Dely, François

Biographie


Né le 20 février 1792 à Wolmunster (Moselle) (ou à Insvillers dans la Meurthe in Archives de Paris VD6 92) (mais le 22 février 1793 in Archives nationales F/1dIII/37), ou le 22 février 1793 à Wintzvuiller (Meurthe) (mais à Einsweiler dans la Meurthe in Archives de Paris DM13 1 dans le registre quil signe), fils de Dely, Jean, Joseph, sous-brigadier des préposés à la police du commerce extérieur, et de Dubois, Anne. Ancien hussard, devenu serrurier-piqueur ou conducteur d’omnibus à l’Administration des omnibus. Il demanda à son chef d’atelier, le 28 juillet vers 14 heures, la permission de quitter son travail pour aller se battre. Peu de temps après, à la Madeleine, au coin de la rue de Suresnes, alors qu’il combattait la garde royale, il fut blessé aux jambes par une décharge de coups de fusils tirés sur les groupes qui s’étaient formés de personnes en partie armées (ou atteint de deux blessures par la même balle à la jambe gauche et à la jambe droite in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension). Il fut soigné à l’hôpital Beaujon, pour, selon le chirurgien en chef de cet hôpital, une blessure « qui a intéressé les deux jambes à la fois. Le tendon d’Achille de la jambe droite a été exfolié en grande partie, ce qui amènera une gêne très grande dans la marche lorsque la cicatrisation sera faite. Il y a déchirure des muscles, seulement sur la jambe gauche ». Père de famille, il reçut un secours de cent dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement et aussi par celle du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Le 6 avril 1831, devant le maire de Neuilly, comparurent : Jacquin, Jean-Pierre, Louis, né vers 1779, officier de la Légion d’honneur, inspecteur à l’Administration des voitures omnibus, demeurant 30, rue Saint-Dominique au Gros-Caillou. Il attesta que Dely, François « lui demanda, le 28 juillet dernier vers 2 heures après-midi, la permission de s’absenter pour aller se battre dans Paris ; que la lui ayant accordée, il apprit, dans la soirée, qu’il avait été grièvement blessé et transporté à l’hôpital Beaujon, où il fut le voir le lendemain 29 du même mois » Comparut aussi Prevost, Etienne (voir ce nom), né vers 1770, employé à l’administration des omnibus, demeurant 30, rue Saint-Dominique au Gros-Caillou. Il attesta que « le 28 juillet dernier vers 2 heures après-midi, faisant partie d’un groupe d’environ une cinquantaine de personnes, il vit tomber le nommé Dely, par suite de blessures qu’il reçut étant à se battre près de la Madeleine au coin de la rue de Surène contre l’ex-garde royale, qui fit une décharge de coups de fusils sur les groupes formés de personnes en partie armées ». Comparut aussi Rousselot, François, né vers 1783, marchand de vins, demeurant rue de Surène au coin du chemin du rempart. Il déclara que « le 28 juillet dernier, de 2 à 3 heures après-midi, voyant un attroupement de bourgeois en partie armés, qui parurent vouloir s’opposer au passage de la troupe ; que peu d’instants après, il entendit une décharge d’armes à feu que fit sur les bourgeois un détachement de la garde royale ; qu’un homme fut blessé aux deux pieds par cette mousqueterie, ce qui le renversa à la porte du comparant ; qu’étant sorti après le départ de la troupe, il ne trouva plus ce blessé, que ses camarades avait enlevé ; qu’à ce moment il apprit par des voisins que le blessé était le sieur Dely, conducteur à l’Administration des omnibus. Ajoute le déclarant qu’entendant le blessé se plaindre de ses blessures et la position malheureuse de sa femme et de sa famille, vit par une fente de son volet un officier de l’ex-garde royale, ayant les cheveux bruns, qui dit Eh bien ! il faut le finir ». Comparut aussi Lacouture, Louis, né vers 1786, charron, demeurant 2, place de la Madeleine au coin du chemin du Rempart. Il déclara « que le 28 juillet dernier vers 2 heures après-midi, il quitta le sieur Dely, conducteur aux voitures omnibus, au coin de la rue d’Anjou et de Surène-Saint-Honoré, qu’il était armé d’un fusil et lui dit qu’il allait se battre à mort ; que le sieur Dely continua la rue de Surène vers la Madeleine, et le comparant prit un autre chemin et que peu d’instant après il apprit par des personnes qui venaient de la place de la Madeleine qu’un nommé Dely, conducteur des omnibus, venait d’être blessé au coin du boulevard de la Madeleine ». Comparut enfin Deman, François (il semble signer Demas), né vers 1785, gazier, demeurant 187, rue du Faubourg-Saint-Martin. Il déclara que « le 28 juillet dernier, vers 3 à 4 heures après-midi, se rendant chez le sieur Lacouture, son beau-frère, il vit emporter un conducteur d’omnibus qui venait d’être blessé près la Madeleine, qu’ayant examiné ce blessé, il le reconnut pour l’avoir vu plusieurs fois chez le sieur Lacouture, sans en connaître le nom et avoir