Delaval, Louis, Antoine

Biographie


Né vers 1780. Horloger, ruiné en 1830 par une faillite malheureuse. Il s’illustra sur la place de Grève, rue Saint-Honoré, au Louvre et aux Tuileries. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut, comme blessé, un total de cent francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il déposa, comme son fils, un dossier à la Commission des Réclamants, sise rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Tous deux étaient porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, habitants de Paris, attestons qu’il est à notre connaissance que le sieur Delaval, Louis, père de famille, horloger, demeurant rue de la Bibliothèque n° 16, et son fils, Delaval, Louis, Claude, chapelier, rue Saint-Denis n° 244, sont de bonnes vie et mœurs et que, dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, ils ont vaillamment combattu avec les citoyens de Paris pour la cause nationale et que leur patriotisme n’est point équivoque, qu’ils ont fait preuve de courage et d’humanité. Leur conduite est d’autant plus louable que le père Delaval, âgé de cinquante ans, se trouve ruiné par des pertes considérables et est resté dans l’infortune la plus complète. Lesdits Delaval méritent l’estime de leurs concitoyens. » Signé, le 14 août 1830 : Gibert-Arnaud, Jean, Joseph (voir ce nom), ex-officier, demeurant 5, rue Fromenteau ; Prault, Louis, François (voir ce nom), ex-lieutenant, commandant une des portes aux Tuileries, demeurant 3, rue Fromenteau ; Tabouret, Nicolas (voir Tabouret, Nicolas, Vital), artilleur de la garde nationale, demeurant 29, rue des Gravilliers ; Mathieu, ex-huissier ou avocat, demeurant 4, rue d’Anjou ; Gervais, demeurant 101, rue Saint-Jacques ; Belle, demeurant 22, rue Sainte-Marguerite ; Bechet, demeurant rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Gueffe, demeurant 9, rue de Berry ; Henon Claude ou Hémar, Claude ou Glaude Hemon ; Frenot, herboriste ; Paquier, demeurant 103, rue du Bac ; Faure, employé, demeurant 12, rue des Anglais ; Marette, demeurant rue du Bac ; Pascat Alphonse ou Pascal, Alphonse, demeurant 9, rue de Berry ; Alexis, demeurant 16, rue de la Bibliothèque. Il signa, le 15 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Salamite, François : « Nous, citoyens, habitants de Paris, attestons qu’il est à notre parfaite connaissance que le sieur Salamite, François, peintre en décors, s’est bien montré les 27, 28 et 29 juillet 1830, qu’il a combattu dans les rangs du peuple, a même été blessé et a tué un lancier et un gendarme ; qu’il a fait la campagne de Rambouillet et que son dévouement national lui donne des droits à l’indemnité et aux récompenses. » Il signa, le 21 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Othon, Marc, François, Isidore, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, citoyens habitants de Paris, attestons qu’il est à notre connaissance que M. Othon, Marc, François, Isidore, âgé de quarante-quatre ans, ancien militaire, membre de la Légion d’honneur, demeurant rue du Faubourg-Montmartre n° 30, est de bonnes vie et mœurs ; qu’il a combattu dans les rangs du peuple les 28, 29 juillet 1830 pour la cause de la liberté et de la patrie ; qu’il était à l’attaque et à la prise des Tuileries et qu’ensuite au Palais-Royal il a fait rendre les armes à une trentaine de soldats suisses et royaux, qu’il a empêchés d’être massacrés, en les faisant réfugier dans une maison de la rue Montpensier. Ledit Othon a montré beaucoup de bravoure et de modération et sa conduite ainsi que son dévouement national lui donnent des droits aux récompenses patriotiques et à l’estime de ses concitoyens. » Il participa aux opérations de maintien de l’ordre à l’occasion du procès des ministres en décembre 1830, à l’occasion de la mise à sac de l’archevêché et de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois les 14-15 février 1831. Le 19 septembre 1831, étant sous les armes, pour le maintien de l’ordre, il fut blessé par un jet de pierre qu’il reçut sur le haut du front ; il fut soigné par le docteur Clairain demeurant 4, rue Quincampoix, qui lui délivra un certificat pour attester sa blessure ; Delaval resta sans pouvoir travailler durant deux mois et demi. En novembre 1831, ayant été obligé, pour soutenir sa famille, de vendre jusqu’à ses outils, il ne lui restait plus rien et voyait ses meubles retenus par son propriétaire, qui lui avait donné congé ; il sollicita, un secours pour pouvoir retirer un peu de linge et des couvertures qui étaient engagés. Son capitaine, en date du 15 octobre 1831, attestait qu’il avait toujours « fait son service depuis le 30 juillet 1830 avec la plus scrupuleuse exactitude et avec un zèle vraiment digne d’éloges ». Le maire de son arrondissement, sans pouvoir préciser les circonstances qui avaient occasionné la blessure qu’avait reçue Delaval au front, assurait cependant au préfet de la Seine : « […] Néanmoins, ce qui paraît incontestable c’est que ce brave citoyen, déjà blessé dans les journées de 1830 et dans diverses circonstances qui s’y rattachent, a éprouvé de longues maladies et d’autres infortunes, qui l’ont mis dans un état voisin de l’indigence, je pense donc M. le préfet, que le sieur Delaval, par son dévouement exemplaire, s’est acquis des droits à la bienveillance du gouvernement. » En juillet 1832, une dizaine d’habitants de la rue de la Bibliothèque certifièrent « avoir vu, le 6 juin 1832 à 7 h 30 du matin, M. Delaval, éditeur lithographe, demeurant même rue n° 16, sortir de chez lui en armes et uniforme de garde national pour se rendre à la place de l’Oratoire, où s’assemble le bataillon dont il fait partie. Attestons aussi que ledit Delaval, chasseur à la 4e compagnie du 2e bataillon de la IVe légion, a coopéré le 6 juin dernier au rétablissement de l’ordre public et qu’il a toujours fait preuve de dévouement au roi et au gouvernement de Juillet ». Son lieutenant ajouta l’observation supplémentaire suivante : « Je certifie en outre que le sieur Delaval est un de ceux qui se sont présentés pour réprimer l’émeute du 1er avril [1832, N.D.A. !!!! de quelle émeute sagit-il ?] et que dans toutes les circonstances il a montré une exactitude, un zèle, un dévouement dignes d’éloges. » En avril 1835, sa veuve « mère de famille, sans ouvrage […] et ne pouvant payer des dettes d’absolue nécessité » sollicita un secours. La préfecture de police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] A cinq enfants, deux garçons qui sont en apprentissage et trois filles, trop jeunes encore pour lui être de quelque secours. Elle doit plusieurs termes de loyer et se trouve dans la plus grande misère. On en dit du bien sous le rapport de la conduite et de la moralité. » Elle reçut, cette année-là, un secours de soixante-quinze francs. Delaval demeurait 16, rue de la Bibliothèque, au 2e étage, en 1830-1832 ; sa veuve demeurait 2, rue Bailleul (au 5e étage) en 1835. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 71 ; Archives de Paris VK3 52 in dossier Salamite, François ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1155 ; Archives nationales F/15/3649-3650 ; Archives de la préfecture de police AA 383 ; Archives de la préfecture de police Archives de la préfecture de police AA 405 in dossier Othon, Marc, François, Isidore.

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