Desertine, Maurice

Biographie


Né le 29 avril 1797 à Metz (Moselle). Ex-lancier de la garde royale. On trouve dans la chronique de l’époque la narration suivante où son nom était cité : « Desertine, lancier de la garde et ex-sous-officier au premier régiment de hussards Berchini, blessé rue Saint-Paul, près la rue Royale, se retira à la caserne des Célestins, qui se trouvait sous le commandement de M. de Bouillie, capitaine de cuirassiers, qui ordonna de faire feu sur le peuple ; aucun soldat n’obéit. Aussitôt Desertine s’élance malgré les balles du peuple, ouvre les portes de la caserne, et se met ensuite à la tête du peuple pour aller faire déposer les armes aux cuirassiers. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Dans sa séance du 12 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, demandait l’ajournement de toute décision à son égard, comme s’étant présenté devant plusieurs jurys d’arrondissement. sa séance du 14 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, notait qu’il avait obtenu la médaille auprès du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Dans une lettre adressée par la Commission des réclamations de Juillet, présidée par Benard de Courtigis (voir ce nom) et établie 10, rue Neuve-Bourg-Labbé, au ministre de l’Intérieur et président du Conseil, son cas était cité en exemple comme quelqu’un dont les droits avaient été méconnus, précisant ainsi sa participation aux combats et les preuves qui avaient été fournies : « Les certificats que M. Desertine produit, constatent qu’il a vaillamment combattu dans les trois journées ; ils sont revêtus des apostilles suivantes : “Le sieur Desertine s’est conduit avec autant de zèle que de courage pendant les journées de Juillet.” Signé : le général Dubourg. “Le pétitionnaire est recommandé par plusieurs personnes honorables, qui attestent qu’il s’est conduit dans l’insurrection avec un zèle et une bravoure qui le rendent digne des bontés de Sa Majesté. Je me permets de le recommander particulièrement.” Signé : le maréchal de camp, Fabvier. “Je, soussigné, certifie que j’ai vu le nommé Desertine au moment de la prise de l’Hôtel de ville servir avec beaucoup de zèle.” Signé : de Las Cases, député du Finistère. “Je, soussigné, certifie que j’ai vu le nommé Desertine, Maurice, adjudant sous-officier au corps municipal en allant porter des missions importantes de la part du général Lafayette à Saint-Cloud ; dans la journée du 30 a failli être victime de son zèle.” Signé à Paris le 1er octobre : Delannoy, membre de la Commission des récompenses nationales, élève de l’Ecole polytechnique. Suivent plusieurs autres apostilles aussi honorables du colonel Zimmer, du général Dubourg, et de M. David, propriétaire rue Mauconseil n° 31. Lettre de M. Chevalier, membre de la Commission des récompenses nationales, ainsi conçue : “C’est avec un grand plaisir que je rends justice à votre honorable conduite dans les événements de Juillet. Les faits que nous avons annoncés au jury et les certificats dont vous êtes muni vous ont fait porter pour la croix spéciale ; mais vous étiez passé dans un autre arrondissement, où vous aviez été porté pour la médaille. Le grand jury a donc décidé que vos faits n’étaient point assez marquants pour obtenir plus que la médaille. Croyez néanmoins, Monsieur, que la Commission est persuadée que vous avez combattu honorablement et vous trouverez toujours près d’elle l’appui qu’elle accorde à tous les hommes de Juillet.” Signé à Paris le 21 août 1831 : Chevalier. Une apostille de la Commission des récompenses nationales, en marge de la lettre de la Commission des réclamations, faisait l’observation suivante : « Aucune trace. » Il signa, le 5 septembre 1830, comme adjudant dans la garde municipale, le certificat suivant en faveur de Maisonet, Hubert : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Maisonet, Hubert, lieutenant de pompiers de la commune de Fayl-Billot (Haute-Marne), a été constamment en armes pendant les trois glorieuses journées de Juillet, pour la défense de la liberté et le maintien de l’ordre public, notamment que le 27 il a combattu sur la place du Palais-Royal, armé d’un fusil, contre les gendarmes tant à pied qu’à cheval ; le 28 à la Grève et au Louvre (!!!), où il est entré un des premiers avec un nommé Bourgeois ; le 29 à la place du Carrousel, où il s’est constamment battu avec courage et intrépidité dans les postes les plus périlleux. » Il signa, le 10 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Morizé, François, David, que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions avoir vu J.-F. Mousset, commis marchand à Paris, faire partie de la colonne de la garde nationale commandée par le capitaine Poirer du quartier des Bourdonnais, qu’il s’y est battu le 28 et 29 juillet et qu’il est allé lui-même le 28 chercher et rassembler tous ses amis pour se joindre à cette colonne. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Desertines), auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1831, il était adjudant dans la garde municipale, caserné aux Minimes. On trouve in Archives de Paris VK3 43, une note de la mairie du (ancien) IIe arrondissement à l’adresse de la Commission des récompenses nationales, ainsi rédigée : « Desartines (sic), ex-lancier. Son cheval s’est abattu en chargeant sur le peuple et pour ne pas être tué, il a crié Vive la charte ! Il a été fait adjudant de cavalerie de la garde municipale à cheval et a dû être porté pour la croix spéciale. C’est un homme habitué aux dénonciations, capable de tirer sur le peuple pour de l’argent. » Une note de la Commission tempéra ainsi : « Il n’a obtenu que la médaille. » Le 14 novembre 1832, il fut fait une perquisition à son domicile, perquisition infructueuse ; il était alors désigné comme ex-adjudant de la garde municipale. Le 4 juillet 1840, il fut arrêté de nouveau, sans que le motif nous soit connu. Desertine demeurait 3, rue Joubert en 1831 ; 57, rue de Provence, un appartement de trois pièces au 5e étage en 1832 ; 9 bd Montmartre en 1840. Le Temps, 3 août 1830 ; Histoire de la mémorable semaine de juillet 1830, avec les principaux traits de courage, de patriotisme et dhumanité qui ont brillé au milieu de ces grands événements, et un appendice de ce qui sest passé jusquà la proclamation de Louis-Philippe Ier, par Ch. Laumier, seconde édition, Paris, Blanchard, 1830, p. 157 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 104 (sous le nom de Desertuis) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la croix de Juillet du (ancien) VIIIe arrondissement (où il est inscrit parce que ces listes n’étaient que préparatoires et n’avaient pas encore pris en compte la décision du comité des renseignements) ; Archives de Paris VK3 29, séance du 12 avril 1831, séance du 14 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 43 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/64 in dossier Maisonet, Hubert ; Archives nationales F/1dIII/82 Commission des réclamations de Juillet, extrait de quelques dossiers pris sur le travail général de la Commission des réclamations ; Archives de la préfecture de police AA 404 in dossier Morizé, François, David ; Archives de la préfecture de police AA 421, 1831-1833 (aussi sous le nom de Desartine, Nicolas, Maurice).

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