Demonval, Augustin

Biographie


Employé au secrétariat général du ministère des Finances, division des régies et administrations financières, service du contentieux. Il adressa, le 4 décembre 1830, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales, pour relater la conduite qu’il avait tenue pendant les événements : « […] Je me trouvais, le 28 juillet à l’Hôtel de ville, comme sergent de la garde nationale licenciée ; j’ai commandé le poste qui s’en était emparé mais comme nous fûmes assaillis et contraints, après un combat assez opiniâtre, de l’abandonner, je me suis retiré sous l’arcade Saint-Jean avec mes hommes et, là, nous avons soutenu le choc des lanciers pendant une heure. La confusion qui régnait en ce moment, l’indignation et l’enthousiasme qui nous dirigeaient ne m’a pas fait songer à réclamer un certificat pour ce fait ; d’ailleurs on ne pensait pas alors à la récompense, chacun faisait son devoir et on ne s’occupait que de cela. J’ai fait d’inutiles démarches pour retrouver ceux que je commandais et qui se sont dispersés lors de l’attaque dirigée contre nous par le corps de lanciers ; j’indique donc ce fait seulement pour mémoire. Une autre circonstance, que je considère comme plus importante pour moi puisque j’ai pu la faire constater vous déterminera sans doute à accueillir ma demande ; ainsi que le prouve un certificat dont je suis porteur et qui m’a été délivré par M. Lafitte (sic), j’ai fait partie du détachement de gardes nationaux qui, le 29 juillet, se porta au-devant du 53e de ligne dans le dessein de provoquer sa reddition par la force ou par la persuasion. Nous n’avons pas eu besoin de faire usage de nos armes grâce à l’influence et aux prières de M. Lafitte (sic) qui nous commandait et qui s’avança vers le colonel pour l’engager à retirer l’ordre de faire feu sur nous, ordre qui était sur le point d’être exécuté puisque le 1er peloton de grenadiers du 53e de ligne se disposait à nous coucher en joue. Enfin, une convention provisoire fut arrêtée entre le lieutenant-colonel et M. Lafitte (sic) ; mais une grande difficulté se présentait, c’était de la faire ratifier par les députés assemblés ; pour arriver jusqu’à eux, il fallait traverser au milieu des feux de peloton que ne cessait de faire le 3e régiment de la garde placé sur les boulevards ; enfin le colonel l’exigeait, il fallait y souscrire pour prévenir l’effusion du sang. M. Lafitte (sic) me donna l’ordre de placer nos hommes en tête du régiment ; comme sergent, je commandai ce mouvement ; plusieurs des nôtres ne voulurent pas nous suivre, surtout lorsqu’ils entendirent le peuple menacer de désarmer les soldats que nous allions conduire ; je parvins cependant à réunir dix-huit hommes habillés ; nous marchâmes ainsi, flanqués d’une foule immense ; nous arrivâmes auprès des députés, que nous trouvâmes assemblés ; nos conventions furent ratifiées et nous reçûmes l’ordre de reconduire ce régiment à sa caserne afin de lui servir de sauvegarde. Le peuple, qui comprenait toute l’importance de notre démarche, nous porta presque en triomphe jusqu’à la caserne de la Pépinière ; sur notre route, on jetait des fleurs ; des applaudissements unanimes nous accueillaient ; enfin, il semblait que la victoire avait été décidée par nous. Il est vrai que la reddition du 53e régiment peut bien être comptée pour quelque chose dans les résultats de cette journée, car c’est en nous voyant passer que le 3e régiment de la garde a jugé prudent de prendre la fuite. Au surplus, je m’étayerai ici des paroles de M. Lafitte (sic), qui en me délivrant le certificat dont il s’agit me dit : “On n’a pas assez parlé de cette circonstance ; nous avons risqué beaucoup et nous avons peut-être décidé la question, en forçant par notre attitude les 53e et 5e régiments de ligne à se rendre.” La modestie de M. Lafitte (sic) ne lui a pas permis de faire ressortir dans le certificat qu’il m’a délivré l’importance de ce fait et les dangers que nous avons courus (il