Desprez, Louis, Auguste
Biographie
Né le 13 fructidor an VIII, à Paris (ancien) Ier arrondissement. Imprimeur. Le 27 juillet 1830, rue Saint-Honoré, au coin de celle du Chantre, il fut blessé au bras gauche, par deux coups de feu, et amputé : « Le 27 juillet, les maîtres imprimeurs qui s’étaient réunis le 26, ayant, d’après la résolution prise, fermé les ateliers, les ouvriers se réunirent au Palais-Royal, et, de là, se portèrent au ministère de l’Intérieur, où ils furent chargés par des gendarmes. Ils revinrent alors au Palais-Royal. Là, chargés de nouveau, ils s’emparèrent du chantier de pierres au bout de la rue du Chantre et repoussèrent les gendarmes à plusieurs reprises. Quatre ouvriers furent alors en éclaireurs dans la rue Saint-Honoré ; mais à peine furent-ils au milieu de la rue du Chantre que la garde royale fit feu et que Desprez, l’un d’eux, reçut une balle dans le bras gauche, qui nécessita l’amputation de ce membre. » C’est sans doute de lui dont il s’agit dans le témoignage in Archives de Paris VK3 42 dossier Chabert, Charles, Claude, du président de la commission des réparations des dommages suite à la révolution, donnait, le 19 janvier 1831, l’appréciation suivante sur les dommages qu’avait subis Chabert : « Le sieur Chabert, Claude, demeurait à la fin de juillet 1830 rue Fromenteau n° 1. Il a éprouvé quelques dommages, une réclamation a été faite par lui. La commission d’examen du (ancien) Ier arrondissement s’est occupé de cette demande. Elle a cru devoir en réduire le montant mais les renseignements recueillis ont fait connaître que le sieur Chabert avait pris part active aux événements de Juillet, que pendant qu’il se battait, sa boutique avait été la seule de la rue qui eût été ouverte pour recevoir les blessés et que sa femme avait donné des secours à un petit nombre, jusqu’au moment où un compositeur d’imprimerie appelé M. Alexandre Desprez (voir sans doute Desprez, Louis, Auguste ?), blessé très grièvement, avait été porté dans la boutique. A ce moment, la femme Chabert s’est trouvée mal et on l’a transportée elle-même dans la chambre du sieur Pouillot, principal locataire de ladite maison, rue Fromanteau n° 1, attendu que le sieur Chabert n’avait en location qu’une boutique et arrière-boutique, point de chambre au-dessus. » Il reçut un secours de cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le National du 20 août 1830 donnait les précisions suivantes : « Les ouvriers compositeurs et imprimeurs de M. Paul Renouard donneront, le vendredi 20 août, sur le théâtre du Luxembourg une représentation dramatique au profit de MM. Auguste Desprez et Denis Duchateau, tous deux blessés dans les glorieuses journées des 27 et 28 juillet. Le premier a eu le bras amputé et est à l’Hôtel-Dieu ; le second a reçu six balles et est à l’hospice Saint-Antoine. » La mairie du (ancien) Xe arrondissement paya, le 26 septembre 1831, pour l’achat d’une prothèse du bras amputé. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Le 11 avril devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Lejeune, Dominique, imprimeur en lettres, demeurant 6, rue Guisarde ; Brunet, Michel, Joseph, imprimeur, demeurant 124, rue Saint-Victor ; Camus, Orosimbeau, Louis, pensionné de la marine, demeurant 16, rue du Cœur-Volant. Ils attestèrent connaître Desprez, Louis, Auguste et « savoir que l’amputation du bras gauche qui lui a été faite récemment provient de deux coups de feu qu’il a reçus le 27 juillet 1830, rue Saint-Honoré au coin de la rue du Chantre ». Le 12 avril 1831, devant le maire du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Béchard, typographe, demeurant 77, rue Saint-Honoré ; Marisy, typographe, demeurant 7, rue de la Bûcherie. Sur leurs déclarations, le maire certifia que Desprez, Louis, Auguste était « par suite de la perte de son bras gauche dans l’impossibilité de gagner sa vie et qu’il se trouve réduit à l’indigence, ayant perdu tous ses moyens d’existence avec son état de typographe ». Il fut décoré de la croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il signa le certificat suivant, en faveur de Maubert, Emile quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants, afin d’obtenir la décoration de Juillet : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Maubert, Emile a combattu dans nos glorieuses journées de Juillet et partout où il s’est trouvé pour la défense de nos libertés. Le 27, il se trouvait au Palais-Royal dans l’après-midi, à lire à haute voix les écrits pour exciter les braves patriotes au renversement du despotisme. Le 28, en quittant le quai en face la place de Grève, il alla sonner le tocsin à Notre-Dame et planta sur la tour avec sa cravate le drapeau de la liberté [sans doute dans la nuit du 28 au 29 selon sa fiche à la Commission, N. D. A.]