Desbordes, Pierre, François

Biographie


Né le 24 mars 1799 à Avise (Marne). Commissionnaire de vins. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il fut témoin (sous la profession de tonnelier) au cours du procès intenté en diffamation par Perier (voir ce nom), ministre de l’Intérieur, et Vivien (voir Vivien, Alexandre, François), préfet de police, contre les journaux la Tribune et le National qui accusaient la police d’avoir embrigadé des ouvriers pour attaquer les manifestants le 14 juillet 1831. Le National avait publié, le 15 juillet 1831, sur les désordres de la veille et au cours desquels des ouvriers avaient été embrigadés et payés pour assommer les manifestants, un article ainsi conçu : « Jusqu’ici du moins le ministère avait assez compté sur la force armée et la garde nationale pour ne s’appuyer que sur elle ; mais il a senti qu’il lui fallait une milice plus digne de lui. Toute la journée on a embrigadé dans le faubourg Saint-Antoine, au vu et au su de tout le monde, de soi-disant ouvriers sans travail ; on leur promettait trois francs par tête pour assommer les jeunes gens qui se désignaient eux-mêmes aux coups en portant la cocarde au chapeau et des rubans de juillet à la boutonnière. On ne manquera pas de dire demain dans le Moniteur que c’étaient de simples et bons ouvriers, cédant là leur seule indignation et au bon sens ; mais ce que nous avançons ici, nous le prouverons devant le tribunal, si l’on ose nous attaquer, et nous en portons le défi. Les 1.500.000 francs de la police ont servi aujourd’hui à payer les assommeurs, quand il y avait dix mille hommes sous les armes et que les environs de Paris étaient garnis de troupe. » Desbordes fit la déposition suivante : « J’étais à Bercy le 14 juillet ; on vint me dire que l’on embrigadait des ouvriers chez le sieur Souchet ; j’y allai par curiosité. Plusieurs individus me dirent qu’on leur promettait trois francs, mais qu’on ne leur donnait pas. » A l’issue du procès et après de multiples témoignages qui confirmèrent l’article, les deux accusés furent acquittés. Il demeurait 209, rue Saint-Antoine en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 471 n° 5, liste des décorés de Juillet auprès du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIIe arrondissement ; Cour dassises de la Seine, procès du National et de la Tribune, embrigadement de faux ouvriers le 14 juillet ; préventions de diffamation envers MM. Casimir Perier et Vivien, Grenoble, imprimerie de Barnel, décembre 1831 ; La Gazette des tribunaux, 30 novembre 1831, 1er et 2 décembre 1831.

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