Dobignie, Alphonse, Florice

Biographie


Né le 25 avril 1796 à Fontaine (Aisne). Avoué à la cour de Paris. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIe arrondissement et par celle du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement, et aussi la même médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il appuya, comme chef de bataillon de la XIe légion de la garde nationale, la demande de secours présentée par la veuve de Marchand, Jean, Charles, quand celui-ci mourut le 5 avril 1835 : « Le soussigné, chef de bataillon de la XIe légion, prend la liberté de recommander la présente pétition à l’attention et à la bienveillance de M. le ministre de l’Intérieur ; le sieur Marchand, décédé le 5 de ce mois et blessé de Juillet, laisse un frère, grenadier dans le 3e bataillon de la XIe légion, qui par sa conduite, son zèle et son dévouement dans les circonstances où le 3e bataillon a eu occasion de donner et notamment au 6 juin 1832, a bien mérité du gouvernement du roi. Mais M. Marchand, chargé lui-même de famille, ne peut pas faire pour sa malheureuse belle-sœur tout ce qu’il désirerait. » Nous empruntons au Discours prononcé à laudience solennelle de rentrée de la Cour impériale de Paris, en 1867, les éléments biographiques qui y figurent : « M. Dobignie, avait dépassé 67 ans lorsqu’en 1861 il arriva parmi vous. Le temps avait mûri son expérience ; mais, à son activité et à sa vigueur, nul n’aurait soupçonné qu’il eût déjà fourni une double carrière. Secrétaire de M. Bellart en l8l9, il avait exercé pendant treize ans les fonctions d’avoué à la cour de la manière la plus honorable. Il était docteur en droit, rompu à la pratique des affaires, ferme, conciliant et d’un commerce facile. Tour à tour juge à Auxerre, président du tribunal de Corbeil, juge d’instruction au tribunal de la Seine, vice-président, il a laissé partout les meilleurs souvenirs. Patriote ardent, il ne reculait jamais devant l’accomplissement d’un devoir ; sûr dans le conseil, il était intrépide en face du danger. Laissez-moi vous dire un trait de sa vie : c’est le 6 juin l832 ; Paris est en armes. Pour étouffer l’insurrection, la garde nationale et la ligne unissent leurs efforts. Un officier veut épargner aux gardes nationaux l’horreur du combat : “Monsieur, réplique le commandant Dobignie, quand il s’agit de se battre pour le Roi et la loi, nous réclamons la droite au feu comme à la parade.” Et s’élançant à la tête des colonnes d’attaque, il emporte les barricades à la baïonnette, marche à la maison où se concentre la résistance la plus vive, en fait enfoncer la porte, y entre l’épée à la main, et conservant tout son sang-froid au milieu de cette lutte terrible, il cherche pour la préserver la famille dont le domicile a été envahi et lui fait un rempart de son corps. » Le même ouvrage donne la biographie suivante de Dobignie : « Alphonse, Fleurice Dobignie, né à Fontaine, arrondissement de Vervins (Aisne), le 6 floréal an IV (28 avril 1796), docteur en droit. 3 mai 1815, lieutenant des gardes nationaux mobilisés du département de l’Aisne ; médaillé de Sainte-Hélène. 1819, secrétaire particulier de M. Bellart, procureur général. Septembre 1824 avoué à la cour royale de Paris pendant treize ans. De 1832 à 1836, membre de la chambre des avoués, rapporteur, syndic. 30 mai 1831, chef du 3e bataillon de la XIe légion de la garde nationale. 24 juin 1831, décoré de Juillet. 9 novembre 1831, chevalier de la légion d’honneur. Juin 1832, le 3e bataillon de la XIe légion lui décerne une épée d’honneur. 23 février 1837, juge à Auxerre. 23 avril 1841, président du tribunal de Corbeil. 19 mars 1853, juge au tribunal de la Seine. 26 janvier 1856, juge d’instruction. 9 avril 1863, vice-président au tribunal de la Seine. 20 août 1864, conseiller à la cour impériale de Paris. 2 mai 1866, conseiller honoraire. Décédé à Paris le 12 février 1867. » L’ouvrage reprend enfin le rapport présenté par le commandant en chef de la garde nationale, après l’émeute des 5 et 6 juin 1832, et cite le passage où il est fait mention de Dobignie : « XIe légion. Le 3e bataillon, sous les ordres de son commandant, M. Dobignie, fit, dans la journée du 6, une de ces actions dont s’honoreraient de vieilles troupes. Ce bataillon fut chargé, avec un bataillon du 42e et sous les ordres du lieutenant-colonel de ce régiment, d’attaquer la rue Saint-Martin par la rue Aubry-le-Boucher ; une bouche à feu marchait avec la colonne. La ligne et la garde nationale mêlèrent leurs pelotons, la tête de la colonne commandée par M. Dobignie, et le centre où était l’artillerie, marchant sous les ordres du lieutenant-colonel. A peine les premiers pelotons avaient-ils été dirigés sur la place des Innocents par les rues Lenoir et de la Poterie, que les insurgés placés dans les rues engagèrent une fusillade. Les troupes répondirent vivement ; la pièce d’artillerie prit position, trois coups de canon furent tirés, et le feu des croisées cessa. La colonne marcha sur la rue Aubry-le-Boucher ; la pièce de canon vint se placer vis-à-vis cette rue, et dirigea son feu sur la maison de la rue Saint-Martin n° 30, qui fait exactement face à la rue Aubry-le-Boucher. Cette rue était coupée par trois barricades, et des fenêtres de la maison partaient incessamment des décharges de mousqueterie. Le lieutenant-colonel de la ligne se décida à la faire emporter de force. Il demanda des volontaires de la ligne et de la garde nationale ; le commandant Dobignie se mit à leur tête ; tous entrèrent en courant dans cette rue, franchirent la première barricade, et arrivèrent à la porte même de la maison. M. Caignon, grenadier, et deux soldats de la ligne essayaient d’enfoncer la porte à coups de crosse ; deux sapeurs du 1er de ligne, qui arrivaient en même temps, brisèrent la porte à coups de hache. Soldats et gardes nationaux se précipitèrent dans l’escalier ; cinq ou six des insurgés furent tués les armes à la main : six hommes blessés qu’on trouva au deuxième étage furent épargnés. M. Dobignie préserva la famille qui habitait la maison. “C’est à la justice, dit-il, à prononcer sur son sort.” (Extrait du rapport adressé au ministre de l’intérieur sur les opérations et les faits militaires auxquels la garde nationale a pris part dans les journées des 5 et 6 juin, par le maréchal Lobau, commandant en chef. In le Moniteur du 19 juin 1832). Il demeurait 13, quai Malaquais en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le seul nom de Dobignie) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le nom de Dobigny, Alphonse, Frédéric ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 (sous le seul nom de Dobignie) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 (sous le nom de Dobigny, Alphonse, Frédéric ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement (sous le nom de Dobigny, Alphonse, Frédéric ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIe arrondissement (sous le seul nom de Dobignie) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement (sous le nom de Dobigny, Alphonse, Frédéric) ; Archives nationales F/1dIII/65 in dossier Marchand, Jean, Charles ; Cour impériale de Paris, présidence de M. Devienne, Discours prononcé à laudience solennelle de rentrée le 4 septembre 1867 par M. Brière-Valigny, avocat général, Paris, chez Donnaud, 1867, p. 70 et suivantes.

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