. » Il y prêta son serment de décoré de la croix de Juillet, le 16 mai 1831, reçut sa croix le 21 juin et son brevet le 18 août 1831. Admis dans la 6e classe des blessés, une pension annuelle de six cent cinquante francs lui fut accordée. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il fit partie d’une délégation qui, le 3 novembre 1831, rencontra le président du Conseil et ministre de l’Intérieur, afin que fût accéléré le paiement de leurs pensions. Cette pétition était ainsi rédigée : « Les hommes estropiés et pensionnés de Juillet, n’ayant plus aucun secours dans leur mairie, ils se sont réunis et ont nommé une députation, qui vous prie de vouloir bien avoir la bonté de venir lui donner les renseignements qu’ils n’attendent plus que de vous. La députation a l’honneur d’espérer que vous voudrez bien vous présenter dans la cour du palais. » (La liste des délégués est Fonchain, Jean). Son nom est, comme décoré de la croix de Juillet, sur une liste de décorés sur laquelle devait être choisie une députation de vingt-quatre décorés de la croix de Juillet et de vingt-quatre décorés de la médaille de Juillet pour assister, à la Bastille, aux cérémonies qui devaient marquer le premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il avait une sœur à sa charge. Il était membre, comme ami du côté paternel, du conseil de famille des orphelins Bareau (voir ce nom), Louis, Marie et Victoire, Eugénie. Il était aussi membre, comme ami du côté paternel, du conseil de famille de l’orpheline Anne, Félicité Elouin (voir ce nom). En juillet 1833, il reçut, à titre de décoré de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à l’occasion des fêtes nationales pour l’anniversaire de la révolution de Juillet. En 1833, il était adjudant sous-officier à l’hôtel des Invalides. Son nom est sur une liste de décorés (trois furent choisis, en plus de trois orphelins, pour chacun des quatorze arrondissements) choisis pour participer à la cérémonie funèbre à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois le 28 juillet 1840, à l’occasion de la translation des corps des victimes dans le caveau de la colonne de Juillet, place de la Bastille. Il demeurait 2, petite rue de Taranne en 1830-1831 (mais 12, petite rue de Taranne in Archives nationales F/1dIII/36 ; mais bien 2, petite rue de Taranne in Archives de Paris VD6 559 n° 1 ; 1, rue Taranne in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension) ; 10, rue Guizarde en 1831 (mais 17, rue Guizarde en 1831 in Archives de Paris VD6 524 n° 3 ; 12, rue Guizarde dans le certificat qu’il signe in Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Maubert, Emile) ; 17, rue Guizarde en 1833 ; 9, rue Guizarde en 1840. Le National, 20 août 1830 ; Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 59 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 272 ; Histoire de ce qui s’est passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 329 (sous le nom de Desprêts) ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la croix de Juillet, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 45 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la VIe classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 109 ; Archives de Paris Vbis7K4 1, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 3 contrôle nominatif des citoyens décorés de la croix de Juillet du Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, 1833, (ancien) Xe arrondissement municipal, état d’émargement de la somme de vingt-cinq francs accordée à des décorés du (ancien) Xe arrondissement de Paris à l’occasion des fêtes nationales de juillet 1833, 1840, 10e anniversaire, exhumation des victimes de Juillet et service funèbre ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des blessés (6e classe) dont les bulletins individuels ont été remis le 10 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem dossier Bareau et dossier Elouin, idem Etat des sommes payées aux blessés, veuves, ascendants et orphelins de juillet 1830, du 1er juin au 30 août 1831 ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lenaux ou Lenoux, Pierre (où son nom est sur une liste de blessés du (ancien) Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août et dépenses diverses du 1er septembre au 31 octobre 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/53 ; Archives nationales F/1dIII/82, un dossier Pensions, lettre en date du 3 novembre 1831 et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, blessés de 6e classe ; Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Maubert, Emile. Voir sans doute Desprez, demeurant 15, rue Guisarde en 1836.