depuis vu cet homme, qu’il a parfaitement reconnu et qui est le sieur Dely, conducteur auxdits omnibus ». Il reçut la croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Saint-Denis et la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il était porteur de deux certificats médicaux. Le premier certificat médical, à en-tête de l’hôpital Beaujon, et ainsi rédigé : « Je, soussigné, chirurgien dudit établissement, certifie que le nommé Dely, François, âgé de trente-neuf ans, profession de piqueur des omnibus, né à Jusvillers, département de la Meurthe, demeurant à Neuilly, est entré audit hôpital le 28 juillet dernier, atteint de deux blessures produites par une balle. L’une de ces blessures occupant la partie postérieure inférieure de la jambe droite et a intéressé profondément le tendon d’Achille ; l’autre existant à la partie antérieure inférieure de la jambe gauche, le tendon du jambier antérieur était divisé et le tibia légèrement écorné. La blessure rend pour toujours la marche difficile. » Signé, le 31 décembre 1830 : Marjolin (voir ce nom). Le second certificat médical, à en-tête de la maison de convalescence de Saint-Cloud, et ainsi rédigé : « « Je, soussigné, chirurgien en chef dudit établissement, certifie que le nommé Dely, François, demeurant rue de Neuilly n° 20, est entré le 29 octobre 1830 à la maison de convalescence établie à Saint-Cloud, pour y être traité de blessures par arme à feu au bas des deux jambes. Première blessure à la jambe droite en gouttière profonde et en travers du tendon d’Achille. Seconde blessure à la jambe gauche, en gouttière profonde à la partie interne et inférieure du tibia avec atteint de l’os, cicatrisées toutes deux au moment de l’entrée mais avec œdème aux jambes et qu’il en est sorti le 30 novembre, pourvu de deux bas de peau de chien lassés. » Signé, le 30 novembre 1830 : Dupuytren. Dely fut admis dans la 3e classe des blessés et pensionné de cinq cents francs (sous le prénom de Françoise sur les listes du Moniteur universel). Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Soigné à la maison de convalescence de Saint-Cloud, il délivra le certificat suivant en faveur de Sevin, Jean-Baptiste : « Les blessés de Juillet, ne pouvant refuser leur témoignage pour un homme qui s’est montré, comme eux, digne de porter le nom français certifient que le nommé Jean-Baptiste Sevin, pendant les trois journées, n’a fait que des actions d’honneur. C’est un vrai citoyen, un ami de la liberté. Il les a ensuite servis à Saint-Cloud, avec tout le zèle qui l’anime pour les libérateurs de la France. » Il prêta son serment de décoré de Juillet, le 26 mai 1831 à la sous-préfecture de Saint-Denis. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 24 juin 1831 (il signe le registre du nom de Dély). Il avait épousé Heraud, le 2 mai 1826 à la mairie du (ancien) IIe arrondissement de Paris. Il demeurait 20, avenue de Neuilly ou 20, rue de Neuilly (2, avenue de Neuilly, mais par erreur, sur les listes de Barbier ; 20, rue Mailly ? in Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement et in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens proposés pour la médaille, liste qui est corrigée à la main ; mais 20, avenue de Neuilly in Archives de Paris VK3 25 liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet ; mais bien à Neuilly in Archives nationales F/1dIII/37) en 1830 ; 20, rue de Seine à Neuilly (mais bien 20, rue de Neuilly in Archives de Paris VD6 92, liste etc.) (20, rue de Seine in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension) en 1831. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 57 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 42 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIIe classe auxquelles il a été accordé des inscriptions de rentes de larrondissement de Saint-Denis lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 113 ; Archives de Paris DM13 1, décoration de Juillet, arrondissement de Saint-Denis, contrôle nominatif des citoyens décorés de la croix de Juillet ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la croix de Juillet de l’arrondissement de Saint-Denis ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet ; Archives de Paris VD6 92, idem liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 121 n° 2, mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 4 une liste de deux pages en date du 31 juillet 1830 et signée Laroche ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Sevin, Jean-Baptiste ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement, idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 43 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/53 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIIe arrondissement, arrondissement de Saint-Denis, blessés de la 3e classe.

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