Dilly, Antoine
Biographie
Né vers 1803 à Arras (Pas-de-Calais). Militaire au 15e régiment d’infanterie légère, congédié depuis le 9 décembre 1829, muni de bons certificats, et devenu cordonnier. Il se distingua, le 28 juillet sur le mont Notre-Dame. Il reçut (sous le seul nom de Dilly) un secours de quinze francs, le 10 août 1830 à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. L’observation suivante était inscrite en face de son nom, sur le registre de la mairie : « A combattu. » Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la croix de Juillet et des secours. Il s’étonnait de ne pas avoir vu son nom sur les listes des décorés alors même que son nom avait été cité par les journaux du 29 juillet et qu’il s’était « constamment distingué dans les trois journées, notamment le 28 juillet, sur le pont Notre-Dame, où, nouveau Coclès, au mépris de la mitraille et de la fusillade, il ne cessa de faire feu sur les ennemis de nos libertés ». Il affirmait aussi que « dix décorés de Juillet attestent n’avoir pas mérité comme lui la décoration ». Il était porteur de deux certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, ancien sous-officier au 15e régiment d’infanterie légère, chef d’estaminet rue de Lourcine n° 61, à Paris, maintenant caporal de la garde municipale à la caserne de Tournon, certifie et atteste sur l’honneur que, le 28 juillet vers les 7 heures du soir, me trouvant au bout de la rue des Arcis, en face du pont Notre-Dame, j’y ai vu un des anciens soldats de mon régiment, nommé Dilly, Pierre, Antoine, ouvrier cordonnier à Paris, s’exposer témérairement à une mort presque certaine, en s’avançant sur le quai Pelletier, pour faire feu sur les Suisses qui occupaient l’Hôtel de ville et la place de Grève ; que, voyant le danger réel qui entourait ce brave jeune homme, je lui fis observer qu’il s’exposait trop, n’étant suivi de personne, ce dont il ne tint aucun compte ; qu’alors il franchit le pont, d’où il ne cessa de faire feu sur les Suisses que quand il n’eut plus de cartouches et qu’il continua de traverser le pont. » Signé, le 13 juillet 1831 : Rafy, caporal de la garde municipale. Le second certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Dilly, Antoine, ayant été congédié le 9 décembre 1829, au 15e régiment d’infanterie légère, a repris les armes dans les trois mémorables journées de Juillet, dans lesquelles il a combattu comme un brave défenseur de la liberté et principalement sur le pont Notre-Dame, où il n’a cessé de faire feu en notre présence sur les ennemis de la patrie. » Signé, le 12 août 1831 : Malinjons illisible ; Rambour, capitaine ; Colombain, capitaine ; Chaveil illisible, demeurant 24, rue Marie-Stuart ; Pelletier, demeurant 45, rue Montorgueil ; Bompard, rue Marie-Stuart ; Delherm, J., demeurant rue Montorgueil ; Bouché. Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme sans fortune. Il demeurait 45, rue Montorgueil en 1830 ; 2, rue de la Grande-Friperie près de la halle aux draps en 1831. Archives de Paris VD3 1-2, état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement (sous le seul nom de Dilly) ; Archives de Paris NAms 153 ; Archives de la préfecture de police AA 385.