposer de moi ; dans quelque arme que je me trouve, je ferai mon devoir, comme le chevalier Bayard, mon compatriote. Si M. le maréchal daigne s’intéresser à l’envie que j’ai de servir ma patrie je puis soumettre à son approbation des preuves que lors de l’attaque du Louvre et des Tuileries je n’étais pas caché dans les caves ni dans les greniers du faubourg Saint-Germain, comme certains fils soi-disant de bonne famille. Je suis, etc. » Il joignait aussi le certificat suivant : « Dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, le nommé Joseph Delaserve a abandonné sa femme et ses enfants en bas âge, qui n’ont d’autre soutien que lui, pour voler à la défense de nos libertés menacées. Sa conduite mérite que M. le maire lui accorde les secours qui sont dus aux bons Français. Il est dans ce moment sans occupation, ses enfants nécessitent qu’on lui accorde de prompts secours. » Signé, le 17 août 1830 : Cartier, demeurant 14, rue Beaubourg. Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme dans une position très malheureuse. Il demeurait 14, rue Beaubourg en août 1830 ; 10, rue des Vieilles-Etuves-Saint-Martin en 1831. Archives de la préfecture de police AA 383.