Delétrés, Charles, Joseph
Biographie
Né le 8 décembre 1786 (bien le 8 décembre 1786 dans son acte de mariage ; mais le 10 décembre 1786 in Archives nationales F/1dIII/36 et sur la couverture de son dossier in Archives nationales F/1dIII/53) à Paris, fils de Delétrés, Pierre, Joseph, menuisier, et de Senéchal, Marie, Catherine son épouse. Colleur de papier ou peintre en bâtiments. Il fut blessé d’un coup de feu au bas-ventre. Il reçut un secours de cent quarante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il fut décoré de la croix de Juillet, auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement (sous le nom de Delestre in Archives nationales F/1dIII/39, sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel ; la Commission des récompenses nationales demanda le rectificatif de son identité). Il y prêta son serment de décoré de la croix de Juillet, le 17 juin 1831, reçut sa croix le 23 juin et son brevet le 18 août 1831 (et signa bien le registre de son nom de Delétrés). Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de six cents francs versée sur deux ans. Il reçut (sous le nom de Délétré, Charles, Joseph), à ce titre, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il fit partie, en tant qu’ami du côté paternel du conseil de famille chargé de veiller sur les intérêts de Thébert, Pauline, Joséphine, orpheline de Juillet. Il signa la lettre envoyée, le 20 mai 1832, par Matis (voir Matis, Jean, Sébastien), délégué par les réclamants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement (voir Benard de Courtigis pour la Commission des réclamants), au ministre de l’Intérieur. Cette lettre reprenait certaines des réclamations que formulèrent des combattants de Juillet sur les répartitions qui furent faites des décorations, pensions et secours après la révolution. Elle présentait aussi les signataires, à la différence de beaucoup d’autres réclamants, comme des soutiens indéfectibles au trône de Louis-Philippe. Cette lettre était ainsi rédigée (la rédaction hasardeuse est respectée, N.D.A.) : « Les combattants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement ont l’honneur de vous exposer que n’ayant point reçu de réponse à leur mémoire adressé unanimement par les membres de la Chambre des députés à M. le ministre de l’Intérieur (votre prédécesseur) (voir Benard de Courtigis sur l’envoi de la pétition de la Commission des réclamants à la Chambre des députés et son adoption à l’unanimité par celle-ci, N.D.A.), qui avait pour objet le mérite de leur réclamation appuyée par le droit qu’ils ont dans la loi sur les récompenses nationales, protestent avec le sentiment de l’indignation contre l’infâme conduite des intrigants, qui se précipitent dans toutes les révolutions où ils ne trouvent leur avenir que dans le meurtre et le pillage. Ils ne doutent pas que les ennemis de l’ordre et de la paix sont les causes immédiates du silence de l’autorité, qui s’est trouvée offensée que dans le travail qui lui a été présenté les noms de quelques-uns de ces vagabonds s’y trouvent insérés, comme ayant bravement combattu dans les trois jours. Les vrais combattants de Juillet éprouvent le besoin, monsieur le ministre, de repousser de leurs rangs ces perturbateurs et, par cette épuration, il ne sera présenté à l’autorité que les noms des combattants du (ancien) Xe arrondissement dont l’homogénéité de leurs principes et leurs opinions seront une garantie de leur dévouement pour le roi des Français. En conséquence, nous avons nommé et nommons M. Matis, rue Traverse n° 9, faubourg Saint-Germain, notre commissaire, afin de suivre devant l’autorité le mérite de nos réclamations, son attachement invariable au gouvernement et ses louables opinions étant bien connues, c’est à ces titres qu’il a toute notre confiance et qu’il mérite celle du gouvernement, que nous le prions de ne recevoir au bas de la présente que les signatures des combattants qui professent les opinions susmentionnées, comme étant à même par ses investigations pleines de jugement et de sagacité de pouvoir séparer l’ivraie du bon grain. D’après cette épuration, nous vous supplions, M. le ministre, de vouloir bien ordonner que tous les dossiers des signataires de la présente soient déposés entre les mains de M. le maire du (ancien) Xe arrondissement, où un commissaire nommé par le gouvernement appréciera tous les services que nous avons rendus qui ont été méconnus par la Commission des récompenses nationales, soit par erreur ou par omission. Ce préjudice a augmenté l’infortune des gens qui méritaient des secours viagers et l’affliction des autres de ce que la loi avait reconnu des catégories, dont on a fait un déplorable abus, les décorés de la médaille qui demandent la croix justifient par leurs dossiers qu’ils ont été plus longtemps exposés au feu de l’ennemi et blessés plus gravement dans la même affaire que ceux qui ont obtenu la croix. Nous demeurons dans la conviction la plus profonde, monsieur le ministre, que la croix de Juillet ne peut être honorable que lorsqu’elle sera portée par le roi des Français et que son éclat ne peut être durable que lorsqu’elle sera donnée par son auguste main, qui daignera recevoir nos serments de fidélité, de courage et de dévouement qui entoureront le trône impérissable. » L’apostille suivante était placée au début de la lettre : « Les combattants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement, interprètes fidèles de leurs compagnons d’armes des autres arrondissements, qui comme eux combattirent franchement pour la Charte et le principe constitutionnel, désirent ardemment que Louis-Philippe, roi des Français qu’ils ont porté de leurs vœux sur le trône national, veuille bien daigner accepter l’ordre de la croix de Juillet, qui ne peut avoir de mérite