Denghein, Napoléon

Biographie


Né le 13 août 1808 au Pellerin (Loire-Atlantique), fils de Denghin (sic sur l’acte de naissance), juge de paix du canton du Pellerin (né vers 1755), et de Landais, Thérèse, son épouse. Juge de paix sous l’Empire, le père fut destitué à la Restauration. Ouvrier menuisier. Il fut blessé au bras droit par une balle et resta trois mois sans pouvoir travailler pendant les combats de la place Louis XVI en juillet 1830 à Nantes (Loire-Atlantique). Par une lettre adressée au ministre de la Guerre, en date du 24 décembre 1830 (quil signe bien de son nom de Denghein, Napoléon), il sollicita une sous-lieutenance dans l’armée : « Le projet que j’ai toujours eu pour l’art militaire me fait profiter de l’occasion qui me semble favorable pour y entrer. Présent à Nantes lors des événements de juillet et voyant notre liberté prête à succomber sous le despotisme, je fus un des premiers de ceux qui s’armèrent pour la défendre. Le 30, en combattant entre les deux cours, je fus blessé au bras droit par une balle. Le gouvernement généreux qui s’empresse de récompenser les victimes des glorieuses journées et la générosité que tous les Français vous attribuent m’enhardissent à vous demander une sous-lieutenance dans l’armée, puisque cette faveur nous a été accordée. Si vous daignez prendre ma demande en considération, je me trouverais très heureux. Je suis zélé pour la patrie à laquelle j’espère et suis prêt à partir sitôt que vous l’ordonnerez. Je ne cherche point à vous faire l’éloge de ma conduite, les certificats ci-joints à ma demande vous la feront connaître. Je suis, etc. » Le préfet de la Loire-Inférieure apostilla la demande, recommandant « instamment à M. le ministre de la Guerre la demande de M. Denghein dont l’ardent patriotisme et le courage ont été manifestes à Nantes dans la journée du 30 juillet en combattant pour la cause de la liberté ». Il joignait à sa demande les deux certificats suivants. Le premier : « Les soussignés, membres de la commission d’enquête formée par M. le maire de Nantes pour signaler ceux de ses habitants qui ont des droits aux récompenses nationales pour s’être distinguée dans la journée du 30 juillet attestent, en attendant l’achèvement de leur travail, que le sieur Danghin, Napoléon (sic), âgé de vingt-deux ans, y sera mentionné de la manière la plus honorable, qu’il faisait partie de détachement qui a combattu entre les deux cours, qu’il y a reçu dans le bras droit une balle qui lui a occasionné une incapacité de travail de trois mois, que néanmoins cette blessure ne lui ôte aucune de ses capacités pour le service militaire auquel il aspire et dans lequel la commission croit qu’il a les droits et les qualités voulues pour obtenir de l’avancement. » Signé, à Nantes, le 24 décembre 1830 : Delasalle ; Cheguillaume ; Goupilleau, F., L. ; Guillemet, A., aîné ; Lamoureux ; Douinard aîné ; Favre, Ferdinand ; Lafont ; Monteix ; Bouillard aîné. Le second : « Nous, maire de la commune du Pellerin, certifions que M. Napoléon Denghin (sic), fils de feu sieur Marc, André Denghin, juge de paix de ce canton, décédé en 1816 à la suite d’une destitution injuste qui le conduisit au tombeau, s’est toujours conduit, sous le rapport de la moralité et de la probité, de manière à mériter l’estime de ses concitoyens. Sa conduite à Nantes, dans la journée du 30 juillet, où il fut blessé d’une balle au bras droit en combattant pour la conservation de nos droits dénotent suffisamment quels sont ses principes politiques sans qu’il soit nécessaire de les certifier. » Signé, le 27 décembre 1830 : Jergaud, maire du Pellerin. Sa demande fut appuyée par le lieutenant-général commandant la 12e région militaire (Nantes). Il fut décoré de la croix de Juillet, sur la proposition de la ville de Nantes par l’ordonnance du 31 juillet 1831. Il fut proposé pour recevoir une sous-lieutenance dans l’armée par la Commission des récompenses nationales de la ville de Nantes. Il était célibataire en 1830. Il demeurait 4, rue Porte-Neuve à Nantes en 1830. Ordonnance du roi qui accorde la croix et la médaille de Juillet à divers citoyens de la ville de Nantes, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le nom de Danghin, Napoléon) ; Archives nationales F/1dIII/80, Loire-Inférieure, Travail de la commission d’enquête pour les récompenses nationales à décerner aux victimes des événements de juillet 1830 et à ceux qui y ont pris part (aussi sous le nom de Danghin, Napoléon) et Etat des citoyens auxquels la décoration de Juillet a été décernée par l’ordonnance du 10 juillet 1831 (sous le nom de Danghin, Napoléon).

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