Deroche, Valentin, Hubert

Biographie


(sous le nom de Desroche, Valentin, Hubert dans son acte de naissance) le 10 nivôse an XII à Longwy (Moselle), fils de Desroche, Hubert (toujours dans lacte de naissance), cabaretier et de Munié, Jeanne, son épouse. Menuisier. Il contribua, le 27 juillet, à désarmer le poste du boulevard Bonne-Nouvelle, le premier dont les Parisiens réussirent à s’emparer. Le 28, après, armé d’un fusil, s’être longtemps battu à l’arcade Saint-Jean, il reçut, place de l’Hôtel-de-Ville, une balle dans la tête, une autre dans l’estomac et une troisième qui lui coupa les deux genoux. Admis à l’Hôtel-Dieu le 29 juillet, il eut la jambe gauche amputée. Il mourut de ses blessures le 16 août suivant. « Le 28, une balle a brisé le genou gauche et déchiré la jambe droite. On a amputé la cuisse gauche le 14 août. Mort le 17 », selon le docteur Ménière. Sa famille reçut un secours de deux cent cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le 7 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIe arrondissement, comparurent : Prelot, Pierre, Fabien, marchand de meubles, demeurant 47, rue de la Tixeranderie ; Artur, Pierre, menuisier, demeurant 117, rue de la Mortellerie ; Dubois, Jean-Baptiste, menuisier, demeurant 21, rue de Malte. Ils affirmèrent avoir parfaitement connu Deroche, Valentin, Hubert et savoir « que ledit sieur Deroche, le 28 juillet dernier, armé d’un fusil, s’est dirigé vers l’Hôtel de ville pour se porter à la défense de la liberté ; qu’il a eu les deux genoux coupés d’une balle de fusil, et transporté le 29 à l’Hôtel-Dieu où l’amputation de la jambe gauche lui a été faite ; qu’il est mort des suites de cette opération le 16 août suivant ». Il laissait des parents, Deroche, Hubert (sic dans son acte de naissance), né le 2 juin 1768 à Sorbey (Meuse), et Munier, Jeanne, née le 21 novembre 1775 à Longwy, pauvres journaliers, qui reçurent un secours de francs (Remis au sieur Meunié), le 10 septembre 1830, un secours de cinquante francs, le 22 juillet 1831 (Payé à M. Meunier, rue de Malte, n° 21, est-il annoté en face de leurs noms), un secours de vingt-cinq francs, le 6 septembre 1831 (Remis au sieur Munier, est-il annoté en face de son nom), un secours de vingt-cinq francs, le 20 octobre 1831 (Sur lacquit de M. Munié, est-il noté en face de son nom), auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Ils présentèrent le certificat suivant : « Nous, maire de la ville de Longwy (Moselle), chevalier de Saint-Louis et officier de la Légion d’honneur, certifions que le sieur Hubert Deroche, âgé de soixante-trois ans, manœuvre, demeurant en cette ville et père de six enfants, ne possède pour exister que le produit de son travail et les secours qu’il recevait de son fils aîné, Valentin, décédé à Paris le 16 du courant par suite d’une blessure qu’il a reçue le 28 juillet dernier à la place de Grève. Attestons en outre que ledit sieur Deroche père est atteint d’une hernie qui le fait souffrir beaucoup et l’empêche de se livrer à un travail quelconque. » Signé, le 24 août 1830 : Duclos, maire. Ils furent pensionnés de trois cents francs et il leur fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rente perpétuelle de cinquante francs. Les parents s’étaient mariés le 22 pluviôse an II à Longwy ; sur l’acte de mariage, Deroche, Hubert (sic) est indiqué comme le fils de Deroche, Jean (sic), manœuvre à Sorbeÿ, et de Doisÿ, Barbe, son épouse ; Munier, Jeanne est indiquée comme la fille de feu Munier, Claude, perruquier à Longwy, et de Collot, Marie, son épouse. Il était le neveu de Munié ou Meunié, compagnon menuisier qui demeurait 21, rue de Malte. Il demeurait 5, rue Guérin-Boisseau ; ses parents, à Longwy en 1831. Le nom de Deroche (V.-H. Deroche) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Histoire de ce qui sest passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 324 (sous le nom de Desroches, Valentin) ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 44 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 102 ; Archives de Paris AP VD6 356 n °5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, II, état des blessés reçus dans les établissements de la 1re division des hôpitaux et hospices civils de Paris, domiciliés dans le (ancien) VIe arrondissement (sous le nom de Desroches, Valentin), idem Etat nominatif des père et mère des citoyens tués en juillet 1830 au-dessous de soixante ans, idem même référence III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (ascendants), idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, inscription des ascendants ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien VIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/53 ; Archives nationales F/1dIII/53 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 81, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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