Deschamps, Pierre, jeune
Biographie
Né le 24 février 1808 à Gorre (Haute-Vienne). Négociant. En 1848, il était ancien marchand de soieries et traiteur et déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et dans lequel il fait état de sa participation à la révolution de Juillet. Il expliquait ainsi : « […] J’ai, avec le citoyen Chabanne (voir peut-être Chabanne, Louis, Mathieu ? mais plus vraisemblablement le marquis de Chabannes, fondateur du Régénérateur dont les locaux étaient au Palais-Royal), confectionné le premier drapeau tricolore qui fut donné aux combattants promenant les rues la première victime de 1830, tuée sur la place du Palais-National [lire Palais-Royal, N.D.A.] ; plus, je me suis battu dans les trois journées de Juillet et notamment le 29 à la prise de la caserne de Babylone, le citoyen Armand Marrast (voir ce nom) à notre tête (Armand Marrast ne semble pas pourtant avoir combattu à la caserne de Babylone…). Pendant le jugement des ministres de Charles X, je fus arrêté avec le citoyen Beaudet, ayant un poignard caché sous ma redingote et conduit au Luxembourg, d’où je fus relâché après une prévention de quatorze heures. Enfin, citoyens, j’ai abandonné ma compagnie 3e du 3e bataillon, IIIe légion pour aller avec mes frères sur la place du Palais-Royal, combattre les instruments du despotisme et où j’eus assez de bonheur pour contribuer puissamment à sauver un soldat du 14e, qui, pour éviter une mort certaine qui l’attendait dans les flammes, avait fui le poste du Château-d’eau […]. » Deschamps sollicitait un emploi et la décoration qui devait être instituée pour perpétuer le souvenir de la révolution. Il joignait à sa demande plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Adolphe Fardoin, déclare avoir vu le citoyen Deschamps jeune sur la place du Palais-Royal, le 24 février 1848, aidant à combattre les sbires du despotisme. » Signé, le 8 juin 1848 : Fardouin, A., demeurant 28, rue de la ...erie (il écrit bien Fardoin et signe Fardouin...). Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare et certifie que le nommé Deschamps jeune a combattu le 24 février 1848 place du Palais-Royal pour la conquête de la liberté. En outre, j’atteste de ce qu’il a gardé chez lui comme employé le citoyen Napoléon Bazin, quoique et parce qu’il était sous la surveillance de la haute police comme détenu politique. » Signé, le 9 juin 1848 : Minot, François, demeurant 16, rue des Vosges ; suivait l’apostille de Jollet, demeurant 12, rue du Potier-d’Etain, qui attestait aussi que Deschamps avait employé Bazin durant trois ans. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie d’avoir resté pendant trois ans en qualité de garçon de cuisine chez M. Deschamps, restaurateur, Palais-National, galerie de la Rotonde n° 99. M. Deschamps savait que j’étais sous la surveillance de la haute police. M. Deschamps n’employait chez lui que des hommes qui avaient des opinions républicaines. Il s’est battu, le 24 février. En un mot, il a toujours fait son devoir de bon citoyen. » Signé : Bazin, Napoléon, ancien détenu politique, demeurant 11, rue Pavée-Saint-André-des-Arts. Deschamps faisait aussi état d’une pétition (absente de son dossier) signée par Napoléon Bazin, par Lefèvre détenu politique et par Miry, commandant, demeurant 138, rue Saint-Denis. Deschamps fut recommandé par la Commission pour une mention honorable à paraître dans le journal du Moniteur. Il était célibataire en 1848. Il demeurait 44, rue de Richelieu en 1848. Archives de la préfecture de police AA 384.