Devergie, Jean-Louis

Biographie


Né le 24 décembre 1793 à Thérines (Oise). Ancien soldat de l’Empire au 25e régiment d’infanterie légère, réformé du 14e de ligne en 1820, totalisant quatorze années de service militaire. Bonnetier. Il s’illustra rue Saint-Honoré, rue Saint-Denis et aux Tuileries. Il fut blessé par un coup de sabre reçu au genou gauche, dans la rue Saint-Antoine. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Jean-François Boulay, vétérinaire à Paris, y demeurant, rue de Normandie n° 4, certifie que le sieur Devergie, mon locataire, est sorti en armes dans les matinées des 28 et 29 juillet et qu’il n’est rentré chez lui que dans la soirée de chacune de ces journées après avoir combattu dans les rangs des défenseurs de nos libertés. » Signé, le 20 août 1830 : Boulay. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Jacques Felsenberg, que Devergie est rentré à la maison, le 28 juillet, couvert de sang, après avoir combattu toute la journée. » Signé, le 20 août 1830 : Felsenberg ; Heritier ; Habriet. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Moi, Lauvergnat, sage-femme, certifie avoir M. Devergie à la porte Saint-Denis, armé, pour défendre la nation. » Signé : femme Lauvergnat, demeurant 41, rue de Bretagne. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu M. Devergie, sur le boulevard Saint-Martin, qui désarmait des soldats. Dans l’après-midi, je l’ai vu à la Bastille, après un grand feu, qui sautait par-dessus les blanches (sic) qu’il se sauvait rempli de sang et dans la rue Saint-Antoine qu’il tirait et de là il partait à la course aux blessés. » Signé : Bignon, demeurant 41, rue de Bretagne. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu M. Devergie aux Tuileries après un grand combat et, un instant après, je le retrouvai dans les appartements du roi, qui faisait tout son possible pour maintenir le bon ordre, le 29 juillet. » Signé : Délaitré, demeurant 8, rue Popincourt. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Marié et père de deux enfants, il reçut un secours de dix francs, le 20 août 1830, un secours de cinquante francs, le 15 octobre 1830, un secours, définitif, de cinquante francs, le 15 novembre 1830 (mais pourtant un total de cent cinquante francs versés du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc.), auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement (et pourtant un total de cent cinquante francs in Archives nationales F/1dIII/35 B). Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il reçut, en tant que blessé mais non décoré, un secours de cinquante francs, sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. N’ayant pas réussi à faire valoir ses droits, il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la croix de Juillet et un emploi dans les octrois. En 1840, à l’occasion du dixième anniversaire des trois journées, il sollicita la croix de Juillet, donnant, dans sa lettre, les éclaircissements suivants sur sa participation aux combats : « […] Sa conscience et ses nombreux amis lui disent qu’il la mérita dans plusieurs occasions. Comme le 27, en repoussant les agressions de la gendarmerie, rue Saint-Honoré. Le 28, à la porte Saint-Denis, où il donna le signal qui désarma le corps de garde de Bonne-Nouvelle, et sur les quais, à la Grève, blessé d’un coup de sabre au genou gauche rue Saint-Antoine, dans la fontaine de la place de la Bastille, où s’élève aujourd’hui la colonne de Juillet. Il y doit son salut car il glissa et tomba sur les pierres, au moment où les gendarmes firent une charge sur lui ; sa blessure se rouvrit et il arrosa les pierres de son sang. Le 29, à la caserne rue Saint-Martin, ensuite aux Tuileries. En se battant, il empêcha les pillages. » Il expliquait aussi les circonstances qui avaient empêché qu’il fût décoré : « S’il ne l’a pas obtenue alors c’est que ses pièces sont passées de mains en mains et se sont trouvées égarées par M. Plougoulm, rue du Sentier, n° 3, Ternaux, Edouard, rue Montmartre n° 174, et Guinard et autres. On lui en donna connaissance mais le travail de la commission était terminé. Il s’adressa pour lors au ministère de l’Intérieur le 6 juillet 1831, renvoyé à M. Chalas, sous le numéro 31262, resté sans explication. Une commission de réclamation des combattants de Juillet, rue Bourg-Labbé, lui écrivit ; il fut et fut inscrit dans leurs réclamations sous numéro 1261. » Il terminait sa lettre en se prévalant de son « dévouement à Votre Majesté depuis dix années dans plusieurs occasions, ce qui le fit mal voir de ses camarades et lui fit souvent perdre son ouvrage par leur mauvais procédés envers lui » et ajoutait : « Si survenait encore quelque émeute, j’aurais soin de donner à mes titres un appui qui prouvera que j’étais digne de cette faveur après comme avant l’avoir reçue. Je suis, Sire, celui qui versera toujours son sang avec plaisir pour la patrie et pour la personne de Votre Majesté. » Il lui fut répondu que les travaux de la Commission des récompenses nationales étaient terminés depuis longtemps et qu’aucun nom ne pouvait être ajouté à la liste des noms publiés. Il participa à la Révolution de Février puis déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après cette révolution. