Dieulin, Dieudonné

Biographie


Né le 18 juillet 1778 (mais lui écrit le 18 juin 1778 dans sa lettre in Archives de la préfecture de police AA 385) à Metz. Ancien lieutenant au 1er régiment de tirailleurs de la garde impériale. Il reçut un secours de cinquante francs le 15 mars 1831 auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet ; il adressa, en effet le 16 mars 1848, la lettre suivante à la Commission, afin d’obtenir enfin la décoration de la Légion d’honneur, qui lui avait remise, à la bataille de Fleurus, par l’Empereur lui-même, pour avoir rassemblé des fuyards et les avoir reconduits au feu, mais décoration dont le changement de régime empêcha la remise : « […] Il a combattu pendant les trois journées de juillet 1830 ; il a reçu une forte contusion au bras droit le 29 dudit, qui ne l’a pas empêché de combattre ni d’aller à Rambouillet […] Toutes ses pièces ont été déposées à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et à l’Hôtel de ville en 1830 […]. A reçu, au (ancien) IIIe arrondissement en différentes fois, environ deux cents francs ; depuis cette époque, il n’a rien reçu ; chaque fois qu’il réclamait des secours, il obtenait pour réponse qu’il n’y avait pas de fonds. Il fallait donc qu’il continue à souffrir et souffre encore. […] Son seul regret est de n’avoir pu combattre en février 1848, étant incompréhensible presque de tous ses membres par suite de ses campagnes et blessures qu’il a reçues au champ d’honneur. Depuis quatorze mois, il a presque toujours gardé le lit, son épouse estropiée et trois enfants encore en bas âge, dont l’aîné n’a que quinze ans, la seconde treize ans et la troisième onze ans […]. En 1830, la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement m’a proposé la croix de Juillet. Mais comme j’avais été décoré, à Fleurus, par l’Empereur, sur le champ de bataille, dans les Cent-Jours, pour avoir rassemblé environ deux cents fuyards et les avoir conduits au feu, cette décoration m’a été ôtée par les Bourbons à ma rentrée des prisons d’Angleterre en 1816. J’ai donc préféré la réclamer, alors, la Commission s’étant chargée de me la faire ravoir. Longtemps après que les décorations de Juillet ont été distribuées, la Commission m’a fait réponse que cela n’était pas de sa compétence. Dès lors je me suis trouvé sans décoration. Aussi j’ai cru devoir ne plus lui en parler. Ensuite je l’ai réclamée au ministère Soult, qui m’a fait réponse que je m’y prenais trop tard et qu’il y en avait bien d’autres dans la même catégorie […]. » Il joignait à sa demande un certificat qui lui avait été délivré le 8 décembre 1840, pour être admis au convoi et escorte de la translation des cendres de Napoléon à l’hôtel des Invalides, le 15 décembre 1840, et ainsi rédigé : « Les soussignés certifient que le sieur Dieulin, Dieudonné, ex-lieutenant au 1er régiment de tirailleurs de la garde impériale, est domicilié rue Tiquetonne n° 22, depuis seize années et qu’il s’y est toujours comporté avec honneur et probité et qu’il a servi dans nos rangs de la garde nationale en qualité de chasseur caporal et sergent pendant huit ans et a toujours mérité l’estime de ses chefs et l’amitié de tous ses camarades ; combattant et blessé de juillet 1830. » Signé, le 8 décembre 1840 : Bouchard ; Bonvoisin, ex-capitaine ; Courtin ; Michely. Sa demande fut rejetée par la Commission. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849, à titre de combattant de Juillet. Il s’était marié le 16 juillet 1818 à Metz, avec Xavier, Jeanne, née le 23 nivôse an IX à Metz, dont il avait trois filles en 1848 : Eugénie, Céleste, née le 10 mai 1832 à Paris (ancien) IIIe arrondissement ; Marie, Léontine, née le 23 novembre 1834 à Metz ; Madeleine, Joséphine, Laetitia, née le 4 juillet 1836 à Paris (ancien) IIIe arrondissement. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, le 1er mai 1851 ; pensionnaire des Invalides, il était indiqué comme lieutenant de la 1re division. Il mourut le 20 septembre 1856. Il demeurait 22, rue Tiquetonne en 1824-1840 ; 31, rue Montmartre en 1848-1849. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 69 ; Archives de Paris VD3 1-2, 1830 Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IIIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 385 ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH//776/41 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes.

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