Delorme, Henry

Biographie


Né le 25 avril an II à Mâcon (Saône-et-Loire). Enrôlé volontaire le 1er juin 1807 au 58e régiment de ligne, caporal le 1er janvier 1810, fourrier le 27 juillet 1811, sergent le 1er février 1813, sergent-major le 24 août 1814, mis à la réforme le 19 janvier 1815, rentré au service au 4e régiment d’infanterie de ligne le 26 avril 1815, licencié à l’armée de la Loire le 21 septembre 1815 ; il participa en 1812 à la retraite de Russie, en 1813 aux campagnes de Saxe et de Prusse, en 1815 à la campagne de France ; il fut fait prisonnier par les Russes près de Yorck, à l’affaire du 26 août 1813, rentré en France le 3 juin 1814. Directeur privilégié du 1er arrondissement théâtral. Il adressa, le 5 décembre 1831, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales, afin de solliciter la médaille de Juillet : « Présumant qu’il serait fait pour la province une proposition du gouvernement afin de connaître les citoyens vrais patriotes qui pouvaient espérer d’obtenir quelque récompense nationale pour leur conduite dans les événements de la grande semaine, j’attendais toujours l’ordre de ce travail pour vous faire connaître, Messieurs, les motifs sur lesquels je me proposais d’appuyer ma demande ; mais l’ordonnance du roi fixant le terme de réclamation au 10 décembre j’ai cru devoir vous adresser sans délai cette pétition. Entré au service en juin 1807, après avoir fait plusieurs campagnes en Allemagne et après avoir passé une année dans les prisons de Russie, je demandais mon congé en rentrant en France en 1814 ; rentré en service en 1815 (les Cent- Jours), je fus licencié en qualité d’adjudant avec cette armée dont on qualifia les soldats du titre de brigands de la Loire !!... Depuis cette époque et n’ayant rien à espérer du gouvernement déchu, j’ai abandonné la carrière des armes ; pour soutenir ma famille, j’embrassais celle du théâtre. Directeur maintenant du Ier arrondissement théâtral se composant des départements du Nord et du Pas-de-Calais c’est dans la ville de Valenciennes, où je me trouvais alors, que je vis revenir le drapeau du 1815 ! sous lequel j’ai marché pendant neuf ans ! ma conduite en ce moment fut celle d’un bon et chaud patriote et sans envisager les conséquences qui pouvaient en résulter je n’hésitais pas, le premier, à arborer nos brillantes couleurs ! mon exemple fut suivi par un grand nombre de bons citoyens avant que les nouvelles de la capitale ne soient venues confirmer les événements de Paris. Les renseignements que vous croiriez devoir prendre à ce sujet ne vous laisseraient, Messieurs, aucun doute car à Valenciennes on sait que le premier citoyen qui se para de notre cocarde nationale fut celui qui réclame aujourd’hui près de vous. Admirateur des événements qui venaient de se succéder avec rapidité je fus encore le premier à payer la dette de la reconnaissance enfin les victimes des trois journées !!! Sur une grande partie des théâtres de mon arrondissement, je donnais, avant tout autre directeur de province, des représentations au bénéfice des veuves et des blessés. Je vous joins ici, Messieurs, la preuve de cette assertion. Soldat citoyen, grenadier de la légion de Dunkerque, c’est moi aussi qui, le 4 décembre 1830, fis don à la garde nationale de cette ville du buste de notre bon roi. L’inauguration qui en fut faite au poste de la place devint le siège d’une fête de famille et chacun dans cette circonstance donna des nouvelles preuves de son attachement au gouvernement de Juillet. Le journal que je joins aussi à cet envoi vous attestera ce fait. Les chants patriotiques qui furent pendant plus de trois mois chantés par moi chaque soir, auxquels on répondit toujours avec l’élan du cœur ont assez fait connaitre ce que j’étais et ce que je serai si la patrie réclamait l’appui de ses enfants ! Si l’exemple que j’ai su toujours donner comme bon patriote et zélé citoyen pouvaient me mériter de votre recommandation près du roi la médaille de juillet, je serais bien fier de cette distinction, qui pourrait au moins faire connaître à ma famille dans un temps plus reculé que je fus un de ceux qui par leur conduite méritaient cette récompense nationale. Je saurai toujours me montrer digne de cette faveur par mon attachement à nos institutions, mon amour pour notre roi citoyen ainsi que pour sa noble famille. Espérant que vous daignerez accueillir etc. » Il joignait à sa demande un exemplaire du Nouveau Journal de Paris, en date du 12 août 1830, dans lequel était inséré l’article suivant : « M. Delorme, ancien militaire, directeur du 1er arrondissement théâtral, outre la représentation déjà donnée par lui le 3 de ce mois pour les veuves et les blessés dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet, se propose d’en offrir encore quatre pour le même objet. La première représentation n’a pas été aussi productive qu’il l’aurait désiré. 130 francs ont été versés par M. Delorme. » Il joignait aussi un exemplaire du Journal de Dunkerque, en date du 7 décembre 1830, dans lequel était reproduit l’article suivant : « Une cérémonie fort intéressante a eu lieu, samedi dernier vers 11 heures du matin, au poste de la place. Les gardes nationaux qui y étaient de service ont inauguré, dans le corps de garde des fusiliers, le buste du roi-citoyen Louis Philippe Ier, donné par M. Delorme, directeur de notre troupe d’opéra, à la garde nationale de Dunkerque, dont il est membre. Cette idée heureuse et toute patriotique a été une fête pour les gardes nationaux ; des couplets, improvisés par la circonstance, ont été chantés et les sentiments de patriotisme et d’union qu’ils respiraient étaient l’écho fidèle de l’esprit éminemment français qui anime toute la légion du Ier arrondissement du Nord. L’aspect de ce roi bien-aimé, dont les fils comme nous portent le fusil et veillent à la sûreté publique, ne pourra rien ajouter à l’esprit déjà si bon des gardes nationaux mais il rappellera à tous qu’armés aujourd’hui pour la défense de notre liberté notre force nationale dépend de notre union et surtout de notre bonne volonté et de notre zèle dans l’exécution du service. » Le 12 décembre 1831, la Commission nommée par le préfet du Nord, à l’effet de distribuer des récompenses honorifiques pour des faits passés pendant la révolution de Juillet dans la commune de Lille prit, à l’unanimité, la résolution suivante : « Considérant qu’une résistance généreuse a été organisée par un très grand nombre de citoyens, qu’il ne s’y est pas passé de faits tels qu’il y ait eu un danger immédiat de la vie pour aucun d’eux ni assez saillant pour justifier une exception, la Commission déclare qu’il serait impossible d’accorder des récompenses nationales à quelque citoyen, sans blesser les autre, qui ont aussi des droits à la bienveillance du gouvernement. » Ayant examiné particulièrement les droits de Delorme à une récompense honorifique, elle ne jugea pas ses droits suffisants. Il était grenadier de la garde nationale de Dunkerque en 1831. Archives nationales F/1dIII/81, dossier Nord.

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