Derlot, Marie, Alexandrine
Biographie
Né le 1er janvier 1814 à l’Habit-Bois-le-Roi (Eure), fille de Derlot, Louis, journalier, et de Martin, Marie, Anne son épouse. Domestique au service de M. Montigaud, chez M. Landry, chef d’institution, 36, rue Blanche. Elle eut la mâchoire fracturée et le bout de la langue, emporté par un coup de feu, ou fut frappée d’une balle qui lui perça les deux joues et lui enleva une partie de la langue, rue de la Chaussée-d’Antin, au coin de la rue Chantereine, dans la soirée du 28 juillet. Elle fut soignée à l’hôpital Beaujon, d’où elle sortit le 16 septembre 1830 « en voie de guérison » selon un certificat de l’hôpital. Elle était porteuse du certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur médecin de la faculté de Paris, demeurant aux Batignolles-Monceau, département de la Seine, certifie que la nommée Marie, Alexandrine Derlot, domestique chez M. Montigaud, mon locataire, demeurant en susdite commune, rue Lemercier n° 19, a été blessée très gravement le 28 juillet dernier par une balle de fusil qui, en traversant d’un côté de la face à l’autre, lui a fracturé la mâchoire inférieure et emporté l’extrémité de la langue. Cette blessure a été très longue à guérir. » Signé, le 20 avril 1831 : Lemercier, médecin. Elle reçut (sous le nom de Derlotte) un secours de quatre-vingts francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Elle fut répertoriée comme blessée, par la mairie de l’ancien IIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Le maire de Bois-le-Roi délivra, en date du 11 avril 1831, le certificat suivant : « Nous, maire de Bois-le-Roi, canton de Saint-André, département de l’Eure, sur la demande du sieur Derlot, Louis, demeurant en notre commune, certifions et attestons que la nommée Marie, Alexandrine Derlot, demeurant maintenant à Paris, profession de domestique, fille mineure dudit sieur Derlot et de Marie, Anne Martin, son épouse, demeurant en notre commune, ne possède aucun bien meuble ni immeuble, et que ledit Derlot ne possède pout toute fortune qu’une petite maison d’une valeur très modique pouvant valoir quinze francs de revenu et ne peut donner aucun secours à ses enfants, ayant bien du mal à vivre lui et son épouse du fruit de son travail. Certifions en outre que ladite fille Derlot ayant demeuré en notre commune avec ses père et mère jusqu’au moment où elle a pu aller en service, s’est toujours comportée à notre connaissance en honnête fille et que nulle plainte ne nous est parvenue à son égard. » Signé, le 11 avril 1831 à Bois-le-Roi : Fontaine, maire. Admise dans la 4e classe des blessés, elle reçut une pension de cinq cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Elle demeurait 19, rue Lemercier aux Batignolles chez M. Montigaud en 1830. Rapport de M. Sensier, ancien notaire, commissaire du IIe arrondissement chargé de constater le nombre des victimes et les faits mémorables des glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Paris, imprimerie de Ambr. Firmin Didot, 24, rue Jacob, 1830, p. 26 (sous le nom de Alexandrine demoiselle) ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 57 ; Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 44 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IVe classe auxquelles il a été accordé des inscriptions de rentes de l’arrondissement de Saint-Denis lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 113 (sous le nom de Dorlotte, Alexandrine) ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 (sous le nom de Berlotte, Alexandrine) ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 (une feuille perdue dans le carton, sous le nom de Alexandrine demoiselle) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/53 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIIe arrondissement, arrondissement de Saint-Denis, blessés de la 4e classe (sous le nom de Dorlotte, Alexandrine).