Delbart, Jean-Baptiste
Biographie
Né en 1781 à Montreuil-sur-Mer (Pas-de-Calais). Militaire durant vingt-trois ans, fait prisonnier en Russie, devenu cordonnier. Il est répertorié (sous le numéro 86) dans la liste des demandes de secours posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 24 février 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28, au boulevard du Temple, à 10 heures, a regardé tirer. On lui a donné un fusil et une giberne et au coin de la rue Saint-Martin a fait feu contre les gendarmes ; fut repoussé jusqu’à la rue Greneta. Ils ont repris la porte trois fois contre la garde. Le 29, au Pont-Neuf à 8 heures, est allé sur le quai au coin jusqu’à 10 heures. S’est rendu par la place des Victoires à la place Vendôme pour demander des cartouches à un de ses camarades du 53e et de la garde. Au Louvre, n’a pas vu de drapeau ni d’animaux tués. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 24 février 1831, à une voix pour la croix, huit voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il signa (du nom de Delbarre), le 12 février 1831, le certificat suivant en faveur de Chevalier, Gabriel, Valère : « Nous, soussignés, voulant rendre hommage à la vérité, certifions et affirmons que le sieur Chevalier, Gabriel, Valère, demeurant rue d’Austerlitz n° 10, aux anciens Deux-Moulins, a partagé avec nous les périls auxquels nous nous sommes exposés dans les glorieuses journées de 1830 au mois de juillet ; que, dans cette circonstance, il a montré des preuves de courage, de zèle et de dévouement à la noble cause dont nous avons triomphé, tant aux combats à la Grève, au Louvre et aux autres lieux où le danger était éminent ; que partout où il a fallu combattre, il était toujours présent et même un des premiers, animant les autres par son rare exemple d’intrépidité. » Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IVe arrondissement), sise rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Le 26 juillet 1831, il adressait une lettre au roi, expliquant : « […] Il fut un des premiers sur la brèche dans les mémorables journées de Juillet. Le 27 et 28, il était à la porte Saint-Martin, au boulevard du Temple. Le 29, il était au Pont-Neuf, place des Victoires, place Vendôme, et à la prise des Tuileries, où il reçut un coup de baïonnette au pied gauche, qui l’a privé de travailler pendant six semaines, qu’il a déposé toutes ses pièces à la Commission, qui lui a toujours fait espérer une petite pension et qui a fini de lui donner la médaille, sans autre gratification que trente francs qu’il a reçus dans le moment qu’il était en pansement. S’étant présenté de nouveau, pour être habillé [son costume de garde national, N.D.A.] et réclamer les cinquante francs que la Commission accorde à tous les blessés, on lui a dit qu’il n’a aucun droit, c’est ce qui le fait recourir à vos infinies bontés, pour obtenir justice. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 27, rue Greneta (d’où vient cette source, qui ferait qu’il y aurait identité avec Delbard, Jean-Baptiste pourtant du [ancien] VIe arrondissement ?) puis 17, rue des Anglais en 1831 ; 41, rue de Grenelle-Saint-Honoré en 1831 in Archives de la préfecture de police AA 378. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des médaillés et liste des demandes de secours posées auprès de la mairie ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 24 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 24 février 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 378 in dossier Chevalier, Gabriel, Valère ; Archives de la préfecture de police AA 383.