Desorgerie, Hubert, Marie
Biographie
Né le 31 mars 1798 à Paris. Fondeur puis tambour à la 2e compagnie du 2e bataillon de la IVe légion. Il fut blessé de deux coups de baïonnette, l’un au téton droit et l’autre au bras gauche, rue Saint-Honoré près la place du Palais-Royal. Il fut transporté chez Thirion, herboriste, 27, rue du Chantre-Saint-Honoré, où il fut pansé et reçut les premiers soins. Marié et père de famille, il reçut un secours de cinquante francs et un autre de vingt francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut, comme blessé, un total de cent cinquante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il délivra un certificat en faveur de Thirion, Nicolas, Marie, pour attester que ce dernier lui avait prodigué, ainsi qu’à d’autres blessés, les premiers soins. Sa médaille lui fut délivrée le 27 juin, et son brevet le 11 août 1831. Il était tambour à la IVe légion de la garde nationale. Il comparut, le 14 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Desgeorgerie, Marie, Hubert, mais il signe bien Desorgerie), pour attester parfaitement connaître Lamel, Jacques et savoir qu’il était « sorti de son domicile, le 29 juillet, armé d’un fusil, pour combattre pour la liberté et que ledit jour il a été blessé d’une balle au coude droit ». Il fut un des décorés de Juillet qui signèrent, en septembre 1831, la pétition envoyée par Arrachart, Louis, Jules, Benoît, pour recouvrer les droits à la décoration, dont il avait été privée par une malveillance de Delanoy, commissaire à la Commission des récompenses nationales, et qui l’accusait d’intempérance. Cette pétition était ainsi rédigée : « […] S’est particulièrement distingué aux mémorables journées, où il fut blessé. […] Le jury a reconnu que par son patriotisme et son courage à combattre il a mérité la médaille ; mais, lui imputant calomnieusement l’habitude de se livrer à un usage immodéré de la boisson, a déclaré n’y avoir lieu à la lui accorder. Pour justifier que cette dernière circonstance est contraire à la vérité, tous les décorés du (ancien) IVe arrondissement et autres attestent ici que l’exposant a droit au signe des braves, l’ayant vu combattre et ayant été blessé, et qu’il n’a pas l’habitude qu’on lui reproche. Daignez, M. le ministre interposer votre autorité et faire opérer au dossier la radiation d’un fait injurieux et préjudiciable, qui n’y a été porté qu’à la suite d’une altercation entre le réclamant et M. Delanoy, alors commissaire à la Commission des récompenses nationales. Cet acte de justice de votre part n’échappera pas plus à la connaissance du roi qu’à l’opinion publique. » Il fit partie d’une délégation de décorés de Juillet (vers 1846), qui se plaignirent que, quoique pauvres, ils n’avaient reçu aucun don à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Cette délégation fit parvenir au roi la lettre suivante (dont nous avons tenté de rétablir le sens et l’orthographe défaillants, N.D.A.)
« A Sa Majesté, le roi des Français,
»Sire,
»Messieurs les décorés de Juillet se font l’honneur de déposer aux pieds de Votre Auguste Personne leurs hommages et leurs souvenirs. Dans ce jour louable où nos bras et nos cœurs ont fait triompher la sainte cause populaire, nous venons de nouveau déposer dans le sein de Votre Auguste Personne et Famille notre honneur et nos serments. Nous, Sire, qui tant de souvenirs de Votre Auguste Personne ont de longtemps versé dans la coupe du malheur et de l’infortune le ruisseau du bienfait, nous venons déposer dans le cœur du père de la patrie, nos souffrances, nos privations et nos manques de travaux. Car si juillet est un jour de gloire, serait-il pour nous un jour de souffrance et de misère de plus ? non, Sire, votre âme et votre cœur généreux ne pourront souffrir que les triomphateurs d’une cause si belle et si juste soient à la poignée (sic) de la misère et de la souffrance. Sire, le trône de Juillet sur lequel sont placés Votre Personne Auguste et vos généreux enfants est l’arche sainte du peuple français, sur lequel l’âme et le cœur du roi brillent de la douceur et du feu de la liberté. Mal à qui y pense et malheur à qui y touche. Sire, ces héros, dont tant de fois on chanta la gloire, seraient-il oubliés par vous. Laisserait-on ces généreux enfants mourir de misère et de faim. Votre âme est trop belle pour nous priver de notre belle patrie. Car la patrie à l’ouvrier laisse le travail, c’est là son honneur ! Nous qui sommes des hommes de famille, nous qui sommes les héros de Juillet et le soutien de la monarchie présente et à venir, nous sommes pauvres, nous n’avons pu faire aucune économie cet été, par le manque de travaux, les substances chères, les loyers d’une cherté colossale et sans remise. Voilà la misère de ces héros, dont tant de fois on chanta la gloire. Sire, nous avons l’espérance que nos cris de détresse seront entendus par Votre Auguste Personne et généreux enfants et que le père de la patrie n’oubliera pas les héros de Juillet, que notre recommandation et supplique ne sera pas oubliée, que votre faveur y fera droit et justice. Vive le roi et la sainte cause de notre liberté. » (voir la liste des signataires à Blanchard, Charles). Il reçut un secours de quarante francs en 1850, deux secours de soixante francs en 1851, un secours de soixante francs en 1853, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 13, rue de la Cossonnerie en 1830-1831 (par erreur 3, rue de la Cossonnerie in Archives nationales F/1dIII/39) ; 22, rue du Figuier-Saint-Paul vers 1846 ; 20, rue Neuve-Saint-Méry en 1849 ; 12, rue Saint-Bon en 1850 ; 16, rue de la Folie-Méricourt, chez M. Rivard, en 1851 ; 35, rue de la Folie-Méricourt chez M. Ripart, en 1853. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives p. 72 (sous le nom de Desorgerie, Marie, Hubert), liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 116, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 in dossier Thirion, Nicolas, Marie ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries, décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/42 in dossier Arrachart, Louis, Jules, Benoit ; Archives nationales F/1dIII/60 in dossier Lamel, Jacques ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe (sous le nom de Desorgerie, Marie, Hubert) et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe (sous le nom de Desorgerie, Marie, Hubert) ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853 (sous le nom de Desorgerie, Marie, Hubert), idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 80 (sous le nom de Desorgerie, Marie, Hubert), idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99 (sous le nom de Désorgerie, Marie, Hubert), idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163 (sous le nom de Desorgerie, Marie, Hubert), idem Proposition, en date de 1851, d’accorder à des décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 11.390 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204 (sous le nom de Desorgerie, Marie, Hubert), idem Proposition d’accorder à soixante-deux décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.425 francs, minutes 266-268, en date du 10 février 1853 (sous le nom de Desorgerie, Marie, Hubert).