était à notre tête) mais comme il s’agit pour moi d’établir un titre, je suis obligé, Messieurs, de le livrer à votre discussion ; et j’invoque au besoin son témoignage. Comme sergent de la garde nationale, je suis peut-être le premier qui se soit montré en uniforme dans nos journées des 27, 28 et 29. Il serait pénible pour moi de ne pouvoir prouver que j’ai suivi la bonne route ; j’ajouterai que mes démarches, dans cette circonstance, avaient d’autant plus de prix que je risquais non seulement la vie mais encore ma place, qui est cependant mon seul moyen d’existence. Certes si les choses eussent tourné autrement, j’étais certain d’être chassé du ministère des Finances car je n’avais pas fait un mystère de ma résolution et j’avais été rencontré en uniforme. Quant à ce que j’ai risqué, il me suffira de dire que le nommé Fauve (voir Fauve, François, Marie, Victor), employé comme moi au ministère des Finances et avec lequel j’étais, a été tué à mes côtés, le hasard seul m’a servi. Dans la crainte que le certificat dont je suis porteur et auquel je tiens peut-être plus qu’à la vie ne se trouvât égaré, je me suis borné à vous en adresser une copie ; aussitôt que la Commission me fera connaître qu’elle est en mesure d’examiner ma réclamation, j’aurai l’honneur de lui adresser un original. Si vous jugez, Messieurs, que j’ai mérité la bienveillance du gouvernement, veuillez bien joindre votre puissante recommandation à celles que je me propose de faire valoir auprès de M. Lafitte (sic), ministre des Finances, pour obtenir quelque avancement. Il me semble juste que ceux qui ont servi la cause soient distingués de ceux qui sont restés inactifs ; il s’agit d’accorder quelque augmentation de traitement au mois de janvier prochain, un mot de vous, Messieurs, et je suis certain d’obtenir un avancement auquel mes anciens services et mon zèle me donnent d’ailleurs droit. Plein de confiance, etc. » Il joignait à sa demande la copie du certificat suivant : « Je déclare que, le jeudi 29 juillet 1830, M. Augustin Demonval s’est joint à mon peloton au coin de la place Vendôme et en a fait partie, d’abord pour conduire les 53e et 5e de ligne auprès des députés afin de faire ratifier les conditions que j’avais consenties et ensuite pour leur servir de sauvegarde jusqu’à leur caserne. » Signé, le 14 septembre 1830 : Laffitte, J.-B., capitaine des grenadiers, 1er bataillon de la Ire légion de la garde nationale. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. En avril 1831, il écrivait de nouveau à la Commission pour être compris dans la liste des décorés : « En décembre 1830, j’ai présenté une demande tendant à obtenir la décoration accordée à ceux qui se sont distingués dans les journées de Juillet, mais il me fut répondu, à cette époque, qu’il n’était plus possible de recevoir ma demande, attendu que les délais fixés pour l’admettre étaient expirés. Quoique je fusse convaincu qu’il ne devait pas être opposé de déchéance dans l’espèce, je n’insistai pas. Le Moniteur m’ayant appris qu’un nouveau délai était accordé, je m’empresse aujourd’hui de reproduire ma réclamation et les titres sur lesquels je l’appuie. » Archives de Paris VK3 43. Il y a sans doute identité avec Formage de Monval, né le 11 juin 1797 à Paris, nommé chevalier de la Légion dhonneur le 13 août 1861, payeur du département de lOrne et totalisant alors quarante et un ans de service. Il mourut le 15 septembre 1876 à Rouen (Seine-Maritime). Il demeurait 68, rue de Passy en 1872 ; sa veuve, à la maison de retraite de Sainte Périne à Auteuil en 1877. Bulletin des lois de lEmpire français, XIe série, deuxième semestre de 1861, partie supplémentaire n° 763, p. 573 ; base leonore de la Légion dhonneur, dossier LH/1000/28. Il y a aussi, mais les dates ne correspondent pas Inventaire après décès de Augustin Formage de Monval, ex-employé au Ministère des Finances, à Saint-Germain, 1, rue des Bûcherons, le 27 août 1834.

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