Derouet-Boissière, Henir, Honoré, Marin

Biographie


Né à Lassay (Mayenne) (ou à Niort dans un certificat et dans l’Almanach général de médecine pour la ville de Paris), fils d’un capitaine de l’armée de Sambre-et-Meuse qui pacifia la Vendée et devint commandant de la place de la ville de Lassay. Etudiant en médecine à Paris. Absent depuis plusieurs années de Lassay, pour faire ses études à Paris, il se trouvait occasionnellement présent dans cette ville au moment des journées de Juillet. Le 6 décembre 1831, afin d’obtenir la décoration de Juillet, il fit parvenir la lettre suivante au ministre de l’Intérieur, donnant les détails suivants de sa participation : « […] Il adopta et suivit toujours les exemples d’amour pour son pays, qui sont héréditaires dans sa famille, à qui ils ont attiré des persécutions et la perte de la majeure partie de sa fortune. A la première nouvelle des combats et non de la victoire des Parisiens, il s’empressa d’arborer le drapeau tricolore dans sa ville natale. A cette époque, seul, bravant les autorités d’alors, il pouvait regarder cet acte comme un sacrifice de sa vie et de sa fortune. Depuis, et dans un pays où les opinions constitutionnelles ne sont pas sans danger, il parcourut les villages voisins, en exprimant hautement ses sentiments et arborant partout les couleurs nationales. Sous la conduite du général Rémond, il fit partie des volontaires qui accélérèrent le départ de Charles X et, ayant été spécialement chargé de surveiller le bourg de Saint-Bomer, où les carlistes se proposaient de se réunir, il déjoua leurs projets par la promptitude de sa marche et la fermeté des ses dispositions. Il appuie de certificats honorables toutes ses assertions. Il verrait avec orgueil son nom inscrit sur la liste des braves que décore le signe de l’honneur, de l’amour des lois et de la patrie. » Il accompagnait sa demande de plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, maire de la ville de Lassay département de la Mayenne, commandant de la garde nationale et officiers attachés à ce corps, certifient que M. Henri Honoré Derouet-Boissière, étudiant en médecine, domicilié à Lassay et maintenant à Paris, appartenant à une famille honorable, s’est particulièrement distingué par sa conduite régulière, son patriotisme, son amour de la liberté et son dévouement à la cause constitutionnelle qui a triomphé dans les mémorables journées de juillet dernier ; que c’est lui qui, le premier à cette époque, a arboré le drapeau tricolore à Lassay et que, suivant invariablement cette ligne il a fait partie de la garde nationale dès le commencement de son organisation ; qu’il s’est réuni aux volontaires du département de l’Orne, commandés par M. le général Raymond afin de concourir à effectuer le départ de Charles X ; enfin, qu’ayant eu pour père un brave officier au bataillon de la Mayenne, capitaine à l’armée de Sambre-et-Meuse, et ayant servi à l’armée qui pacifia la Vendée, nommé par ses talents et son courage commandant de la place de Lassay, M. Boissière, ci-dessus nommé, n’a point dégénéré des vertus d’un tel père ; en tout, il s’est montré digne de sa famille patriote et nous nous plaisons à reconnaître son courageux dévouement aux intérêts du pays et à lui exprimer notre estime. En foi de quoi nous avons délivré le présent pour valoir ce que le droit. A Lassay, le 18 novembre 1830. » Signé : Griffaton, maire ; Bottu, premier adjoint ; Margerie, deuxième adjoint ; Fortin, commandant de la garde nationale de Lassay ; Durand, capitaine ; Goyer, lieutenant ; Romé, capitaine ; Bignon, notaire et lieutenant des chasseurs ; Trumeau, sous-lieutenant des grenadiers. Le deuxième : « Nous, soussignés, attestons qu’à l’époque où Charles X voulait, par un séjour astucieusement prolongé dans nos provinces, épuiser les dernières chances de rétablissement de son trône, le sieur Henry Derouet-Boissière, chirurgien militaire, né à