et d’éclat que sur la poitrine de l’auguste personne de Sa Majesté. » En juillet 1833, il reçut, à titre de décoré de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à l’occasion des fêtes nationales pour l’anniversaire de la révolution de Juillet. En 1834, ayant sollicité un secours, le ministère de l’Intérieur demanda au préfet de police des renseignements sur son compte. Ce dernier répondit : « Il a combattu dans les journées de Juillet et il a reçu une blessure qui l’a rendu boiteux ; sa position ne paraît point gênée ; il paie fort exactement son loyer. Aucune plainte ne m’est parvenue sur sa conduite ou sa moralité. » Le préfet de la Seine précisa lui aussi : « Décoré de Juillet. Après la prise du Louvre et des Tuileries, il revint combattre rue de Rohan et c’est là qu’il eut le corps traversé d’une balle […]. Monsieur le maire du Xe arrondissement pense que le sieur Deletrés n’a pas été traité comme il méritait car il est certain que sa blessure le fait toujours souffrir et le rend asthmatique. [Sa] femme ouvrière en couture, son fils âgé de vingt est toiseur, et lui-même est ouvrier en peinture, gagnant quatre francs par jour […]. » Un certificat délivré par la garde nationale pour appuyer sa demande de secours était ainsi rédigé : « Je, soussigné, capitaine de la 4e compagnie, certifie que M. Delétrés, porté sur les contrôles de cette compagnie, a toujours fait son service avec la plus grande exactitude et qu’il a pris les armes chaque fois que la garde nationale a été appelée à manifester, par son action, son attachement au gouvernement actuel. M. Delétrés est digne à tous égards de l’intérêt de l’autorité […]. » Signé : Coupin. Le maire du (ancien) Xe arrondissement, en légalisant la signature de Coupin, déclarait se joindre au certificat délivré en faveur de Delétrés. Le 25 juillet 1834, Lemercier (voir ce nom), colonel de la Xe légion de la garde nationale, rédigeait la lettre suivante (sans que le destinataire pût être identifié) et qui laisserait présager que Delétrés avait d’abord été compris dans une classe de blessé pensionnés avant d’être admis dans la seule 2e classe : « C’est avec une vive affliction que j’ai appris que le sieur Delétrés, décoré de Juillet, a cessé de toucher la pension de trois cents francs qui lui avait été accordée, sachant avec quel zèle ce bon citoyen fait son service de garde national dans la légion que j’ai l’honneur de commander. Sachant d’ailleurs que la blessure grave qu’il a reçue l’oblige souvent de suspendre son travail et qu’il est dans un état de fortune peu satisfaisant. Je fais des vœux bien sincères pour que la pension soit continuée au brave Delétrés. » Signé : Lemercier (voir ce nom). Sa demande fut classée sans suite. En juillet 1836, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de cinq francs, à titre de décoré non pensionné. Il avait épousé Bourlier, Anne, Marguerite, Euphrasie, née le 15 mars 1787 à Fontainebleau (Seine-et-Marne), le 20 septembre 1809 à Fontainebleau. Sur l’acte de mariage, Deletrés, Charles, Joseph (sic) est indiqué comme le fils de Deletrés, Pierre, Joseph (sic), menuisier, et de feue Senéchal, Marie, Catherine, décédée le 1 mai 1808 à Fontainebleau ; Bourlier, Anne, Marguerite, Euphrasie est indiquée comme la fille de Bourlier, Pierre, commis maçon, et de Grimpier, Marguerite, son épouse. Ils avaient un fils, Deletrés, Marie, François, Joseph, né le 1er janvier 1814 à Fontainebleau (sur son acte de naissance le nom de la mère est indiqué comme étant Bourelier, Anne, Marguerite, Euphrasie dit Dubreuil). Délétrés demeurait à Fontainebleau en 1809 ; rue de la Corne à Fontainebleau en 1814 ; 22, rue Sainte-Marguerite-Saint-Germain en 1830-1836. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 57 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la croix de Juillet, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du Xe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 85. Archives de Paris Vbis7K4 1, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 3 contrôle nominatif des citoyens décorés de la croix de Juillet du Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, 1833, (ancien) Xe arrondissement municipal, état d’émargement de la somme de vingt-cinq francs accordée à des décorés du (ancien) Xe arrondissement de Paris à l’occasion des fêtes nationales de juillet 1833, année 1836, état de répartition de la somme de trois cent dix-huit francs entre MM. les décorés de Juillet domiciliés sur le (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des blessés (2e classe) dont les bulletins individuels ont été remis le 4 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine (sous le nom de Deletrés), idem Etat des sommes payées aux blessés, veuves, ascendants et orphelins de juillet 1830, du 1er juin au 30 août 1831 ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lenaux ou Lenoux, Pierre (où son nom est sur une liste de blessés du (ancien) Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/53 ; Archives nationales F/1dIII/72 in dossier Pichon, J., P. ; Archives nationales F/1dIII/73 in dossier Raveau ; Archives nationales F/1dIII/77 in dossier Thébert, Pierre, Jean ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Viray fils ; Archives nationales F/1dIII/82 lettre en date du 20 mai 1832 envoyée par Matis et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Xe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe (sous le seul nom de Deletrey). C’est sans doute de lui dont on parle très souvent comme rapporteur de la commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. ; sauf qu’il habite 350, rue Saint-Jacques… et pourtant il est bien peintre… Dans Archives de Paris VD3 5 il y a un Delestre, propriétaire demeurant 350, rue Saint-Jacques en 1840.