Divel, Amand, Adolphe
Biographie
Né le 11 mars 1807 à Mezières (Ille-et-Vilaine). Etudiant en médecine. Avant la révolution de Juillet, il fit partie de l’Association de janvier 1830, société républicaine créée au début de l’année 1830, par Fabre, Auguste (voir ce nom), Danton, Jean-François (voir ce nom), Morhéry (voir Morhery, Adolphe, Robin), Sempoil (voir ce nom) ; le commandement en avait été confié à Lafayette (voir ce nom), le commandement en second, à Fabre, Auguste (voir ce nom). Cette société fut créée pour répondre à un coup d’Etat dont on prévoyait que les libertés étaient menacées et pour préparer les mesures de défense qu’on déploierait contre ce même coup d’Etat quand il éclaterait. Morrhéry devait écrire au sujet de l’Association de janvier 1830 dans Réponse aux outrages et aux calomnies dirigées contre moi : « Au commencement de janvier 1830, prévoyant le coup d’Etat dont la liberté était menacée, et voulant organiser des moyens de défense contre les mesures sanglantes que préparait le pouvoir, quelques patriotes, parmi lesquels je citerai MM. Danton) (voir Danton, Jean-François), Sempoil (voir ce nom), Divel, Guérin (nom à retrouver), tous combattants de juillet, arrêtèrent en commun avec moi le projet de former une association ayant pour but de faire tourner au profit du peuple les tentatives qu’on pourrait oser contre lui. Nous fîmes à ce sujet des ouvertures à plusieurs généraux qui nous donnèrent de belles promesses, mais ne voulurent jamais rien entreprendre. Enfin M. Danton (voir Danton, Jean-François) nous proposa d’en parler à l’auteur de la Guerre nationale, qu’il connaissait particulièrement, M. Auguste Fabre, et il avait un titre bien glorieux encore, celui de frère du grand écrivain, de l’illustre patriote dont la France déplorera longtemps la perte, de Victorin Fabre. Nous acceptâmes. M. Danton lui fit part de nos desseins. On convint qu’il commanderait en second l’association, et qu’il nous mettrait en rapport avec le général Lafayette que nous choisîmes pour commandant en chef. MM. Danton, Sempoil et moi, promoteurs de cette société patriotique, en formions le comité supérieur. Seuls nous avions des rapports directs avec les deux commandants. En très peu de temps nos ventes se répandirent parmi les citoyens de toutes les classes, députés, militaires, ouvriers et étudiants. Je pourrais donner les noms d’un grand nombre de pompiers qui livrèrent leurs armes à leurs coassociés au moment du combat de juillet ; mais je crains d’être taxé d’indiscrétion ; et pour le même motif je passe sous silence le nom de plusieurs députés et d’un grand nombre de militaires. Qu’il me suffise pour le moment d’appeler en témoignage quelques-uns de mes compatriotes qui tous, moins les absents, ont pris une part active à notre révolution. Tels sont MM. Emile Lebreton (voir ce nom), Guilhem (voir ce nom), fils du député, et le brave Kersausie (voir Kersausie, Guillard de, Joachim, René, Théophile) qui, à la première nouvelle des ordonnances, insurgea le 4e régiment de hussards dans lequel il était capitaine. Faut-il ajouter à ces patriotes MM. Le Calvé (voir ce nom), de Saint-Brieuc, qui s’est si bien montré en juillet ; Martin (voir ce nom), Genest (voir ce nom), Boullé (voir Boulay, Séverin, Constant) de Saint-Malo ; Richard (voir ce nom), Bertrand (voir Bertrand, François), décoré de juillet ; Jules Bernard (voir ce nom), fils du député ; son père (voir Bernard de Rennes, Louis, Désiré), maintenant conseiller en Cassation ; son oncle (voir ce nom), ex-préfet des Hautes-Alpes, et le malheureux Papu (voir Papu, Nicolas, François), de Rennes qui remplaça dans ma vente mon compatriote Sébilot (voir Sébillot, Pierre), maintenant médecin à Matignon ; enfin Mestivier (voir ce nom), Chauveau (voir ce nom), Henri, de Lavalle (voir ce nom) ; Potier (voir ce nom), de la Mayenne ; Barnio (voir ce nom, fiche à faire), de Pongibaud (voir Barnicaud, Jourdain, Antoine) ; Vimal (voir ce nom), de Clermont, tous les deux décorés de juillet ; Roger (voir ce nom), de la Vendée ; Bouvier (voir ce nom), du Jura et tant d’autres enfin qu’il serait trop long de nommer et qui se sont consacrés au triomphe de notre révolution. » Il sollicita, à titre de récompense nationale, la dispense de ses frais d’études. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Il fut décoré de la croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement (sous le nom de Divel, Armand, Adolphe sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il fut exempté, sur proposition de la Commission des récompenses nationales du paiement des frais universitaires pour parvenir au grade de docteur en médecine. Il fit sa thèse de doctorat de médecine sur Les dangers du baptême administré immédiatement après la naissance. Il reçut, comme décoré de la croix de Juillet, non blessé, la somme de vingt-cinq francs auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution. Il est l’auteur d’une brochure Aux républicains d’Ille-et-Vilaine, parue aux imprimeries de Marteville et Lefas.
Il demeurait 5, rue des Francs-Bourgeois en 1830 ; 104, rue de la Harpe en 1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, état nominatif des citoyens décorés de la croix de Juillet non blessés, auxquels il a été payé une gratification de vingt-cinq francs ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, Etat des citoyens décorés de la croix de Juillet, dont la décoration n’a pas encore été retirée, idem liste des décorés qui n’ont pas retiré leurs croix ; Archives de Paris VK3 19, Mairie du (ancien) XIe arrondissement de Paris, état des citoyens décorés de la croix de Juillet non blessés auxquels il a été payé une gratification de vingt-cinq francs ; Archives de Paris VK3 43 ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, ministère de l’Instruction publique, état de demandes de dispenses de droits universitaires aussi état des dispenses de frais d’études et de réception accordées à des étudiants en droit et en médecine sur les propositions de la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement (sous le nom de Dhivel, Amand, Adolphe) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIe arrondissement ; La Révolution de 1830, et le véritable parti républicain, Volumes 1 et 2 de Auguste Fabre chez Thoisnier-Desplaces 1833 ; Histoire politique des écoles et des étudiants depuis le Moyen Age jusqu’à 1850, Watripon, Paris, chez Michel et Joubert, 1850, tome I, p. 128-129, 135 ; Table des thèses soutenues à la faculté de médecine de Paris dans le cours de 1831, Paris, imprimerie Didot, 1832, p. 12 et 55 ; Catalogue de l’histoire de France, tome septième, Paris, chez Firmin-Didot, 1861, p. 17.