Donat, Anatole, Gabriel

Biographie


Né le 11 juillet 1812 à ... Criel ? (Seine-et-Oise). Employé au mont-de-piété de 1829 à 1836. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. En effet, le 28 mars 1848, alors qu’il était élève architecte-vérificateur, il adressa la lettre suivante à la Commission : « Combattant en 1830 et en 1848, pour le triomphe du principe démocratique, je viens non pas solliciter votre attention sur les services que j’ai été heureux de rendre à mon pays mais je viens invoquer votre juste impartialité. Il y a onze ans que, par suite de mes opinions politiques trop bien connues, j’ai été saturé de dégoûts puis enfin privé d’un emploi que j’avais occupé avec honneur, pendant huit ans, à l’administration du grand mont-de-piété de Paris. Depuis ce moment, ma carrière a été brisée, mon avenir perdu... Les privations et les misères qui en étaient les conséquences n’ont jamais vu faiblir mon courage. Le temps de la réparation étant enfin arrivé, je m’adresse à vous avec confiance parce que vous avez la double mission d’honorer le courage et de réparer l’injustice. Qu’à l’aide de votre recommandation, j’obtienne un emploi qui répare cette injustice, et il en est peu que je ne me sente capable de remplir, et je me trouverai heureux. » Il adressait aussi la lettre suivante à Arago, directeur général des Postes, pour obtenir un emploi : « […] Ses seuls titres à cette faveur sont sa conduite en 1830 (il était alors âgé de dix-huit ans) et les persécutions auxquelles l’ont exposé ses opinions hautement manifestées en faveur de la république, le 8 juin 1832. En effet, depuis cette époque, il s’est vu en butte, de la part de l’administration, à toutes les vexations imaginables puis, enfin, saturé de dégoût, il était obligé de donner sa démission au mois d’octobre 1836, après sept années de services honorables. Dix-neuf années perdues ! […]. » Sa lettre était apostillée des recommandations de : Cogniard, Hippolyte (voir Cogniard, Hippolyte, Jean), président de la Commission des délégués des décorés de Juillet ; Guinard, A. (voir Guinard, Joseph, Auguste), chef d’état-major de la garde nationale ; illisible, secrétaire général de la mairie de Paris. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Les soussignés, combattants et décorés de Juillet, attestent sous leur responsabilité individuelle que le citoyen Anatole Donat, employé au mont-de-piété dès le 1er février 1829, a combattu vaillamment dans les journées de juillet 1830 et notamment sur la place de la Bastille. Qu’en 1831, il faisait partie de la Société des droits de l’homme et du citoyen (section de la rue de Lancry). Qu’en 1832, il offrit, à ses risques et périls, un asile au citoyen Geibel aîné, poursuivi par la police de Gisquet comme combattant des 5 et 6 juin. Que ses opinions républicaines, manifestées hautement dans l’administration dont il faisait partie, non seulement le privèrent de tout avancement mais qu’elles le forcèrent à donner sa démission tant il eut alors à supporter de malveillances et de persécutions. Que dans les glorieuses journées de Février, il fut un des premiers combattants : le 22 à midi trois quarts environ il désarma, en les désarçonnant, un garde municipal à cheval, qui, après avoir déjà sabré un patriote, en tuait un autre sous les pieds de son cheval, boulevard des capucines. L’acte de courage du citoyen Anatole Donat sauva la vie à ce patriote. Qu’enfin le citoyen Anatole Donat a supporté jusqu’à ce jour toutes sortes de privations, sans jamais rien recevoir du gouvernement déchu. Les citoyens soussignés estiment que la république n’a pas de partisan plus dévoué que le citoyen Anatole Donat et que ce dernier a des droits imprescriptibles à une fonction honorable. » Signé, le 17 mai 1848 : Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), décoré de Juillet, combattant de Février, employé des postes ; Mendez, vice-président (voir Mendez, Théodore, Auguste) ; Chareau, P. (voir Chareau, Paul, Benjamin), décoré de Juillet, ... principal de la république ; Valois, adjudant de la vieille garde impériale (voir plus bas cest quel décoré ? demeurant donc 10 bis, rue Coquenard...) Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, combattants de Février, certifions avoir vu, le 22 février à midi et demi environ, le citoyen Donat, Anatole, après avoir reçu la charge des gardes municipaux à cheval, sauver un patriote qui était foulé aux pieds en renversant de cheval le garde municipal qui le tuait. » Signé, le 23 mars 1848 : Geibel, Antoine (voir Geibel, Antoine, Benoit), décoré de Juillet, demeurant 43, rue Godot-de-Mauroy ; Geibel, demeurant impasse Ron... à Charonne ; Valois, ancien adjudant de la vieille garde impériale, demeurant 10 bis, rue Coquenard. Suivait l’apostille suivante : « Je, soussigné, Michau, vérificateur en bâtiment, 4, rue Nouvelle-des-Martyrs, certifie que le citoyen Donat, mon employé, m’a annoncé, le 22 février 1848, l’intention de prendre part à la lutte contre le gouvernement déchu. En effet, depuis ce jour jusqu’à la fin de l’action il n’a pas reparu chez moi bien que je n’ai pas été témoin oculaire du fait cité plus haut, je le crois exact, connaissant le caractère énergique […] du citoyen Donat. » Signé, le 27 mars 1848 : Michau, L. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, directeur de l’école Chaptal, certifie que M. Anatole Donat a été employé pendant environ un an dans l’établissement privé d’instruction publique que je dirigeais sous le nom de pension Saint-Victor. J’atteste en outre que M. Anatole Donat, employé en qualité d’inspecteur a toujours fait preuve de zèle et d’activité, qu’il a joint à ses fonctions l’enseignement de la tenue des livres et que là comme dans ses autres attributions je n’ai eu qu’à me louer de lui. Il est juste d’ajouter que M. Donat s’est volontairement retiré de la pension Saint-Victor. » Signé, le 26 mai 1848 : ...aux, directeur de l’école municipale Chaptal, 21, rue Blanchet et 34, rue de Clichy. Le comité d’enquête de la Commission des récompenses nationales fit le rapport suivant sur son compte, en date du 8 juillet 1848 : « Est d’avis, à l’unanimité que la république doit employer utilement ce brave et courageux patriote, qui, sous tous les rapports, a bien mérité de la patrie. Le comité le recommande d’une manière tout particulière et toute spéciale à la Commission des récompenses pour une nomination d’employé à l’administration des Postes de Paris. » Il fut recommandé par la Commission à la direction générale des Postes. Il était célibataire en 1848. Il demeurait 4, rue Neuve-des-Martyrs en 1848. Archives de la préfecture de police AA 385.

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