Demat, Pierre, Joseph
Biographie
Belge, né vers 1804 à Louvain (Belgique). Dessinateur. Il s’illustra place du Châtelet, à la Grève, au Louvre, aux Tuileries, rue de Rohan et à Rambouillet. Il ne fit aucune demande devant la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la croix de Juillet. Le 10 septembre 1831, il expliquait à la Commission : « […] Arrivé dans la capitale peu de jours avant la révolution, il n’hésita pas de s’adjoindre aux braves Parisiens. […] Etranger, il n’a pu, en temps opportun, justifier sa conduite pendant les grandes journées. Une Commission de réclamations étant établie, il a réuni les attestations de quelques-uns de ses compagnons d’armes […]. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Le soussigné Joseph, René Mansart, perruquier-coiffeur, rue Geoffroy-Lasnier n° 42, certifie que M. Pierre, Joseph Demat, breveté d’invention par le roi des Pays-Bas, fils de Henry, Joseph Demat, propriétaire à Louvain (Belgique), est arrivé avec mon épouse le 22 juillet 1830 pour la première fois à Paris, venant de Bruxelles, qu’il est descendu, le même jour, à l’hôtel du Saint-Esprit, rue Geoffroy-Lasnier n° 34. Il déclare que M. Demat s’est conduit, quoique étranger, comme un vrai Français, pour la cause de notre liberté dans les trois journées mémorables de juillet. Je peux attester et prouver, si besoin est, qu’il a déposé ses armes pour nous aider à former nos barricades défensives contre la marche des cuirassiers et garde royale, qui voulaient faire jonction avec ceux de la Grève. Il déclare en outre qu’il est parti comme un furieux pour l’expédition de Rambouillet et qu’il m’a écrit une lettre de Versailles, dans laquelle il me dit que Charles X ayant évacué cette place il partait à sa poursuite. » Signé, le 3 septembre 1831 : Mansart, Joseph, René, perruquier-coiffeur, demeurant 42, rue Geoffroy-Lasnier. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, rendant hommage à la vérité, certifie que M. Demat […] a pris une part active aux glorieux événements de juillet 1830 : je l’ai vu, le 29, combattant au Louvre et animant de son exemple le courage des citoyens ; manquant de munitions sur la place du Carrousel ce brave en a réclamé de moi, avec de vives instances ; son intrépidité ne s’est pas démentie un instant, tant à l’attaque des Tuileries qu’à celle de la rue de Rohan. J’atteste aussi qu’il est à ma parfaite connaissance que M. Demas faisait partie de l’expédition de Rambouillet. Puisse mon attestation, quoique bien tardive, mériter à ce bon et brave citoyen la récompense due à son courage et à son patriotisme. » Signé, le 1er septembre 1831 : Urtin (voir Urtin, Louis, Urbain, Hannibal), décoré de la médaille du (ancien) XIIe arrondissement, demeurant 26, rue des Prêtres-Saint-Paul. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que M. Demat, ci-dessus qualifié, a pris part aux mémorables journées de Juillet ; le 28, dès le matin, je l’ai vu en armes se dirigeant sur la place de l’Hôtel de ville et cherchant à entraîner les citoyens à la défense et à la conquête de notre liberté. » Signé, le 3 septembre 1831 : David, Valentin (voir ce nom), épicier, demeurant 39, rue de la Mortellerie. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « J’atteste avoir vu M. Demat, combattant au Louvre et à la rue de Rohan. » Signé, le 9 septembre 1831 : Bony (voir Bony, Claude, Victor), décoré de la croix de Juillet, demeurant 18, rue des Sept-Voies. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que j’ai fait la connaissance de M. Demat, le 28 juillet 1830, en construisant la barricade dans la rue Saint-Antoine, au coin de la rue de Jouy et que nous avons travaillé fort tard au soir. Nous avons été ensemble à la (l’armurerie ?) pour avoir des armes. » Signé le 1er septembre 1831 : Droin ou Drouin, cordonnier-bottier, demeurant 56-58, rue Saint-Antoine et actuellement 13, rue du Faubourg-Saint-Antoine. Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme dans une position aisée. Il demeurait 16, rue de la Mortellerie en 1831. Archives de la préfecture de police AA 384.