Niort, département de la Mayenne, fit partie des volontaires qui accélérèrent le départ de l’ex-roi et de sa famille. Entré dans les rangs des volontaires de Cauterne, sous les ordres du général Raimond, le détachement reçut la destination spéciale de surveiller le bourg de Saint-Bomer, où devaient se réunir les carlistes et les chouans. M. Derouet, le premier, encouragea ceux qu’une pluie continuelle et une marche nocturne firent un instant hésiter. Arrivé à Saint-Bomer à 1 heure du matin, M. Derouet demanda instamment et obtint de monter la première garde. Nous devons en outre à la vérité de témoigner que nous pensions tous que M. Derouet aurait fait éclater dans une occasion décisive qu’il cherchait avidement le courage et le patriotisme. » Signé, à Cauterne le 13 juin 1831 : Le Coq jeune, commandant le détachement ; Genny, Victor, sergent. Le troisième : « En rendant justice aux bonnes intentions et aux opinions constitutionnelles du sieur Derouet-Boissière, le sous-préfet de Mayenne regrette de ne pouvoir rendre témoignage de ses services de garde national sous les ordres du général Remond, ces services ayant eu lieu hors sa connaissance et hors le département de la Mayenne. » Signé, à Mayenne, le 20 décembre 1831 : Lefaucheux, sous-préfet. Le 5 janvier 1832, le conseil de la Mayenne, réuni à Laval pour juger de l’attribution des décorations de Juillet, ne jugea pas les titres de Derouet-Boissière suffisants pour mériter la croix de Juillet, les actes inspirés par son patriotisme n’ayant rencontré aucune résistance et ne lui ayant fait courir aucun risque ; les termes de l’ordonnance imposaient en effet que ne soient présentés pour la décoration spéciale « que les citoyens qui ont couru risque de la vie, soit en combattant soit en prenant une part active aux actes de résistance ». La Commission ajoutait : « La Commission a été unanimement d’avis que le péril de la vie n’avait pas existé dans le fait de la plantation du drapeau tricolore, cette plantation n’entraînait qu’une peine correctionnelles, aux termes de la loi du 7 novembre 1815. […] Elle été également d’avis qu’il n’y avait pas eu péril de la vie dans le fait de la réunion du sieur Derouet-Boissière au corps de volontaires en question puisque personne ne s’est opposé au départ de Charles X et qu’aucune tentative n’a eu lieu pour s’assurer de sa personne et empêcher son embarquement à Cherbourg. » En 1831, on a un nouveau témoignage de sa tentative de faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales : « Longtemps avant les mémorables journées de Juillet, il se livra constamment à la plus vive et à la plus franche opposition à tous les actes arbitraires qui signalaient le gouvernement de l’ex-roi. Aussi, malgré les longues études et les nombreux sacrifices auxquels il s’était voué, il n’obtint pendant quatre ans que des refus dans ses demandes d’admission de chirurgien élève. S’il n’eut pas le bonheur de pourvoir aider à faire triompher les principes constitutionnels en se joignant aux défenseurs de Paris au moins il n’hésita pas un instant à les proclamer lors même qu’un pareil acte de dévouement pouvait passer pour un sacrifice de sa fortune et même de sa vie. Dès le 2 août […], il s’empressa d’arborer le drapeau national dans le chef-lieu du canton où il est né et poursuivant, malgré les dangers auxquels l’exposait l’esprit bien connu du pays, la marche qu’il venait d’entreprendre, il parcourut les communes voisines avec les mêmes sentiments et en répétant les mêmes actes de dévouement et de patriotisme. […] Il se porta avec les volontaires du général Rémond, qui accélérèrent par la rapidité de leur marche et la fermeté de leur contenance la fuite et l’embarquement de l’ex-roi et de sa famille […]. » Il joignait deux certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, maire de la ville de Lassay, département de la Mayenne, commandant de la garde nationale, et