Dieudonné, Jean, Michel
Biographie
Né le 30 mars 1798 à Château-Salins (ou à Vermany in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives de Paris VK3 37 sur le registre) (Meurthe). Ancien militaire (sans doute ancien gendarme ou ancien artilleur), devenu domestique, il fit partie des habitants de Vaugirard qui quittèrent la commune pour aller se battre à Paris. Payen (voir ce nom), commandant de la garde nationale de Grenelle, lui délivra le certificat suivant : « Les nommés Bazin, Jean, Mathieu, forgeron, Bernard Panès, charretier, tous deux employés dans ma fabrique à Grenelle et Jean-Michel Dieudonné demeurant rue Saint-Lambert, n° 5 à Vaugirard, anciens soldats de l’artillerie, ont, seuls, chargé, pointé et tiré la pièce qui a fait feu contre la caserne de Babylone et amené la chute de cette place en notre pouvoir. Un élève de l’Ecole polytechnique fut tué à leurs côtés. La conduite courageuse et habile de ces trois hommes est digne d’être signalée à M. le général en chef de la garde nationale. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Il fut décoré de la croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux. Il prêta son serment et reçut sa croix le 23 juin 1831 à la sous-préfecture de Sceaux ; le serment était ainsi rédigé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la sous-préfecture de Sceaux, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1841 et 1842, il sollicita d’être compris dans les listes des décorés qui touchaient une indemnité. Il reçut cinquante francs de secours en 1842. En 1843, il s’établit débitant de liqueurs, 38, rue de Grenelle-Saint-Germain et toucha un secours de vingt-cinq francs, et de la même somme en 1845. En 1849, il devait plusieurs termes de loyer, jouissait d’une bonne réputation mais souffrait d’être dans une position malheureuse ; il reçut, cette année-là, un secours de cinquante francs. En 1854, il était père de deux jeunes enfants et avait sa femme continuellement malade. Les renseignements de police précisèrent sur son compte en 1855 : « Il a commencé son établissement en tenant un bureau de tabac, il a cessé ce débit pour ne plus vendre que du vin. Il est aujourd’hui traiteur et marchand de vin, sa boutique est suffisamment achalandée pour subvenir à ses besoins. Il […] paye huit cents francs de loyer, marié, pas d’enfant à sa charge. Les plus mauvais renseignements planent sur sa femme ; quant à lui, il passe pour honnête homme et paraît à l’abri du besoin. » Suite à ces renseignements pris sur lui, il se plaignit : « […] On est venu à mon domicile se renseigner sur mon identité, sur mes moyens, on a dit que je n’avais besoin de rien, que j’étais établi etc. Ces renseignements n’ont pas été exacts. Il est vrai, je suis établi marchand de bouillon, mais non seulement je ne suis pas à mes affaires mais mon propriétaire me renvoie faute de pouvoir payer ma location. Je suis obligé de quitter sans pouvoir vendre mon fonds faute de bail. J’ai deux enfants à nourrir et une femme malade presque continuellement, ma position est loin d’être brillante. » En 1863, il était veuf et se dit « misérable » ; la police précisa qu’il avait deux enfants âgés de dix-huit et quinze ans tous deux en apprentissage, qu’il avait manqué de travail plusieurs mois durant et venait de rentrer charretier chez un entrepreneur de démolition pour dix-huit francs par semaine et qu’il devait deux termes à son propriétaire. Il reçut cent cinquante francs de 1842 à 1849, cinquante francs en 1854, quarante en 1855, en 1863 et en 1864. Il demeurait 15, rue Saint-Lambert en 1831 (mais 5, rue Saint-Lambert en 1830 in Archives de Paris VK3 41 et in Archives de Paris VK3 37 sur le registre de la mairie) ; 11, rue Saint-Lambert de 1841 à 1843 ; 38, rue de Grenelle-Saint-Germain de 1843 à 1856 ; 20, rue Traverse en 1856 ; 12, passage Saint-Fiacre (un logement de cent quatre-vingts francs par an) en 1863 et depuis plusieurs années ; 23, rue du Haut-Transit à Vaugirard en 1864. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris DM13 1, sous-préfecture de Sceaux, état des sommes payées aux citoyens décorés de la croix ou de la médaille de Juillet, en vertu de la décision du 23 juillet 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la croix de Juillet de l’arrondissement de Sceaux ; Archives de Paris VK3 37, état nominatif des citoyens décorés de la croix de Juillet, qui ont retiré leur croix des bureaux de la sous-préfecture de Sceaux après avoir prêté entre les mains du sous-préfet le serment prescrit par l’article 4 de l’ordonnance du roi du 30 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 41 et in dossier Bazin, Panès et Dieudonné ; Archives de Paris VK3 43 (où il est indiqué Voir Bazin, Jean, Mathieu) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/53 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes.