Desgranges, François, Eléonor
Biographie
Né le 17 mai 1779 (dans la base leonore de la Légion d’honneur qui reproduit son acte de baptême) (parfois mais par erreur le 16 mai 1779) à Sceaux (Hauts-de-Seine), fils de Desgranges, François, notaire, et de Le Remoys, Denise, Rose, son épouse. Propriétaire et colonel de la IIIe légion de la garde nationale de banlieue. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. En date du 14 décembre 1830, le préfet de la Seine adressait au ministre de l’Intérieur la recommandation suivante afin de faire obtenir à Desgranges la décoration de la Légion d’honneur : « M. de Châteaugiron (voir Château Giron de, René, Charles, Hyppolyte), commissaire délégué, qui, lors des événements de juillet dernier, a rempli les fonctions de sous-préfet de l’arrondissement de Sceaux, m’a prié de vous faire connaître combien il a été puissamment secondé pour le maintien de la tranquillité dans cet arrondissement et dans toutes les mesures de surveillance et d’administration par M. Desgranges, commandant de la garde nationale de Sceaux, pour lequel il désire qu’une demande d’admission dans l’ordre de la Légion d’honneur vous soit adressée. » Il fit parvenir, le 14 janvier 1831, la lettre suivante à Payen, capitaine de la garde nationale de la commune de Grenelle : « Mon cher capitaine, J’ai causé, hier, avec mon collègue Benoist, de Saint-Denis, qui m’a fait part de la mesure adoptée par Truelle, membre de la Commission, pour arriver à la rédaction de la liste des récompenses. Il paraît qu’il a créé un jury de vingt membres devant lesquels tous les prétendants sont admis à faire valoir leurs droits. Il paraît aussi qu’il y a récompense en argent pour les nécessiteux, récompense par une médaille pour la seconde classe et une autre décoration pour tous ceux qui, sans avoir fait le coup de fusil, ont pris une part active au mouvement. Si vous pensez que je puisse être classé dans cette dernière catégorie, je vous serai très obligé de penser à moi et de me dire le jour où je pourrai me présenter ou écrire au jury. Vous savez mieux que qui que ce soit si je puis figurer dans les rangs de ceux qui ont attaqué le dernier gouvernement. Je pense que vous ferez bien d’adopter la même marche que Truelle, afin que les deux arrondissements soient uniformes. J’ai quelques gardes nationaux du 1er bataillon (Gentilly, Arcueil) qui désirent aussi faire quelque demande. Veuillez me faire savoir s’il est encore temps. Mille amitiés. P.S. : La sédition de votre compagnie est-elle calmée ? le service se fait-il bien ? Pouvez-vous me signaler les provocateurs ? » Il apostilla, le 27 octobre 1830, le certificat suivant en faveur de Voillard, Gérôme, Pierre, qui désirait entrer dans la garde municipale à cheval : « Nous avons l’honneur de vous présenter le nommé Voilard (sic), garde national de la 7e compagnie du 4e bataillon de la IIIe légion que nous commandons, âgé de trente ans, taille de 5 pieds, 5 pouces et 2 lignes. Ce jeune homme, qui n’a cessé de combattre pendant les trois mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet, s’est trouvé successivement sous le feu des troupes de la garde royale, soit à l’Hôtel de ville, au Louvre, au Palais-Royal, aux Tuileries et à Sèvres. Il est revenu blessé, après avoir démonté un garde du corps, nommé Charvat et un autre artilleur, dont il a pris le colback et les armes, après avoir été absent trois jours de la commune, il est rentré pour se réunir paisiblement faire son service comme garde national et, en cette qualité, il a fait son service avec le zèle le plus patriotique, tout en se rendant à la manœuvre très exactement. Après quelques jours de repos, ce jeune brave, aidé de quelques camarades, s’est porté dans les bois de Clamart sous Meudon ; il est parvenu à ramener dans la commune deux cent cinquante hommes du 50e de ligne, qui se sont rendus ; il les a conduits chez le maire ; là, il a fini sa mission. Il est rentré de nouveau faire son service comme les autres gardes nationaux. Aujourd’hui, toujours animé du même zèle de servir sa patrie, il ne demande pour toute récompense que l’honneur de servir en qualité de cavalier dans la garde municipale de Paris. Nous nous joignons à lui pour qu’il obtienne de votre bienveillance cette faveur et nous sommes persuadés d’avance qu’il se dévouera avec toutes sortes de bravoures à la défense de la patrie et du roi des Français. Nous avons l’honneur, etc. » Il sollicita la décoration de la Légion d’honneur pour Lemarchand, Pierre, Antoine, major de la IIIe légion de la garde nationale de banlieue pour sa conduite pendant les journées de décembre, au moment du procès des ex-ministres de Charles X. Dans sa séance du 13 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, demandait, sur proposition de Laugier (voir Laugier, Adolphe) à son égard l’ajournement de toute décision de récompense honorifique. Dans sa séance du 15 avril 1831, le même comité des renseignements levait la mesure d’ajournement. Puis, dans sa séance du 21 avril 1831, le même comité des renseignements, affirmait qu’il fallait demander des renseignements sur son compte auprès de MM. Payen et Truelle. Il fut décoré de la croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux (sous le seul nom de Desgrange sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel, et sous le seul nom de Desgranges sur celles de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Le 26 décembre 1830, en tant que colonel de la IIIe légion de la banlieue, Desgranges faisait parvenir la recommandation suivante au roi, afin de faire obtenir la décoration de la Légion d’honneur à Lemarchand, Pierre, Antoine (voir ce nom) : « J’ai l’honneur de recommander à votre bonté M. Lemarchand, Pierre, Antoine, major de la IIIe légion de la banlieue, ancien militaire, ayant pris une part très active aux combats des trois jours mémorables. Cet officier, plein d’honneur et de patriotisme, a continuellement dirigé les manœuvres de la IIIe légion les 20, 21, 22 et 23 de ce mois [décembre 1830, à l’occasion des troubles qui entourèrent le procès des ex-ministres de Charles X, N.D.A.] ; jour et nuit à mes côtés, il a montré beaucoup d’énergie et de sang-froid. Je pense qu’en lui accordant la décoration de la Légion d’honneur, ce serait récompenser un bon militaire et en même temps la IIIe légion à laquelle il appartient. Déjà, lors de la revue du 31 octobre, je l’ai compris au tableau pour l’une des quatre décorations que vous aviez eu la bonté d’offrir à chacune des légions. » Il prêta son serment, le 17 mai 1831, devant la sous-préfecture de Sceaux. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il retira sa croix le 23 juin de la même année. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Desgranges, François), auprès de la sous-préfecture de Sceaux, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il est sur une liste de décorés parmi lesquels le préfet de la Seine devait choisir quarante-huit décorés, pour composer la délégation de décorés qui devaient assister, le 27 juillet 1831, aux cérémonies commémoratives de la révolution, qui eurent lieu à la Bastille puis au Panthéon. En 1831, il était colonel de la IIIe légion de la garde nationale de la banlieue. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 26 février 1831 ; officier, le 10 juin 1837, commandeur de la Légion d’honneur en 1848, par décret du général Cavaignac. Il participa avec sa légion à la répression de l’émeute des 5 et 6 juin 1832, et fut touché de deux balles, dont l’une le blessa légèrement. Il fut, le 1er décembre 1833, avec vingt-six autres officiers de la garde nationale parisienne, curieusement nommé officier de l’ordre de Léopold, par le nouveau roi des Belges, qui voulait, expliquait-il de manière quand même un peu compliquée « donner à la garde nationale de Paris un témoignage public de notre estime pour l’appui constant qu’elle a prêté au bon ordre dans un pays dont les destinées sont étroitement liées à celle de la Belgique ». Il demeurait à Sceaux et 55, rue Hautefeuille à Paris en 1833. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la croix de Juillet de l’arrondissement de Sceaux (sous le nom de Desgranges) ; Archives de Paris VK3 13 ; Archives de Paris VK3 29 (sous le seul nom de Desgranges), séance du 13 avril 1831, séance du 15 avril 1831, séance du 21 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 37, Décorés de Juillet pour la députation, liste de quarante-huit citoyens qui ont été désignés par le sort pour les cérémonies du Panthéon et de la Bastille, idem état nominatif des citoyens décorés de la croix de Juillet, qui ont retiré leur croix des bureaux de la sous-préfecture de Sceaux après avoir prêté entre les mains du sous-préfet le serment prescrit par l’article 4 de l’ordonnance du roi du 30 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 43 ; Archives de Paris VK3 54 in dossier Voillard, Gérôme, Pierre ; Archives de Paris DM13 1, sous-préfecture de Sceaux, état des sommes payées aux citoyens décorés de la croix ou de la médaille de Juillet, en vertu de la décision du 23 juillet 1831 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Sceaux ; Archives nationales F/1dIV/D/12 ; Archives nationales /1dIV/M/3 récompenses honorifiques in dossier Lemarchand, Pierre, Antoine ; Almanach royal et national pour l’an 1833 présenté à Sa Majesté et aux princes et princesses de la famille royale, Paris, chez Guyot et Scribe, 37, rue Neuve-des-Petits-Champs, 1833, p. 793 ; Almanach royal et national pour l’an 1835 présenté à Sa Majesté et aux princes et princesses de la famille royale, Paris, chez Guyot et Scribe, 37, rue Neuve-des-Petits-Champs, 1835, p. 807 ; Fastes des gardes nationales de France, volume 2, Etat général des gardes nationaux décorés et mentionnés honorablement pour les journées de juin 1848, par Alboize et Elie, Paris, chez Goubaud, p. 403 ; Pasinomie ou collection complète des lois, décrets, arrêtés et règlements généraux qui peuvent être invoqués en Belgique, troisième série, Bruxelles chez Tarlier, 1834, p. 306 ; Rapports sur les opérations et les faits militaires auxquels la garde nationale a pris part dans les journées des 5 et 6 juin, Paris, Crapelet, p. 47 ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/748/46.