Delaunay, Victor
Biographie
Né vers 1798 à Lisieux (Calvados). Homme de lettres. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Dans sa séance du 21 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, affirmait au sujet de Delaunay (mais le passage est rayé, soit que le cas fût réglé soit que l’information fût abandonnée) : « Vérifier s’il n’y a pas double emploi. » Il fut décoré de la croix de Juillet (sous le seul nom de Delaunay) auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il apostilla, le 17 août 1831 un certificat délivré par Lepelletier, Prosper en faveur de Vauchelet et ainsi rédigé : « Je, soussigné Prosper Lepelletier (voir ce nom), marchand de vin place du Musée n° 19 à Paris, certifie avoir vu le sieur Charles Vauchelet, le 29 juillet 1830, revenant de la prise des Tuileries, armé d’une carabine et escortant un élève de l’Ecole polytechnique blessé et qui fut déposé dans la maison n° 21. Je certifie en outre avoir vu le dénommé ci-dessus en faction à la porte de ladite maison. » De la même manière, le 25 août 1831, il signa le certificat suivant en faveur du même Vauchelet : « Les soussignés certifient que le nommé Charles Vauchelet s’est trouvé avec eux le 28 juillet à la pointe Saint-Eustache, rue aux Ours, le 29 à la prise du Louvre, aux Tuileries, rue de Rohan, qu’aussi le dénommé ci-dessus était armé d’une carabine et a combattu avec honneur et s’est montré en citoyen. » Il signa la pétition en faveur de Leroy, qui ne pouvait retirer la médaille qu’il avait obtenue, faute d’être inscrit sur les listes de la mairie, alors qu’il l’était sur celles du Moniteur. Son nom est, comme décoré de la croix de Juillet, sur une liste de décorés sur laquelle devait être choisie une députation de vingt-quatre décorés de la croix de Juillet et de vingt-quatre décorés de la médaille de Juillet pour assister, à la Bastille, aux cérémonies qui devaient marquer le premier anniversaire de la révolution de Juillet (en face de son nom, sa demeure est déclarée inconnue). En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il fut l’un des inculpés (avec Bonnias, Henri ; Chaigneau, Jean-Marie ; Blanqui, Auguste ; Gervais, François, Guillaume ; Hubert, Jean-Louis ; Juchault, Alexandre ; Plagniol, Eugène ; Préot ; Raspail, François, Vincent ; Rilheux, Norbert, ou Rillieux ; Rivail ; Thouret, Vincent, Antoine ; Trélat, Ulysse) du procès, en janvier 1832, contre les membres les plus influents de la Société des Amis du peuple, pour complot ayant pour but d’instaurer la république, et qui furent tous acquittés par le jury ; certains cependant, furent l’objet de peines accessoires, prononcées par les seuls magistrats et pour leur attitude pendant le cours du procès. Hourmat apporte les indications biographiques suivantes ; « Dans des circonstances que nous ignorons, Edmond de Ginoux céda la place à Victor Delaunay [à la direction du journal la Sentinelle de Bayonne, N. D. A.] ; il n’eut guère le temps de se faire connaître des radicaux bayonnais car il décédait en novembre 1841. Ses obsèques eurent lieu à la cathédrale, où la troupe rendit les honneurs dus au décoré de Juillet, et sur sa tombe, Paul Guichenné et Plantié fils prononcèrent les discours de circonstance. Originaire de Normandie, le jeune Delaunay se distingua à la bataille de Paris (1814) et devint au temps de la Restauration un journaliste de l’opposition libérale et anticléricale et membre de la Charbonnerie. Combattant de Juillet, il attaquait dès le mois d’août dans la Tribune (d’Armand Marrast) le nouveau pouvoir, et ses activités révolutionnaires l’obligèrent à s’expatrier en Suisse et en Belgique. Après sept années d’exil, il revint à Paris et rejoignit Bayonne pour assurer la rédaction de la Sentinelle ». Il demeurait 71, rue du Faubourg-du-Temple en 1831 ; 14, rue Papillon en 1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le seul nom de Delaunay) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 (sous le seul nom de Delaunay) ; Archives de Paris Vbis7K4 1, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, Xe arrondissement (sous le seul nom de Delaunay) ; Archives de Paris VD6 524 n° 3 (sous le seul nom de Delaunay) ; Archives de Paris VK3 29 (sous le seul nom de Delaunay) : Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement (sous le seul nom de Delaunay) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Xe arrondissement (sous le seul nom de Delaunay) ; Archives nationales F/1dIII/63 in dossier Leroy, Pierre, Auguste, Camille ; Archives de la préfecture de police AA 416 in dossier Vauchelet, Charles ; Procès des quinze, publié par la Société des Amis du peuple, Paris, Auguste Mie, 1832 ; Bayonne au temps de la Monarchie de Juillet, Hourmat, publication de la Société des sciences, lettres et arts de Bayonne, 2004 ; la Sentinelle, 21 novembre 1841.