Devilleneuve, Jean, Quérémont
Biographie
Né le 9 juillet 1775 à Mantes (mais à Mericourt en Seine-et-Oise in Archives de la préfecture de police AA 385) (Seine-et-Oise). Propriétaire (mais ancien militaire, retraité, in Archives de la préfecture de police AA 385). Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement (sous le nom de Devilleneuve, Jean, Quérément sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac (sous le nom de Devilleneuve, Querement, Jean), pour obtenir la croix de Juillet et de rentrer dans les douanes, suivant son grade. Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous certifions et déclarons avoir vu combattre le major Devilleneuve sur le quai Pelletier, faisant face à l’Hôtel de ville, boulevard Saint-Denis, Saint-Martin, rue Saint-Honoré faisant face à la place du Palais-Royal et rue de Richelieu en regard de la place du Carrousel, les 27, 28 et 29 juillet 1830. Nous déclarons en outre que cet officier nous a singulièrement encouragé dans les différentes actions que nous avons eu à soutenir. » Signé, le 25 novembre 1830 : manque la signature. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je déclare avoir vu les armes à la main, rue de Richelieu, près du Théâtre-Français, au moment où l’on amenait une pièce de canon le major Devilleneuve, que j’ai depuis retrouvé à Saint-Cloud ; il était environ 1 heure et demie 2 heures. » Signé : Baron de Belfort, lieutenant de la garde municipale. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avoir connaissance des faits ci-dessus mentionnés et atteste les services rendus par M. Devilleneuve dans les journées de Juillet, les premiers jours du mois d’août, il a fait preuve d’un grand dévouement. » Signé : Vaucher, négociant (voir Vaucher, Alexandre), demeurant 25, place Royale. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie à qui il appartiendra que le sieur Devilleneuve n’a pas quitté la porte Saint-Martin tout le temps de la fusillade. Je puis l’attester puisque c’est lui qui, me voyant blessé, m’a forcé à me retirer, encourageant tous les bons citoyens. » Signé : Pépin, Jean (voir Pepin, Jean-Baptiste), demeurant 108, rue du Faubourg-Saint-Martin. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie et déclare avoir vu le major Devilleneuve, le 29 juillet à l’Hôtel de ville. » Signé : Bauduins, demeurant 34, rue Phélipeaux ; Gardette, demeurant 19, rue des Francs-Bourgeois au Marais ; Lasserre, demeurant 251, rue Saint-Denis ; Cauchois, officier de l’armée, demeurant 21, rue des Messageries ; Lecœur, garde municipal à la 2e compagnie du 2e bataillon ; Clairmont, garde municipal à la 2e compagnie du 2e bataillon ; Goisel, garde municipal à la 2e compagnie du 2e bataillon ; Cœmmail, garde municipal à la 2e compagnie du 2e bataillon. Le sixième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le major Devilleveuve s’est comporté avec une fermeté et un courage dignes d’éloges dans les glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet ; que je n’ai eu qu’à me louer de sa sagesse et de son exactitude dans les missions que je lui ai confiées et que la conduite qu’il a tenue au château de Saint-Cloud, où il avait été envoyé avec des pouvoirs illimités par le colonel Fabvier, chef d’état-major du général Gerard, a été en tous points celle d’un officier distingué. » Signé, le 17 août 1830 : Zimmer (voir Zimmer, Joseph), chef d’état-major de la garde nationale de Paris. Suivaient les apostilles suivantes : « L’attestation du colonel Zimmer, à l’époque où il faisait le service de chef d’état-major, les souvenirs du maréchal Gerard et du général Fabvier sont pour le major Devilleneuve des recommandations auxquelles je me joints. » Signé : Lafayette (voir Lafayette, Marie, Paul, Joseph, Roch, Yves, Gilbert Dumottier). « Je me joints à M. Lafayette pour certifier véritables les faits ci-joints. » Signé : le général Pajol (voir Pajol, Pierre). M. le major Devilleveuve s’est en effet offert pour aller à Saint-Cloud, où il a maintenu l’ordre pendant le peu de jours qu’il y est demeuré. » Signé : général Fabvier (voir Fabvier, Charles, Nicolas). « Je ne puis que me joindre au colonel Zimmer et au général Lafayette. » Signé : Odillon-Barrot (voir Odilon-Barrot, Camille, Hyacinthe). Le septième certificat, ainsi rédigé : « Le maire de la commune de Saint-Cloud, soussigné, certifie que M. le major Devilleneuve s’est présenté, samedi dernier, à la mairie de Saint-Cloud à 2 heures après-midi, porteur de pouvoirs illimités de M. le colonel Fabvier, chef de l’état-major général de M. le général Gerard, ministre de la Guerre, à l’effet de coopérer et même de diriger les mesures propres à protéger le château de Saint-Cloud et à le préserver de l’envahissement tumultueux dont il était menacé ; qu’après nous être concertés à cet égard, nous nous sommes transportés ensemble au château, où nous sommes parvenus non sans beaucoup de peine et sans quelque danger à faire évacuer la cour d’honneur et à garantir l’intérieur d’une nouvelle irruption. Atteste en outre que M. Devilleneuve a montré dans cette opération une fermeté, une prudence et une activité également dignes d’éloges. J’ai eu beaucoup à me louer de sa illisible et de ses conseils. » Signé : Fournel, maire de Saint-Cloud. Le septième certificat, ainsi rédigé : « J’ai vu le témoignage rendu par M. le colonel Zimmer et M. le général Lafayette, relativement à la conduite tenue par M. Devilleneuve, tant pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet à Paris que dans celle du 31 à Saint-Cloud. Je partage leur opinion sur la conduite ferme et courageuse dont cet officier a fait preuve. J’ajouterai qu’au moment où je suis arrivé au château de Saint-Cloud (il était environ 5 heures du soir), M. Devilleneuve qui y avait été envoyé du grand quartier général avec des pouvoirs illimités était avec M. le maire de Saint-Cloud occupé à l’inventaire de diverses pièces d’argenterie qui avaient été retrouvées éparses, et qu’il s’est empressé de me remettre le commandement du château. » Signé, le 24 août 1830 : Maréchal, gouverneur provisoire délégué par MM. Les commissaires généraux à l’administration de la liste civile. Devilleneuve avait certifié, en qualité de « gouverneur provisoire du château de Saint-Cloud » que het, Etienne, Jean-Marie (voir ce nom) s’était « trouvé sous mes ordres au château de Saint-Cloud et qu’il s’y est conduit avec honneur et d’une manière à mériter le suffrage de ma considération ». En 1837, il était garde de la réserve des princes au parc de Saint-Cloud, aux appointements annuels de six cents francs, et sollicita de participer à la distribution des gratifications accordées aux décorés de Juillet à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. En 1838, les renseignements suivants furent recueillis sur son compte : « Le sieur Devilleneuve est dans une position peu aisée, on pourrait même dire gênée. Il est marié et père de deux enfants déjà établis et à l’aide desquels il est obligé de venir assez fréquemment. Il n’a que six cents francs de salaire, somme bien faible pour vivre et aider sa famille. Quant à ce qui concerne sa moralité, il n’existe rien de défavorable sur son compte depuis qu’il fait partie de la maison du roi. Il est constant aussi que le sieur Devilleneuve a pris une part active aux événements de 1830. » Il demeurait 153, rue du Faubourg-Saint-Martin (mais 123, rue du Faubourg-Saint-Denis et aussi 156, rue du Faubourg-Saint-Denis in Archives de la préfecture de police AA 385) en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Gachet, Etienne, Jean-Marie ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/15/4240 ; Archives de la préfecture de police AA 385.