Deleuil, Joseph, Louis
Biographie
Né le 17 germinal an III (8 avril 1794 dans son dossier à la Commission des récompenses nationales mais le 6 avril 1795 à Paris dans la base leonore de la Légion d’honneur) sous les nom et prénoms de Deleuil, Louis, Joseph dans son acte de naissance conservé dans le registre des actes de naissance d’Aix, fils de Deleuil, Joseph, faiseur de corps, et de Bourrelly, Thérèse, Marie, son épouse. Fabricant ou mécanicien en 1830 ; connu plus tard essentiellement comme opticien. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il fut décoré de la croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il y prêta son serment de décoré de la croix de Juillet, le 17 mai 1831, reçut sa croix le 21 juin et son brevet le 27 août 1831. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Delenil), auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Son nom est sur une liste de décorés (trois furent choisis, en plus de trois orphelins, pour chacun des quatorze arrondissements) choisis pour participer à la cérémonie funèbre à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois le 28 juillet 1840, à l’occasion de la translation des corps des victimes dans le caveau de la colonne de Juillet, place de la Bastille. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 22 novembre 1851. Il mourut le 9 août 1862. Son fils, Deleuil, Louis, Joseph, opticien et constructeur d’instruments de physique, adressa, le 10 août 1871, la lettre suivante au grand chancelier de la Légion d’honneur et relative à son père : « […] Je ne doute pas, d’après son caractère, qu’il se fût empressé de participer, dans la mesure de sa fortune, à la réédification du palais que les insurgés ont brûlé. Si cependant en son souvenir vous voulez accepter mon obole, je tiens à votre disposition la somme de cinquante francs, que vous pouvez faire toucher à mon domicile de 1 heure à 5 heures. » Il demeurait 24, rue Dauphine en 1830-1840 ; 6, rue du Pont-de-Lodi en 1852 ; son fils, 6, rue du Pont-de-Lodi en 1871. Sa notice biographique est ainsi rédigée par Wikipédia, à la date de février 2025 : « Né à Aix-en-Provence le 17 germinal an III (7 avril 1795) d’une famille originaire de Gardanne (Bouches-du-Rhône), il aurait quitté la maison paternelle à 13 ans. On le retrouve tourneur en 1814 quand avec sa classe 1815, il est mobilisé un an à l’avance, en exécution d’un décret signé par l’impératrice Marie-Louise. Il participe donc à la dernière partie de la Campagne de France, qui précède l’abdication de Napoléon Ier à Fontainebleau, le 6 avril 1814, ce qui lui permettra de recevoir la médaille de Sainte-Hélène lors de sa création en 1857, par Napoléon III. Il semble avoir été autodidacte, ce qui ne l’empêcha pas de travailler avec les savants de son temps pour lesquels il fabriqua des appareils dans la maison qu’il fonda en 1820. D’abord installé rue Mazarine, à Paris, il s’établit ensuite rue Dauphine puis rue du Pont-de-Lodi et enfin rue des Fourneaux (actuelle rue Falguière) dans une maison numérotée successivement 18, 36 et finalement 42, juste après sa mort. […] C’est à cette même époque [1830, N.D.A.], qu’il commence à fabriquer les microscopes simples de Raspail, devient démonstrateur à l’Ecole Normale et surtout balancier de la commission des monnaies, après le décès de son prédécesseur Herbault, à la veuve duquel il achète le fonds (matériel et marchandises) établi à l’hôtel des Monnaies dont la mention est faite, comme seconde adresse sur l’en-tête de son papier à lettres. En 1837, une loi est votée, interdisant l’usage, à partir de 1840, des anciennes mesures, et rendant obligatoire celui du système décimal créé par la convention en 1795. Il fabrique alors des poids et mètres y compris pour des pays étrangers comme la Nouvelle-Grenade, formée des actuels Panama et Colombie, par l’entremise du savant Boussingault, ayant également adopté le système métrique, ainsi que des balances de précision de son invention comme celle qui lui