Deneuville, François, Adrien

Biographie


Né le 25 août 1793 à Aire (Pas-de-Calais). Coiffeur. Il fut l’objet de la lettre suivante, signée par un grand nombre de personnes : « Répondant à l’invitation que vous faites par votre avis du 22 septembre dernier, nous avons l’honneur de vous faire parvenir les renseignements suivants. Le sieur François, Adrien Deneuville, perruquier-coiffeur, rue de la Cossonnerie, n° 28, a été remarqué par tout son voisinage dans les journées des 28 et 29 juillet, constamment occupé à panser des blessés, sa femme ayant eu le courage d’aller dans des moments de danger en recueillir dans la rue, les aidant à marcher et leur donnant un asile dans sa boutique, les couchant sur ses matelas, qu’ils ont ensanglantés ; s’occupant ensuite à faire de la charpie et à préparer les bandes et les compresses nécessaires. Il en est un qu’il n’a pas quitté de la nuit, ce blessé qui était dans la maison et qui a succombé à son mal, ne voulant rien prendre que de lui. Un autre ne doit sa guérison qu’à ce que Deneuville lui a retiré de la plaie (c’était au pied) des parcelles de cuir qui s’y étaient introduites. S’il n’a pas été combattre, c’est à la prière de sa femme, qui lui fit envisager qu’elle ne pouvait, elle et ses trois enfants en bas âge, se passer de lui et sur l’offre d’un garçon de le remplacer, ce que ce garçon a fait les trois jours entiers, quoique blessé dès le deuxième. Cette blessure a encore été guérie par Deneuville et cela seulement au bout d’un mois. » Signé : Sirouy, professeur, demeurant 28, rue de la Cossonnerie ; Carrière, Antoine, Augustin (voir ce nom), marchand de volailles, demeurant 17, rue du Marché-aux-Poirées, qui attesta que Deneuville et son épouse étaient venus le chercher, dans les plus grands dangers, quand il avait été blessé ; Edes illisible, demeurant 25, rue de la Cossonnerie ; Pujau, Amable (voir ce nom), son garçon coiffeur qui combattit à sa place ; femme Aribala illisible, restaurateur, demeurant 29, rue de la Cossonnerie ; Commaille, N. propriétaire, « l’un des doyens électeur du (ancien) 1er arrondissement, demeurant 10, rue de la Cossonnerie ; Porteur illisible, demeurant 87, rue de la Tonnellerie ; Favin, limonadier, demeurant 33, rue de la Cossonnerie ; Renault, conducteur de diligence, demeurant 28, rue de la Cossonnerie ; Renard, demeurant 23, rue de la Cossonnerie ; Vachée, sans doute marchand de bois, demeurant 26, rue de la Cossonnerie ; Lefranc, menuisier, demeurant 27, rue de la Cossonnerie ; Laforest, L. demeurant 18, rue de la Chanvrerie ; …chimple, demeurant 21, rue de la Cossonnerie ; Stoude, demeurant 42, rue de la Cossonnerie ; Beauvais, demeurant 12, rue Saint-Denis ; Laurent, demeurant 26, rue des Piliers-d’Etain ; Denis, serrurier, demeurant 27, rue de la Cossonnerie ; Genillon illisible, demeurant illisible 10, rue de la Cossonnerie ; Bloüet, demeurant 35, rue de la Cossonnerie. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Il comparut, le 13 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement pour attester parfaitement connaître Dangers, Jean, François « et savoir également que ledit Dangers a été blessé le 28 juillet dernier en combattant pour la liberté, au bras droit par une balle qui lui a traversé les parties molles et a nécessité de larges incisions ; que par suite de cette blessure, ledit Dangers a été constitué dans l’impossibilité de reprendre son état de vidangeur et qu’il a dû chercher un autre moyen d’existence, celui de se faire admettre dans une compagnie de vétérans ». De la même manière, il comparut, le 13 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, pour attester bien connaître Dangers, Jean, François et attester « que, marié, père d’un enfant, ledit sieur Dangers, blessé grièvement dans la journée du 28 juillet dernier, n’a d’autres ressources pour soutenir son existence et celle de sa famille que le produit de sa solde comme caporal de la 2e compagnie des vétérans ». Il signa, de la même manière, un autre certificat qui attestait que la sœur de Dufourneaux était bien vivante. Il signa un certificat en faveur de son garçon coiffeur, Pujua, Amabe, pour attester que ce dernier avait commencé « à prendre les armes le 27 juillet 1830, et qu’il ne les a quittées que le 29 à 2 heures ; […] quoique ayant été blessé à la prise du Louvre, après le pansement, ne pouvant porter son fusil, il a repris son sabre et n’est rentré qu’après que la tranquillité a été rétablie ». Il signa, le 2 août 1830, le certificat suivant en faveur de De Hempel, Frédéric, Adolphe : « Nous, soussignés, habitants de Paris, certifions à qui de droit que le sieur Frédéric, Adolphe De Hempel, médecin, domicilié à Paris rue de la Cossonnerie n° 21, a soigné et soigne les blessés victimes des événements des 28 et 29 juillet, gratuitement, leur ayant fourni jusqu’aux médicaments nécessaires à leur rétablissement. » Sa médaille lui fut délivrée le 27 juin, et son brevet le 19 août 1831. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il reçut un secours de quarante francs en 1849, un secours de soixante francs en 1850, deux secours de soixante francs en 1851, chaque fois à titre de médaillé de Juillet. Sa veuve reçut un secours de cinquante francs en 1852, à titre de veuve d’un médaillé de Juillet. Il demeurait 28, rue de la Cossonnerie en 1830-1831 ; 16, rue Saint-Marcel à Gentilly en 1850-1851 ; sa veuve à la même adresse en 1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 in dossier Pujau, Amable ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/52 in dossier Dangers, Jean-François ; Archives nationales F/1dIII/52 in dossier De Hempel, Frédéric, Adolphe ; Archives nationales F/1dIII/54 in dossier Dufourneaux, Simon, Claude ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116, idem, Proposition, en date du 6 mai 1851, d’accorder à 153 décorés, médaillés, veuves, combattants et orphelins de Juillet 1830, des secours s’élevant à la somme de 8.025 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 181-184, idem Proposition, en date de 1851, d’accorder à des décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 11.390 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204 (sous le nom de Deneuville, Adrien, François), idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852 (sous le nom de veuve Deneuville).

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