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Le soussigné Renet, maître estampeur, demeurant rue de Ménilmontant n° 8, certifie que le 23 février j’ai vu le citoyen Devergie, Jean-Louis, déployer un grand courage à la défense des barricades avoisinant la fontaine de l’Echaudé, certifie en outre que le citoyen susnommé, en cherchant à désarmer des soldats, a été blessé d’un coup de baïonnette au front et qu’après avoir reçu cette blessure, cherchant à franchir une barricade pour éviter de nouveaux dangers il fit, entre les rues de Poitou et de Limoges, une chute dans laquelle il se fracassa la mâchoire. » Suivaient aussi les signatures de : Cartier, demeurant rue Saint-Martin, 3, passage de la Réunion ; Guibert, demeurant 14, rue de Valois ; Martin, marchand de vin, demeurant 2, rond-point des Champs-Elysées ; Chiniard, demeurant 12, passage Basfour ; Feunette, garde mobile ; Duval ; Duchamp, demeurant 30, rue des Vertus ; Louy, Adolphe, demeurant 17, rue de la Croix. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Martin, marchand de vin, au rond-point des Champs-Elysées, certifie que le 22 février depuis environ 10 heures du matin jusqu’à la nuit j’ai vu constamment le sieur Devergie, Jean-Louis, exciter avec intrépidité ceux qui l’entouraient à former une des premières barricades dans ce quartier et qu’il l’a défendue avec courage ; que le 23 je l’ai encore vu aux Champs-Elysées et qu’il a fait partie de la députation qui avait été envoyée à la Chambre des députés pour demander le renvoi des ministres, mais qu’ils n’ont pu s’avancer que jusqu’au milieu du pont de la Concorde, d’où ils se sont retirés mais non sans avoir été exposés à de grands dangers. » Signé : Martin, marchand de vin, demeurant 2, rond-point des Champs-Elysées. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Les soussignés Cartier, demeurant rue Saint-Martin, passage de la Réunion n° 3, Guibert, demeurant rue de Valois n° 14, certifions que le citoyen Devergie, Jean-Louis, a contribué avec zèle à élever des barricades le 23 février depuis 11 heures jusqu’au 24 et qu’ensuite nous l’avons vu prendre une part très active à l’attaque du poste du Château d’eau, place du Palais ci-devant Royal. » Signé : Cartier, demeurant rue Saint-Martin, 3, passage de la Réunion ; Guibert, demeurant 14, rue de Valois. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le citoyen Devergie, Jean-Louis était membre de la Société des droits de l’Homme en 1832 et qu’il a pris part aux affaires des 5 et 6 juin de la même année. » Signé : Hance, demeurant 9, rue du Pré-Saint-Gervais. Corbin, ex-facteur au chemin de fer du Nord, demeurant 9, rue de Jessaint, certifiait le connaître depuis un an que Devergie habitait la rue Jessaint. Il fut recommandé par la Commission pour une place de gardien dans un des châteaux de l’ancienne liste civile. Il demeurait 4, rue de Normandie en 1830 ; 45, rue du Faubourg-du-Temple en 1831 ; 81, rue de la Roquette en 1840 ; 11-13, rue Jessaint à La Chapelle-Saint-Denis en 1847-1848. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du VIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 75 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (secours accordés par la Commission des récompenses nationales aux blessés qui n’ont été classés dans aucune catégorie, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831), idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, inscription des indemnités définitives, idem états nominatifs des blessés admis à la répartition des fonds de la souscription nationale, 2e classe et 1re classe, idem Répartition des fonds de la souscription nationale, Etat nominatif des blessés qui, étant décorés de la croix ou de la médaille, ont reçu, à l’occasion de l’anniversaire de Juillet un secours de cinquante francs et un habillement bourgeois ou un uniforme de garde national, et de ceux qui, n’étant point décorés, n’ont participé qu’au secours de cinquante francs ;Archives de Paris AP VD6 356 n° 5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales F/9/1155 ; Archives de la préfecture de police AA 385.

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