vaudra, en 1844, une médaille d’argent à l’Exposition des Produits de l’Industrie Nationale. Très vite, il s’est intéressé au daguerréotype, dont l’Etat, sur la proposition d’Arago a acheté le brevet. Pour accueillir le public désireux de se faire tirer le portrait en posant devant l’objectif pendant au moins 20 minutes, Deleuil ouvre une officine : “Au Pavillon vert, quai Conti, no 7, entre la rue Dauphine et l’Hôtel des monnaies”. Le 17 août 1843, il procède au premier essai en vraie grandeur d’éclairage public à l’électricité : une ampoule de Davy alimentée par une pile Bunsen de 98 éléments et placée “sur la plus haute maison du quai Conti” produit une lumière assez vive pour permettre la lecture sur la place du Pont-Neuf “malgré une distance de plus de 200 mètres”. Dès le 20 octobre suivant (et non en 1844 comme l’a écrit le célèbre vulgarisateur Louis Figuier), il participe avec Henri Adolphe Archereau à une seconde expérience d’éclairage public par “l’arc voltaïque”, place de la Concorde, “l’œuf électrique” étant placé sur les genoux de la statue de la ville de Lille dont le soubassement abritait une batterie de 200 éléments de Bunsen. Les diverses productions de Deleuil et les récompenses obtenues dans différentes expositions l’ont rendu célèbre et cela a sans doute facilité l’entrée en apprentissage chez Gambey, le plus illustre constructeur de l’époque, de son fils Jean Adrien. Ce dernier fera un voyage de formation dans des pays de langue allemande avant de rejoindre les ateliers de son père dont il deviendra l’associé (1852-1857) puis le successeur. En 1851, à l’occasion de la première Exposition universelle à Londres, Louis-Joseph Deleuil obtient une première médaille, ce qui lui vaut d’être admis dans l’ordre de la Légion d’honneur par celui qui en ce 26 novembre 1851, n’est encore que le président de la Seconde république. Un coup d’Etat et deux plébiscites plus tard, devenu l’Empereur Napoléon III, celui-ci charge son cousin le prince Napoléon d’organiser à Paris, en 1855 la seconde Exposition universelle, où Deleuil père et fils sont récompensés. Le baron Séguier étant membre du jury, la deuxième des balances monétaires qu’il a conçues et qu’ils ont construite, destinée à trier les pièces de monnaie, est présentée hors concours (avec la première). Depuis un certain temps déjà, Deleuil a fait des communications à l’Académie des sciences, pour laquelle il a construit une machine pneumatique et fait une démonstration de l’appareil de Thilorier permettant de produire de la neige carbonique. De plus, il déposa au Conservatoire national des arts et métiers, comme il en avait l’obligation, un exemplaire des objets présentés aux Expositions nationales. Ayant pris sa retraite en 1857, Louis-Joseph Deleuil meurt subitement le 9 août 1862 à Paris et il est inhumé au cimetière du Montparnasse, où la sépulture existe toujours, avant la publication du succès de son fils à la seconde Exposition de Londres. Son fils, Adrien, demeure sans postérité, contrairement à ses sœurs, après avoir fait de nombreux dons au Conservatoire national des arts et métiers. Il vend l’affaire, en 1889 à Velter qui conservera le nom de Deleuil en association avec le sien. De fait l’entrée du 42 rue des Fourneaux porte encore après 1893 l’enseigne DELEUIL. » Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Archives de Paris Vbis7K4 1, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, Xe arrondissement, liste supplémentaire des décorés de Juillet ; Archives de Paris Vbis7K4 3 contrôle nominatif des citoyens décorés de la croix de Juillet du Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, 1840, 10e anniversaire, exhumation des victimes de Juillet et service funèbre ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (par erreur sur une liste des médaillés du [ancien] Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Xe arrondissement et liste supplémentaire des décorés de Juillet ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/711/16.