Dionis, Emmanuel, Jean, Louis
Biographie
Né le 27 nivôse an VIII (17 janvier 1800) au Havre (Seine-Maritime), fils de Dionis, Jean, Martin, tonnelier, et de Havé, Marguerite, Emmanuel, son épouse. Garçon tonnelier. Il se fit prêter par un de ses amis, blessé, un fusil et six cartouches. Le 28 juillet, il combattit rue Saint-Antoine, à la Grève, rue de la Mortellerie, rue du Long-Pont, place Baudoyer, où il poursuivit les soldats du 50e jusqu’à leur caserne ; il revint place Baudoyer pour monter des pavés aux fenêtres, et ce fut à celle du logement d’un médecin qui habitait cette place, depuis lesquelles on lançait des pavés, qu’il eut le médium gauche fracturé par une balle, qu’il reçut un plomb à l’index gauche et un coup de feu à l’avant-bras et au bras gauche. Il reçut un secours de quarante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le 18 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Gavot, Cyprien, ébéniste, demeurant 84, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Gautier, Pierre, menuisier en fauteuils, demeurant 15, rue Lesdiguières ; Genet, Charles, Marie, coiffeur, demeurant 30, rue de la Mortellerie. Ils attestèrent parfaitement connaître Dionis, Emmanuel, Jean, Louis « et savoir qu’il a été blessé le 28 juillet 1830 place Baudoyer ». Il fut décoré de la croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement (sous le nom de Dionis, Emmanuel, Jean, Lucien sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il fut admis dans la 3e classe des blessés et pensionné de trois cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il signa un certificat en faveur de Massé, Michel, attestant qu’il le connaissait parfaitement, ainsi que son épouse et leur enfant, et savait qu’il était sorti de chez Baillard, fabricant de cartons à carte et de feuilles, armé d’un fusil que ce dernier lui avait prêté, le 28 juillet, avant que ce dernier soit atteint de plusieurs coups de mitraille qui le tuèrent sur le coup. En 1831, il était commis de magasin. Il épousa Vigoureu, Reine, le 22 janvier 1831 à Paris et un enfant naquit vers le début de l’année 1834. Il signa, le 3 juillet 1832, à l’occasion de l’anniversaire des trois jours de Juillet, la pétition présentée au roi par Gibert-Arnaud, qui renouvelait, au nom d’un comité consultatif, sa demande, signée par plus de quarante décorés (auquel Gibert-Arnaud se flattait de pouvoir y ajouter six cent neuf autres noms), qu’on permît à chaque décoré de la médaille de Juillet de remplacer cette dernière par la croix du même ordre. Le 25 juin 1834, alors qu’il était garçon de cave à l’entrepôt des vins, il se noya, en cherchant à sauver la vie à un de ses camarades tombé à l’eau. Le préfet de la Seine rapportait ainsi les circonstances de l’accident et la triste situation de la famille qu’il laissait : « […] Le 25 juin dernier, le sieur Dionis, dont le courage et le dévouement avaient déjà été attestés par des faits du même genre, fut appelé par ses camarades de l’entrepôt, pour retirer de la rivière l’un d’eux, qui y était tombé accidentellement. Plusieurs personnes avaient déjà tenté, vainement, de le retirer. Dionis, n’écoutant que la voix de l’humanité, n’hésita pas à faire une nouvelle tentative mais malheureusement il ne reparut pas et perdit la vie sans avoir pu porter secours à celui pour lequel il s’était exposé. Le sieur Dionis s’était acquis l’affection de ses égaux par la douceur et la régularité de ses mœurs, il avait su mériter l’estime de ses supérieurs par le zèle et l’exactitude qu’il mettait à remplir ses devoirs et à faire son service de garde national. Sa veuve, âgée de vingt-quatre ans, est elle-même d’une conduite irréprochable, d’une santé délicate ; elle reste chargée d’un enfant de trois mois et n’a de ressources que dans son travail peu lucratif ; elle est ouvrière en pantalons et en gilets. » Son père (qui dans sa lettre nomme son fils Dionis, Louis) tenta d’intercéder pour que la pension que son fils touchait, en tant que blessé de la 3e classe, fut reversée à sa jeune veuve. Sa demande fut appuyée par de très nombreux officiers de la IXe légion, dans laquelle Dionis était chasseur à la 1re compagnie du 4e bataillon, et par le colonel de cette même légion, qui précisait : « […] Ce garde national a toujours montré beaucoup de zèle et de dévouement dans son service et ce serait avec une bien vive satisfaction que je verrais accorder la demande […]. » Mais la loi s’opposant à ce que la pension fût reversée aux veuves, seul un secours de cinquante francs fut attribué à la veuve, à titre de veuve d’un décoré de la Croix de Juillet. Elle reçut deux secours de quarante francs en 1851, un secours de quarante francs en 1852, à titre de veuve d’un décoré de la Croix de Juillet. Dionis demeurait 8, rue Beautreillis, chez ses parents, en 1830-1831 ; 8, rue Saint-Louis au Marais en 1831 ; sa veuve, 83, rue Saint-Louis en 1834 ; son père, 100, rue Saint-Antoine en 1834 ; sa veuve, rue Saintonge, chez Mme Péjeol en 1849-1850 ; 84, rue Saint-Maur dans le faubourg du Temple et 71, rue Saint-Louis, au mois chez Mme Filiol, en 1851 ; 3, rue Rochechouart chez M. Vimès en 1852. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales et Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 47 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIIe classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 107 (sous le nom de Dionis, Jean-Louis, Emmanuel) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, idem blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IXe arrondissement (bien sous le nom de Dionnis, Emmanuel, Jean, Lucien) et liste supplémentaire des décorés de Juillet (là sous le nom de Dionis, Emmanuel, Jean, Lucien) et enfin lettres de Gibert-Arnaud ; Archives nationales F/1dIII/53 ; Archives nationales F/1dIII/66 in dossier Massé, Michel ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, blessés de la 3e classe (sous le nom de Dionis, Jean-Louis, Emmanuel) et aussi Etat des secours provisoires alloués, en attendant la liquidation des pensions qui devront être accordées après la révision par les Chambres de l’article 137 de la loi du 22 mars 1831 aux gardes nationaux blessés en service commandé et aux veuves, orphelins et ascendants de ceux qui ont succombé ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/15/3649-3650 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 80, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99, idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163, idem, Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à quarante-quatre décorés et veuves de blessés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 2.375 francs, minutes 254-256, en date du 11 décembre 1852 (sous le nom de veuve Dionis).