officiers attachés à illisible, certifions que M. Henry, Honoré Derouet Boissière, étudiant en médecine, domicilié à Lassay et demeurant à Paris, appartient à une famille honorable et s’est particulièrement distingué par sa conduite régulière, son patriotisme, son amour de la liberté et son dévouement à cause constitutionnelle, qui a triomphé dans les mémorables journées de juillet dernier ; que c’est lui qui, le premier, à cette époque, a arboré le drapeau tricolore à Lassay et que, suivant invariablement cette ligne, il a fait partie de la garde nationale dès le commencement de son organisation ; qu’il s’est réuni aux volontaires du département de l’Orne, commandés par le général Rémond, afin de concourir à effectuer le départ de Charles X. Enfin, qu’ayant pour père un brave officier du bataillon de la Mayenne, capitaine à l’armée de Sambre-et-Meuse, ayant servi à l’armée qui pacifia la Vendée, nommé par ses talents et son courage commandant de la place de la ville de Lassay, M. Boissière ci-dessus nommé n’a point dégénéré des vertus d’un tel père. En tout, il s’est montré digne de sa famille et nous nous plaisons à reconnaître son courageux dévouement aux intérêts du pays et à lui exprimer notre estime. » Signé, à Lassay, le 8 novembre 1830 : Griffaton, maire ; Margerie, adjoint ; Fortin, commandant de la garde nationale de Lassay ; Durand, capitaine ; Goyet, lieutenant ; Bignon, notaire, lieutenant de chasseurs ; Ronné, capitaine ; Trumeau, sous-lieutenant ; Bottu, juge de paix. Le second certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, attestons qu’à l’époque où Charles X voulut par un séjour astucieusement prolongé dans nos provinces épuiser les dernières chances de rétablissement de son trône, le sieur Henri Derouet Boissière, chirurgien militaire, né à Niort, département de la Mayenne, fit partie des volontaires qui accélérèrent le départ de l’ex-roi et de sa famille ; entré dans les rangs des volontaires de Pontern illisible, sous les ordres du général Rémond, le détachement reçut la destination spéciale de surveiller le bourg de Saint-Beaumer où devaient se réunir les carlistes et les chouans. M. Derouet, le premier, encouragea ceux qu’une pluie continuelle et une marche nocturne firent un moment hésiter ; arrivés à Saint-Beaumer à 1 heure du matin, M. Derouet demanda et obtint à force d’instances de monter la première garde. Nous devons à la vérité de témoigner que nous pensions tous que M. Derouet aurait fait éclater dans une occasion décisive, qu’il cherchait avidement, son courage et son patriotisme. » Signé, le 14 juin 1831 : Lecocq jeune, commandant le détachement ; Gemy, Victor (ou Genny, Victor), sergent. On trouve aussi dans son dossier le certificat suivant : « Je, soussigné, chargé par le ministre de la Guerre de diriger les forces nationales chargées d’observer la marche du convoi de l’ex-roi Charles X sur Cherbourg, certifie que M. Derouet-Boissière, chirurgien élève à Metz, momentanément en congé dans ses foyers s’est signalé parmi les gardes nationaux que j’ai dirigées dans l’arrondissement de Domfront par un zèle ardent et un grand dévouement au nouveau gouvernement. Vire (Calvados), le 13 août 1830 : général Remond. » Il lui fut répondu par la circulaire faisant valoir que les travaux de la Commission des récompenses nationales étaient terminés et qu’en conséquence, il ne pouvait pas être donné suite à sa demande. Il fut reçu docteur en médecine en 1839, avec une thèse sur les essences et saveurs gustatives. Il demeurait 185, rue Saint-Jacques en 1831 ; 33, rue Saint-Hyacinthe en 1831-1832, hôtel d’Anvers ; 3, place de l’Ecole en 1845. Archives nationales F/1dIII/53 ; Archives nationales F/1dIII/80, Mayenne ; Archives nationales F/1dIII/81, dossier Orne ; Almanach général de médecine pour la ville de Paris, 1845, Paris chez De Fortin Masson et cie.

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