Desfemmes ou Defame, Sylvain
Biographie
Né (sous le nom de Desfemmes, Sylvain dans son acte de mariage) le 19 fructidor an V (soit le 5 septembre 1797 dans son acte de mariage ; parfois le 2 septembre 1798 ou le 2 septembre 1797 in Archives nationales F/1dIII/41 ou 5 septembre 1797 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39) à Chavanat (Creuse), fils de Desfemmes, Antoine, cultivateur, et de Mourneau, Anne. Ancien militaire, ayant servi six années au 9e régiment de hussards, devenu maçon. Il fut atteint, le 29 juillet, d’une balle reçue à la jambe gauche, sous les colonnes du Théâtre-Français. Marié, père de trois enfants en bas âge, il reçut (sous le nom de Défemme) un secours de cent trente francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Il reçut (sous le nom de Desfames) un total de cent francs de secours auprès de la sous-préfecture de Sceaux. Il sollicita une place de gardien dans un des jardins royaux ou sur le canal de la Bièvre. Il reçut la médaille de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 2 avril 1831, la conclusion suivante : « S’est plaint d’avoir reçu, dans les journées de Juillet, une blessure par arme à feu, causée par le ricochet d’une balle qui a frappé la partie moyenne et antérieure de la jambe gauche et qui aurait produit un exostose sur toute la longueur du tibia, la cause de la blessure n’étant pas constatée et l’exostose paraissant dépendre d’une autre cause. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné d’empêchement que pendant la durée du traitement et qu’il doit être rangé dans la première classe des blessés. » Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il fut désigné pour recevoir, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, indemnité qu’il ne toucha sans doute pas puisqu’il apparaît dans la liste des personnes pour lesquelles cette indemnité restait à réclamer. En 1837, garçon maçon et sa femme dévideuse de laine, il sollicita des secours. Les renseignements de police précisèrent à leur sujet : « Ils vivent en travaillant et ne paraissent pas malheureux. Ils ont beaucoup d’ordre et jouissent d’une bonne réputation. » Il reçut un secours de quarante francs en 1838, de vingt francs en 1839 et de vingt-cinq francs en 1840. En 1841, il était père de deux enfants et gagnait trois francs par jour ; les mêmes sources rapportaient : « L’état de cette famille est fort précaire. Elle jouit d’une bonne réputation et paraît digne des bienfaits du gouvernement. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1841, de soixante-cinq francs en 1842, de vingt-cinq francs en 1843, de quarante francs en 1844, de vingt-cinq francs en 1845 et en 1846, et de soixante-cinq francs en 1847. Il reçut une allocation de quarante francs entre 1849 et 1853, à titre de médaillé de Juillet. Il mourut du choléra le 31 mai 1849. Il laissait une veuve : Ninÿ ou Nïny, Marie, Sophie, née le 29 thermidor an IX (17 août 1801) à Versailles, blanchisseuse, qu’il avait épousée à Gentilly (Seine), le 31 juillet 1824 ; sur l’acte de mariage, Desfemmes, Sylvain est indiqué comme le fils de Desfemmes, Antoine, cultivateur, et de feue Mourneau, Anne ; Miny, Marie, Sophie est indiquée comme la fille de Miny, François et de Pessel, Catherine, son épouse, tous deux de domiciliés inconnu, et comme étant blanchisseuse, l’autorisation du mariage ayant été donnée par l’administrateur des hospices civils de Paris, tuteur des mineurs et orphelins dépendant de cet établissement. Ce mariage légitimait leur enfant, Pierre, déjà né le 14 juillet 1824. Elle reçut un secours de quarante francs en 1849. La police, en 1850, donna sur son compte les renseignements suivants : « Elle est dévideuse de coton, ce qui lui rapporte fort peu ; par suite de douleurs aux jambes, elle n’a pu continuer son ancien état de blanchisseuse. Elle doit beaucoup à son propriétaire, qui la conserve toujours, en raison de sa probité et de sa bonne conduite. » Elle reçut un secours de cinquante francs en 1850, de quarante francs chaque année entre 1851 et 1861, de trente francs chaque année entre 1862 et 1871. Il demeurait barrière de Fontainebleau au moulin des prés à Gentilly en 1830-1831 ; 296, rue Mouffetard en 1837-1838 ; 6, rue de la Bûcherie, un logement au loyer de deux cents francs par an, en 1841 ; 11, rue Descartes de 1841 à 1850 ; sa veuve, 11, rue Descartes en 1850-1852 ; 29, rue Maillet ou Mayer dans le faubourg Saint-Germain, où elle fut concierge aux appointements de cent francs par an de 1853 à 1871, plus quinze francs par mois qu’elle gagnait comme nourrice. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 59 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe de l’arrondissement de Sceaux auxquels il a été alloué des indemnités définitives, p. 92 (sous le nom de Desfemmes, Sylvain), liste nominative de l’arrondissement de Sceaux des personnes au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 119, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris VK3 43 (deux dossiers à son nom, le deuxième au nom de Desfemmes, Sylvain) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (197) citoyens dont les blessures ont entraîné un empêchement de travail que pendant la durée du traitement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Sceaux (sous le nom de Desfemmes, Sylvain) ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/53 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux, blessés de la 1re classe (sous le nom de Desfemmes, Sylvain) et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux, blessés de 1re classe (sous le nom de Desfemmes, Sylvain) ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853 (sous le nom de Defame, Sylvain), idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104 (sous le nom de Desfemmes, Sylvain), idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116 (sous le nom de veuve Desfemmes, Silvain), idem, Proposition, en date du 6 mai 1851, d’accorder à 153 décorés, médaillés, veuves, combattants et orphelins de Juillet 1830, des secours s’élevant à la somme de 8.025 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 181-184 (sous le nom de veuve Desfemme), idem Proposition d’accorder à 128 décorés, médaillés, veuves, ascendants, orphelins et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant à 6.895 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, en date du 19 avril 1852, minutes 217-220 (sous le nom de veuve Desfemmes).